Bref historique

« L’Institut Vanier de la famille peut se comparer à une Commission royale mise sur pied pour enquêter sur les familles du Canada et apprendre tout ce qu’il faut savoir sur elles dans un monde en mutation. Mais, étant donné que le besoin de connaissances et d’enquêtes continuera aussi longtemps que nous existerons, cette Commission royale poursuivra indéfiniment ses travaux. »

Gouverneur général Georges Vanier, 1964

 

Avec l'aimable autorisation du Hamilton SpectatorL’Institut Vanier de la famille a débuté ses activités en 1965 immédiatement après la tenue du Congrès canadien de la famille à Rideau Hall, convoqué par Leurs Excellences, le Gouverneur général Georges P. Vanier et Mme Pauline Vanier. Ce congrès fondateur réunissait des hommes et des femmes éminents de tous les horizons qui savaient, tous et chacun, que la contribution des familles est absolument essentielle et, qu’en bout de ligne, celle-ci façonne le monde dans lequel nous vivons.

La vision du Gouverneur général Vanier de créer un organisme durable dédié au bien-être de notre société par la famille a été portée par le président de l’Institut, le docteur Wilder Penfield, neuroscientifique canadien de renommée. Le fondement même de son engagement au rôle de l’Institut Vanier de la famille fut sa conviction que c’est la famille qui nous façonne en tant qu’individus et qui, en bout de ligne, sert de pierre angulaire de notre société.

C’était la vision de Vanier, ainsi que la détermination de Penfield et l’appui de Lester B. Pearson qui ont mené à la création d’un legs qu’ils ont laissé au peuple canadien. L’expression tangible de ce legs a pris la forme d’un fonds de dotation de six millions de dollars, provenant de la générosité de gouvernements, de fondations, d’entreprises, de groupes confessionnels et d’individus. Ce sont ces mêmes sommes, grâce à de bons investissements, qui ont augmenté au cours des années et qui continuent à financer les activités de base de l’Institut.

Complémentaire à la vision et à la détermination de ses principaux fondateurs fut l’érudition du docteur Frederick Elkin. En 1964, afin de bien renseigner ceux et celles qui participaient au Congrès canadien de la famille, Elkin a entrepris de mener une enquête sur l’état des connaissances sur les familles canadiennes. Sa recherche a résulté dans la publication d’un texte, devenu maintenant classique, intitulé La famille au Canada : Données, recherches et lacunes du savoir sur les familles au Canada.

Lors de ses premières années d’opération, l’Institut a tenté de combler certaines lacunes du savoir identifiées par Elkin et, en ce faisant, a ouvert de nouvelles voies de recherches dont les premières études canadiennes sur la violence familiale, les familles monoparentales, la diversité des formes familiales, le divorce et ses conséquences. Les leçons tirées de ces études ont permis à l’Institut d’aller au-delà de la simple érudition et à contribuer dès ses débuts aux discussions sur les politiques gouvernementales et à l’élaboration de cadres juridiques concernant des questions telles la réforme du droit de la famille, les lois sur le divorce et la politique en matière d’immigration.

L’Institut Vanier de la famille atteint la maturité

Le travail exploratoire et les premières études réalisées lors des premières années de son existence ont mené à l’élaboration de deux affirmations fondamentales telles qu’exprimées en 1972 par le président à l’époque, Beryl Plumptre, à savoir :

  • L’Institut Vanier doit connaître à fond la vie familiale dans toutes ses formes, c’est-à-dire, non l’idéal de la famille, mais la réalité de la famille telle qu'elle est vécue.
  • L’Institut Vanier doit se préoccuper des conséquences de l’interaction entre la famille et les structures sociales environnantes.

Depuis, à partir de ces principes, l’Institut est reconnu comme étant une voix indépendante et équilibrée pour les familles du Canada. Sous la direction de son Conseil d’administration, constitué de Canadiens et de Canadiennes engagés et talentueux de tous les horizons et de toutes les régions du pays, l’Institut a œuvré dans les deux langues officielles en collaboration avec et au nom de chercheurs, de représentants élus, de décideurs et d’analystes, d’enseignants et d’étudiants, d’agences de service à la famille et de professionnels de la famille, d’entreprises, d’organisations non gouvernementales et de membres de familles canadiennes eux-mêmes.

Dans ses efforts de centrer l’attention sur l’importance et la signification de la vie familiale, l’Institut a, au fil du temps, surveillé les tendances émergentes concernant la formation et le fonctionnement de la famille. Comme résultat, l’Institut a adopté la définition suivante de la famille pour guider ses recherches ainsi que son analyse des politiques. Selon cette définition, désormais souvent citée et généralement reconnue, une famille est :

...toute association de deux personnes ou plus liées entre elles par des liens de consentement mutuel, la naissance, l'adoption ou le placement et qui, ensemble, assument la responsabilité de diverses combinaisons de certains des éléments suivants :

  • entretien matériel et soins des membres du groupe
  • ajout de nouveaux membres par le biais de la procréation ou de l’adoption
  • socialisation des enfants
  • contrôle social des membres
  • production, consommation et distribution de biens et de services, et satisfaction des besoins affectifs – amour.

