Mot du président

Ottawa, le 14 mai 2010Bonjour et bienvenue. C’est avec grand plaisir que je me retrouve ici avec vous ce matin, en tant que présidente de l’Institut Vanier de la famille.
Je m'appelle Verna Bruce et j’ai l’insigne honneur d’occuper actuellement le poste de présidente de l’Institut. Celui ou celle qui a déjà dit que la vie de famille n’était jamais monotone ne croyait pas si bien dire. En effet, depuis notre dernière rencontre dans le cadre de l’assemblée générale annuelle, une année exceptionnelle s’est écoulée, et ce, du point de vue des familles, de l’Institut et du pays en entier.De fait, la campagne électorale s’achève à peine et celle-ci aura été l’occasion de mettre de l’avant des promesses et des plateformes directement axées sur la famille. Il est d’ailleurs rassurant de constater que les enjeux associés à la famille ont été soulevés au cours de cette campagne. Il ne reste plus qu’à espérer que lorsque les membres de ces familles politiques se réuniront eux aussi chez eux, c’est-à-dire sur la Colline du Parlement, ils se pencheront sérieusement sur certains des défis importants auxquels font face les quelque 9 millions de familles canadiennes, ces enjeux étant largement documentés sur le site Web de l’IVF.En ce qui concerne l’Institut Vanier de la famille, ce fut une année des plus créatives. On pourrait dire que l’Institut est entré en mode « Commission royale ». De fait, lorsque le gouverneur général Georges Vanier a procédé à la création de l’Intitut, il l’a alors décrite comme une « Commission royale permanente mise sur pied pour enquêter sur les familles du Canada et apprendre tout ce qu’il faut savoir sur elles dans un monde en mutation ».L’Institut s’est acquitté de ce mandat de diverses manières, la principale étant sans doute la publication d’une étude quinquennale, soit notre rapport sur l’état de la vie de famille au Canada. L’édition de cette année, intitulée La famille compte – Profil des familles canadiennes IV, a été publiée en octobre. À notre avis, il s’agit de la meilleure à ce jour, et ce, parce nous avons fait appel à l’ensemble des membres du personnel de l’Institut pour la mener à terme, ceux-ci n’ayant pas hésité à y consacrer de longues heures et des efforts soutenus afin de produire une publication de premier ordre. Cette parution a suscité un important trafic sur notre site Web et représente encore et toujours l’une des publications papier de l’Institut parmi les mieux vendues. Je tiens à remercier particulièrement Mme Katherine Scott qui, à titre de directrice des programmes de l’Institut, a supervisé ce projet avec brio.Outre la parution du document La famille compte, l’Institut a également fait paraître son magazine trimestriel Transition, par le biais duquel l’IVF s’est notamment intéressé à l’incidence de la récession sur les ménages, à la diversité de la famille, et aux nombreux moyens grâce auxquels les Canadiens et les Canadiens parviennent à créer et à recréer ce qu’on appelle « la famille ». D’autre part, notre rapport annuel sur l’état des finances de la famille a fait l’objet, une fois de plus, d’une importante couverture médiatique. Enfin, dans le cadre de notre mensuel Web Traits de famille, nous nous sommes penchés sur divers enjeux tels que la retraite, l’endettement, la nécessité de compter sur deux revenus, les aînés ainsi que les familles reconstituées. Et tout cela est venu s’ajouter à l’imposant recueil de données figurant déjà sur notre site Web, ces renseignements étant par ailleurs beaucoup plus faciles à repérer et à utiliser grâce à l’achèvement d’un autre grand projet.En effet, alors que plusieurs autres s’activaient à la réfection des ponts et des routes grâce à des fonds de stimulation, le personnel de l’Institut Vanier s’affairait quant à lui à remanier le point de raccordement de l’IVF à l’autoroute de l’information. Malheureusement, aucun fonds de relance n’avait été consenti pour une telle reconstruction. Or, notre site Web incarnant le principal visage de l’Institut pour la plupart de nos intervenants et aux yeux d’un large auditoire, il avait certainement besoin d’être rafraîchi. En cela, une petite refonte esthétique n’aurait pas suffi : il nous fallait nécessairement en revoir la structure même. Ce processus s’est peut-être avéré un peu plus long que prévu, mais il faut admettre que le résultat final en valait la peine. Axé autour d’un nouveau système de gestion du contenu et d’un moteur de recherche amélioré, notre site permet désormais une navigation plus aisée parmi notre imposante collection de documents. Résultat : de plus en plus d’internautes consultent nos pages et y passent davantage de temps. Il reste encore à mettre en œuvre certaines fonctionnalités de prochaine génération visant à favoriser l’interactivité du Web, ainsi qu’à mettre en application certains outils qui permettront à l’IVF de consolider son