l'Institut Vanier de la famille
Au sujet de l'IVFContactez-nousRegistre des visiteursAide?
Quoi de neuf?
Salle des médias
Bibliothèque virtuelle
Informations sur l'adhésion
Liens
Commentaire
Traits de familles

Les médias électroniques et la famille

Tous les médias nous transforment. Ils sont à ce point envahissants en termes de répercussions personnelles, politiques, économiques, stratégiques, psychologiques, morales, éthiques et sociales qu'ils ne laissent nulle partie de notre être intouchée ou inchangée. Le médium est le message. Toute compréhension du changement social et culturel passe par la connaissance de la façon dont les médias fonctionnent comme environnements.
Marshall McLuhan [Traduction]

Le bien de consommation le plus vendu dans le monde est la télévision en couleur.
Sept ménages sur dix de la planète possèdent un téléviseur.

Robert Lamb, « The Global Audio-Visual Media Landscape » [Traduction]

Children's Television Workshop, le créateur de « Sesame Street », a contribué à l'éducation de plus de 120 millions de personnes partout dans le monde. Huit pour cent de la population des États-Unis vont à un restaurant McDonald au cours d'une journée donnée. Deux poupées Barbie sont vendues toutes les secondes quelque part dans le monde. C'est sans contredit cela le succès!
Gene Del Vecchio. Creating Ever-Cool: A Marketer's Guide to a Kid's Heart. [Traduction]

Introduction

Même un examen superficiel démontre que les expériences médiatiques font maintenant partie intégrante de la vie quotidienne. En fait, il est difficile de trouver quelque domaine intouché par les médias. Tant dans le domaine privé que public, nous consommons et (d'aucuns diraient) nous sommes consommés par une quantité incroyable d'images et de sons qui véhiculent sans relâche des messages percutants. Selon McLuhan, le médium est le message et il n'y a aucun doute que chaque médium présente un type différent d'expérience médiatique. Écouter de la musique à partir d'un lecteur de disques compacts, regarder un programme de télévision, jouer à un jeu vidéo, surfer sur l'Internet ou feuilleter un magazine sont des médiums aussi distincts que différents les uns des autres. Cependant, on ne peut ignorer non plus le contenu de chacun d'eux - produit par une personne pour un objectif particulier - dans notre analyse de l'influence qu'exercent sur nous les environnements médiatiques.

Ce document examine les expériences et les messages transmis par les médias dans le contexte de la famille. Tout le monde reconnaît que notre vie familiale quotidienne ne peut échapper à l'emprise des médias. Télévision dans les cuisines et les chambres à coucher, enfants au pouce agile jouant au tout dernier jeu vidéo, mille et une utilisations de l'ordinateur par les familles : pour le budget, les transactions bancaires, le courrier électronique, explorer l'Internet, les devoirs, les jeux vidéo, les groupes de bavardage et même le commerce électronique. La musique déferle des radios, des lecteurs de disques compacts et des magnétophones, les adolescents transportent des téléphones cellulaires et des téléavertisseurs afin que leurs parents puissent les rejoindre. L'influence des médias est indéniable. Il en va de même pour certaines questions les concernant.

  • Quelle utilisation font les familles des différents médias?
  • Que pensent-elles des médias?
  • Quel effet l'utilisation des médias exerce-t-elle sur les interactions familiales?
  • Comment la profusion d'images, de sons, de mots et de musique ainsi que tous les messages liés aux valeurs et à l'information sur le monde véhiculés par les médias façonnent-ils nos enfants? Comment facilitent-ils notre travail de parents ou y nuisent-ils?
  • Les parents doivent-ils aider leurs enfants à devenir des consommateurs éclairés des médias?
  • Les politiques gouvernementales se préoccupent-elles du rôle des médias dans les foyers?