Cette définition de la famille souligne ce que les familles font pour combler les besoins des individus qui en font partie et de la société dans son ensemble. Cette définition met l’accent sur les efforts et les réalisations d’individus qui s’engagent dans une relation réciproque et durable – sur les gestes posés par les individus, par opposition à l’endroit où ils vivent ou aux liens qui les unissent. C’est une définition‘inclusive’ qui reconnaît et qui respecte les couples de sexe opposé et de même sexe, les familles monoparentales, les schémas plus larges de liens de parenté, les familles recomposées ou reconstituées, les couples avec ou sans enfants, l’engagement réciproque entre frères et sœurs, ainsi que les obligations et les liens affectifs qui unissent les jeunes et les aînés dans une vie étroitement partagée. Les membres d’une famille s’entraident et veillent à leur bien-être mutuel, ils enseignent des valeurs et forment le caractère les uns des autres, ils sont interdépendants sur les plans financier, économique et psychologique et ils s’aiment les uns les autres. Au sein d’une famille, nous avons, tous et chacun, l’opportunité et la responsabilité d’agir non en tant qu’individus isolés, mais en tant que conjoint ou amoureux, mère ou père, frère ou sœur, fils ou fille.

Conforme à la deuxième affirmation de principe énoncée par Plumptre en 1972, l’Institut Vanier de la famille a également tenté de comprendre et de centrer l’attention sur l’interdépendance des institutions et des pratiques économiques, politiques, sociales, technologiques et culturelles qui constituent le contexte dans lequel les membres de familles cherchent à remplir leurs obligations les uns envers les autres et envers la communauté plus large. L’Institut évalue comment ces pratiques institutionnelles contribuent ou nuisent au bien-être des individus, des familles, des communautés et, en bout de ligne, de la nation.

Tout compte fait, cela apparaît comme une vérité d’évidence de reconnaître que la seule constante dans la vie est le changement. Et, sans aucun doute, les thématiques stratégiques et programmatiques sur lesquelles l’Institut s’est penché reflètent à quel point les familles se sont adaptées – parfois avec succès, parfois à un prix humain élevé – à l’environnement en mutation dans lequel elles évoluent. Parmi les préoccupations principales de l’Institut depuis sa création, nous retrouvons :

  • la diversité des formes familiales (dont des tendances en matière de : mariage, divorce, unions libres, remariage, adoption, fertilité et taille de la famille, grossesse chez les adolescentes, diversité ethnique et tendances concernant la formation et le fonctionnement de la famille, mobilité géographique, appartenance religieuse, familles monoparentales et familles recomposées);
  • le changement démographique, le vieillissement de la société, les relations intergénérationnelles et les politiques stratégiques prenant en compte la question intergénérationnelle;
  • l’évolution historique de la formation et du fonctionnement de la famille;
  • la famille comme agent d’éducation, initiation à la vie familiale;
  • l’évolution du droit de la famille;
  • le fonctionnement et les ressources financières de la famille (y compris les tendances concernant : les revenus de la famille, les dépenses, l’épargne et la dette; la participation des hommes et des femmes au marché du travail; l’importance de la production informelle au domicile et au sein de la communauté; le chômage, la pauvreté infantile et familiale; l’emploi atypique);
  • l’emploi du temps chez les membres des familles canadiennes et le stress lié au manque de temps;
  • la conciliation travail-famille et les réponses des employeurs face au conflit travail/famille;
  • les effets de la télévision sur les modèles d’interaction familiale;
  • les effets des ordinateurs, de l’Internet et des technologies des communications sur les modèles d’interaction familiale;
  • les nouvelles techniques de reproduction;
  • les valeurs familiales contemporaines;
  • les indicateurs de résultats en matière de développement de l’enfant.

Ayant abordé ces thèmes programmatiques et autres, (voir aussi Cadre de la recherche) l’Institut Vanier de la famille sert aux Canadiens et aux Canadiennes comme principale source d’informations précises sur les tendances familiales et de commentaires et d’interprétations équilibrés concernant les tendances familiales et les défis auxquels font face les familles ainsi que ceux et celles œuvrant pour renforcer et appuyer les familles.

Chaque année, l’Institut répond à des centaines de demandes d’entrevues et d’informations de la part de journalistes, d’enseignants, d’étudiants, de chercheurs, d’analystes de politiques et de membres du public.

En réalisant son programme de travail, l’Institut a joui du soutien et de la collaboration de plusieurs individus, groupes communautaires, sociétés commanditaires, fondations, ministères gouvernementaux, tant fédéraux que provinciaux. Nous nous comptons chanceux d’avoir pu bénéficier de contributions financières et de conseils stratégiques de la part de ceux et de celles avec qui nous avons travaillé au cours des années, tel que :

  • The Laidlaw Foundation
  • The Birks Family Foundation
  • The Edper Group Foundation
  • The Henry White Kinnear Foundation
  • The Marjorie and Gerald Bronfman Foundation.
  • The Donner Canadian Foundation
  • The Lawson Foundation
  • La Banque royale du Canada
  • La Banque de Montréal
  • La Banque nationale du Canada
  • Santé Canada
  • Développement des ressources humaines Canada
  • Alberta Family and Social Services
  • Manitoba Family Services
  • Ministère de la santé du Nouveau-Brunswick
  • Nova Scotia Ministry of Social Services
  • Conseil de la famille et de l’enfance du Québec

L’Institut a également joui de la collaboration de nombreux groupes communautaires, d’organisations nationales non gouvernementales et d’associations professionnelles, tel que :

  • British Columbia Council for Families
  • Conseil canadien de développement social
  • La fondation canadienne pour l’économie familiale
  • Statistique Canada
  • Réseau education médias
  • Nova Scotia Council for the Family
  • TV Ontario
  • Women’s Television Network
  • CBC
  • Alliance nationale pour les enfants
  • Conseil de recherché en sciences humaines du Canada
  • Fonds Québecois de la recherche sur la nature et les technologies
  • Gouvernement du Québec (préparation de la politique familiale du Québec)