rôle de facilitateur des échanges sur l’avenir de la famille au Canada.Il s’agit là d’un rôle primordial pour l’Institut, et qui a pris de plus en plus d’importance alors que d’autres voix associées en enjeux sociétaux ont perdu du souffle, voire se sont éteintes, en raison de ressources insuffisantes. L’Institut Vanier constitue l’une des rares voix nationales inclusives et non partisanes qui contribuent encore et toujours au dialogue à propos des familles, qui alimentent la base de connaissances dans ce domaine, et qui permettent un regard contextuel fondé sur des faits relativement aux nombreux enjeux ayant une incidence sur la vie de famille.Ce rôle que nous assumons est rendu possible grâce à notre fond de dotation, lequel a été quelque peu touché par la récession, mais s’en remet de belle façon au même rythme que la consolidation de l’économie. Voilà une situation très favorable qui fait l’envie d’autres organismes à but non lucratif. L’Institut tel qu’il est aujourd’hui est redevable aux anciens conseils d’administration et aux équipes de direction précédentes qui ont assuré une gestion prudente du fonds, assurant ainsi à l’Institut une situation prospère.Toutefois, même si ce fonds assure à l’IVF de solides assises financières en ce qui concerne son revenu d’exploitation, il représente aussi un plafond en quelque sorte, en ceci qu’il restreint l’envergure de nos actions et qu’il limite la croissance sans l’intervention d’autres sources de financement. Dès lors, le conseil d’administration continuera au fil des prochaines années à mettre l’accent sur les activités de marketing et de financement. Nous étudierons également avec intérêt les conclusions et les recommandations du groupe de marketing Telfer afin de cibler de nouvelles initiatives et d’examiner les perspectives qui s’offrent à l’Institut.Ce genre d’assemblée générale annuelle représente, pour paraphraser Charles Dickens, le meilleur et le pire de tous les temps. Le meilleur, parce que nous avons l’occasion d’y célébrer les réalisations de l’Institut au cours de la dernière année et de souhaiter la bienvenue à de nouveaux membres qui, en se joignant au conseil, y contribuent par leurs idées et leur énergie. Aussi sommes-nous heureux d’accueillir Aileen Reid, David Cork et David Northcott au sein de l'IVF. D’ailleurs, le comité de candidatures aura l'occasion de nous les faire connaître un peu plus dans quelques instants.Mais, d’une certaine façon, il s’agit aussi du « pire de tous les temps », parce que nous devons dire au revoir à des gens de talent qui ont contribué de façon admirable à cet organisme extraordinaire.Hier midi, les membres du conseil ont donc eu l’occasion de remercier Clarence Lochhead pour le leadership dont il a su faire bénéficier l’Institut. Nous sommes très reconnaissants à l’égard de sa contribution et nous manifestons une profonde appréciation de l’intégrité et de la compassion qu’il a manifestées au cours de ces quatre années à titre de directeur général. Nous savons qu’il continuera de contribuer aux travaux de recherche de l’Institut au cours des années à venir, à titre de collaborateur émérite de l’Institut et de défenseur des familles canadiennes.De même, nous savons tous que nous regretterons l’influence décisive de Jean Fournier, de Daurene Lewis, de Rollie Thompson et de Dan O’Brien à la table du conseil.
Jean Fournier a agi à titre de président du comité exécutif. Au sein du conseil d’administration, il a incarné la voix de la raison, le sage conseiller et le défenseur des principes d’éthique. En fait, c’est la deuxième fois qu’il quitte le conseil, après avoir déjà dû démissionner au moment d’être nommé au poste de haut-commissaire du Canada en Australie, il y a de cela quelques années. De retour au bercail, nous lui avions demandé de renouer avec l’Institut, et nous ne pouvons que le remercier d’avoir accepté. En tant que présidente du comité exécutif et pour lui avoir souvent téléphoné afin de solliciter des conseils et de régler des problèmes, je lui suis tout particulièrement reconnaissante.Daurene Lewis a été nommée par le premier ministre au sein de notre conseil d’administration, et nous sommes ravis que le Cabinet du premier ministre ait fait un choix si éclairé. Son profil d’éducatrice et de défenseure des politiques lui a permis de toujours apporter au conseil des commentaires des plus judicieux. Au cours de la dernière année, elle a encadré les travaux du comité des ressources humaines, lesquels ont débouché sur une mise à jour et une refonte complète du guide des politiques de l’IVF en matière de ressources humaines (une démarche qui n’avait pas été menée depuis plusieurs années). L’Institut et son personnel tiennent à lui témoigner leur profonde reconnaissance pour les impressionnantes réalisations qu’elle nous lègue.Rollie Thompson a amené à la table du conseil une combinaison de charme