Les médias dans la famille : Quelques considérations structurelles

Équipement à domicile : Ce que nous possédons

  • 99 % des ménages canadiens possèdent une radio et une télévision.
  • 59 % de tous les ménages ont deux télévisions et plus 33 % en possèdent au moins trois.
  • 81 % de tous les foyers qui possèdent une télévision sont aussi abonnés au câble et 84 % ont un magnétoscope.
  • Plus de 70 % des ménages louent au moins une vidéocassette par semaine; 83 % possèdent au moins une vidéocassette; 40 % en possèdent plus de 20.1
  • Un ménage sur trois utilise maintenant un ordinateur pour les communications ou surfer sur l'Internet. Les adultes ayant des enfants de 12 à 17 ans sont les plus susceptibles de posséder un ordinateur.2
  • Le Canada est le pays le plus « branché » au monde par habitant, suivi des États-Unis et de l'Australie.3
  • À la fin de mars et au début d'avril 1998, 20 % des ménages canadiens avaient accès à l'Internet selon une enquête réalisée par Environics. En novembre 1997, la proportion était de 13 % selon une enquête de Statistique Canada.4 D'ici l'an 2000, le nombre de foyers ainsi branchés aura augmenté de 28 % (soit 3,4 millions de personnes).5 L'éducation (37 %), les loisirs (27 %) et les affaires/le travail (24 %) sont les principales raisons évoquées par les ménages pour se brancher à l'Internet.
  • Près d'un ménage sur cinq possède un téléphone cellulaire.6 Quatorze pour cent de la population utilisent un téléavertisseur.7
  • En 1996, le ménage canadien moyen a consacré 1 099 $ aux services de communication, soit une hausse de 40 % depuis 1986.8

CATÉGORIES

MONTANT

Téléphone (messagerie vocale, renvoi automatique d'appel, appel en attente, etc.)

$707

Câblodistribution

254 $

Divers (incluant téléphones cellulaires, Internet)

138 $

Une question de temps

En ces années 90 marquées par le stress, le temps s'avère l'une des denrées les plus rares. (Une récente étude américaine a constaté que de nos jours les parents passent 40 % moins de temps avec leurs enfants qu'il y a 40 ans.)9 Alors, combien d'heures par jour ou par semaine les Canadiens consacrent-ils aux médias?

Journaux

  • Soixante-cinq pour cent des Canadiens lisent un quotidien chaque jour et 72 % lisent un journal en fin de semaine. Les Canadiens consacrent environ 45 minutes par jour à la lecture de leur quotidien et près de 90 minutes aux numéros de fin de semaine.10
Livres et magazines
  • Près de 40 % des adultes canadiens consacrent environ 40 minutes par jour à la lecture de livres et 10 minutes par jour aux magazines.11
Radio
  • L'auditeur moyen écoute la radio environ 21 heures par semaine. Les jeunes (12 à 17 ans) passent seulement la moitié de ce temps à l'écouter.
  • Les habitudes d'écoute changent. Davantage de gens écoutent maintenant la radio pendant les heures de travail et ils préfèrent écouter de la musique plutôt que des entrevues-variétés à ce moment-là.12
Télévision
  • Les Canadiens regardent en moyenne plus de 22 heures de télévision par semaine ou un peu plus de 3 heures par jour.
  • Les enfants canadiens âgés de 2 à 11 ans regardent environ 18 heures de télévision par semaine ou 2,57 heures par jour.
  • Les adolescents âgés de 12 à 17 ans regardent en moyenne 17,3 heures de télévision par semaine ou 2,47 heures par jour.13

Une étude américaine sur le temps que passent par les enfants devant le téléviseur trace un profil similaire :

  • Les enfants américains regardent 2,55 heures de télévision par jour et accordent en moyenne une heure à leurs devoirs.
  • Les enfants d'âge préscolaire regardent la télévision 2,6 heures en moyenne par jour, par rapport à 2,4 en moyenne pour les enfants de l'élémentaire et à environ 2,63 heures pour les adolescents.14
  • Dans près des deux tiers des ménages américains, les parents qui possèdent un ordinateur personnel rapportent que, comme conséquence directe, leurs enfants regardent moins la télévision.15

Le temps passé devant la télévision diminue. Les Canadiens ont passé moins de temps devant le petit écran en 1996 que l'année précédente. Malgré l'absence de statistiques précises, une observation anecdotique semble indiquer que ce sont surtout les enfants qui passent moins de temps devant la télévision et plus de temps avec les médias interactifs.