maritime, de sagesse professionnelle et de finesse juridique (mais peut-être pas dans cet ordre…) La position de M. Thompson sur un enjeu donné ne faisait jamais de doute, et sa capacité d’analyser des questions complexes a toujours bien servi les discussions du conseil d’administration. M. Thompson a agi à titre de président du comité de programmes au cours de la dernière année, et a assuré la migration des activités relatives aux programmes tenues dans le cadre de nos rencontres pour les faire passer de comité restreint à comité plénier, ce qui élargira la participation du conseil d’administration relativement à cet aspect prépondérant des activités de l’Institut.Si vous comptez Dan O’Brien au sein de votre conseil d’administration, il vaudra mieux être au sommet de votre art. Ce dernier a souvent remis en question les idées reçues et nous a maintes fois incités à examiner certains enjeux sous divers angles. Il nous a forcés à réfléchir sérieusement aux questions auxquelles était confronté le conseil. D’ailleurs, doit-on s’attendre à autre chose de la part d’un ancien recteur émérite? L’horaire de M. O’Brien ne lui a pas permis d’assister à la dernière rencontre de l’Institut Vanier, mais son travail au sein de l’IVF s’est avéré manifeste tout au long de l’année. Il a agi à titre de président du comité des investissements et du comité des candidatures, soit deux dossiers qui se trouvent en excellente situation. Comme je l’ai mentionné plus tôt, notre fonds de dotation continue de progresser, d’une part, et nous avons devant nous une superbe brochette de candidats à accueillir au conseil d’administration, d’autre part.Au nom de l’Institut Vanier, je tiens à exprimer à chacun de nos membres sortants nos remerciements les plus sentis et les plus sincères pour tout ce que vous avez accompli.
Du reste, les membres de notre personnel méritent tout autant nos remerciements, et j’ai nommé Katherine, Jenni, Jennifer, Sara, Lucie et Paula. Sachez que chacun des membres du conseil apprécie grandement votre soutien ainsi que le travail que vous accomplissez chaque jour au nom de l’IVF (et pour tous ceux et celles qui en dépendent). Nous savons pertinemment que la dernière année s’est avérée exigeante, et chacune d’entre vous a su tirer le meilleur de soi pour s’acquitter de la tâche. Mille mercis!J’aimerais prendre quelques instants afin de remercier tout spécialement un ancien président de l’Institut, M. Al MacKay, qui a assuré l’intérim de la présidence au cours des derniers mois. Certes, il n’est jamais aisé d’assumer un rôle de leadership sur une base temporaire, mais M. MacKay s’en est tiré avec brio. Même si j’étais à des milliers de kilomètres de là, je n’ai jamais eu à me tourmenter à savoir si les choses tournaient rondement à nos bureaux. Il a par ailleurs su mener à terme de nombreux dossiers internes pendant son séjour. Il a toujours été là lorsque j’ai eu besoin de quelqu’un à qui soumettre mes idées, tout en faisant tout en son pouvoir pour favoriser le processus de recherche d’un nouveau directeur général.Et nous voilà maintenant à la veille d’écrire un nouveau chapitre dans l’histoire de l’Institut Vanier. Lorsque Clarence Lochhead a cédé sa place en décembre dernier, le conseil a amorcé un processus soutenu afin de trouver un nouveau leader pour l’IVF. Nos recherches ont porté leurs fruits puisque la nouvelle directrice générale est avec nous aujourd’hui : Mme Nora Spinks. Mme Spinks a déjà amorcé la transition, au terme de laquelle elle assumera à plein temps son rôle et ses responsabilités au sein de l’Institut, soit dès le début du mois de juin. La réputation de l’IVF a suscité l’intérêt de nombreux candidats de talent, mais nous avons pu constater au fil du processus de candidatures et de sélection que Mme Spinks était la personne toute désignée pour honorer l’héritage du passé et tabler sur celui-ci, tout en insufflant à l’Institut Vanier un vent de fraîcheur et une orientation nouvelle, alors que celui-ci voit déjà poindre à l’horizon de 2015 les célébrations de son 50e anniversaire d’existence.Ayant bénéficié au fil des ans du concours de son personnel et de tous ceux et celles qui se sont distingués en siégeant à ses nombreux conseils, cet institut se révèle être un véritable trésor pour le Canada. L’IVF a été créé en l’honneur d’un homme formé pour la guerre, qui constatait une profonde dévastation lorsque la société se trouvait dans son plus piètre état, mais dont l’héritage le plus important reste cette volonté de célébrer la société dans ce qu’elle a de meilleur : la famille. Nous sommes d’avis que Son Excellence serait tout à fait d’accord avec ces mots prononcés par une autre éminence, l’archevêque sud-africain Desmond Tutu, qui déclarait un jour qu’on ne choisit pas sa famille : elle est un cadeau que Dieu vous fait, tout comme vous êtes aussi un cadeau pour elle.Verna Bruce
Présidente