Jeux vidéo

M. Stephen Kline, professeur en communications à l'Université Simon Fraser en Colombie-Britannique, a étudié les habitudes de 650 jeunes de 11 à 18 ans en matière de jeux vidéo. Il a constaté que :

  • les jeux vidéo font partie de la routine quotidienne de 65% de tous les ménages aux États-Unis et de 85 % des ménages où il y a des garçons.
  • un enfant sur 4 (25 %) dit jouer de 7 à 30 heures par semaine. Ces enfants pensent avoir développé une dépendance et sont troublés par leur comportement compulsif.
  • un grand nombre de jeunes garçons rapportent jouer plus de 7 heures par semaine. Trente pour cent des jeunes garçons ayant participé à l'étude disent s'adonner aux jeux vidéo de 7 à 30 heures par rapport à 12 % pour les jeunes filles.
  • la plupart des jeux vidéo se jouent à la maison plutôt que dans les salles de jeu vidéo ou à l'école.16

Une étude américaine a démontré que les enfants des États-Unis qui possèdent des appareils de jeux vidéo à la maison y consacrent en moyenne une heure et demie par jour.17

Internet

  • Les internautes canadiens passent habituellement entre cinq et neuf heures en ligne par semaine.18
  • La moitié des internautes disent connaître des gens qui passent tellement de temps en ligne que leur vie familiale en souffre.19
Cinémas
  • Il n'existe aucune donnée sur la quantité de temps que les Canadiens passent au cinéma. Cependant, en 1996-1997, la fréquentation des cinémas canadiens et des ciné-parcs était à son niveau le plus élevé en 14 ans, avec 91,8 millions de cinéphiles. La fréquentation nationale s'est accrue de 4 % par rapport à l'année précédente, 1996-1997 ayant marqué la cinquième année consécutive de hausse.20
Mais, que signifie tout cela pour la vie familiale?
  • La télévision peut jouer une foule de rôles pour différentes personnes : une compagne pour les personnes confinées à domicile, une « fenêtre sur le monde », une solution de rechange au Valium. De toute évidence, pour un grand nombre de familles de nos jours - qui font face à des pressions économiques, la déliquescence des réseaux sociaux, un rythme de vie trépidant - se vautrer devant la télé peut se révéler un cadeau du ciel. Voici à peine dix ans, on parlait encore de la télévision comme étant un âtre électronique, un pôle d'attraction autour duquel la famille se réunissait pour entendre parler des récents événements. En fait, une enquête menée en 1995 a révélé que quatre adultes sur cinq aux États-Unis considéraient le fait de regarder la télé avec leurs enfants comme une activité familiale.21 Cependant chaque utilisateur des médias dans la famille aujourd'hui est plus susceptible d'être installé devant son propre appareil.

    L'utilisation des médias se transforme de plus en plus en activité solitaire. On regarde moins la télévision ensemble qu'avant parce qu'il y a deux ou trois appareils de télévision par ménage. Même s'il n'existe pas de statistiques canadiennes à cet égard, les études démontrent que près de 83 % des jeunes britanniques de 13 et 14 ans ont une télévision dans leur chambre22 par rapport à plus de 50 % des jeunes américains. Environ la moitié de tous les enfants regardent habituellement la télévision seuls ou avec des amis, mais non avec leur famille.23 La même chose s'applique pour les jeux vidéo et davantage pour l'utilisation de l'ordinateur.
  • Si, comme l'indique les données de Statistique Canada pour 1996, le Canadien moyen passe à peu près trois heures par jour devant le téléviseur, il y a lieu de se demander ce que ne font pas les membres de la famille pendant qu'ils sont avachis devant le petit écran? Les réponses varient selon la famille, mais certaines tendances sautent aux yeux :
    • Les gens font moins d'activité physique et les taux d'obésité sont à la hausse tant chez les adultes que chez les enfants. En 1991, 24 % des enfants canadiens de quatre à neuf ans avaient un poids excessif par rapport à 14 % en 1981.24 Vingt-six pour cent des adultes canadiens sont obèses25 et 35 % des Canadiens ne font même pas une activité physique modérée sur une base hebdomadaire.26

      De 15 à 25 % des enfants américains sont obèses, soit un bond de 50 % au cours des 30 dernières années. Plusieurs causes contribuent à l'obésité, entre autres, les facteurs socio-économiques, le manque d'exercice physique et les habitudes télévisuelles.27

    • Comme on passe plus de temps à regarder la télévision seul, il y a moins de temps pour les conversations en famille, moins d'interaction dans le cadre d'autres activités intérieures comme jouer aux cartes, à des jeux de société, faire des casse-tête ou du bricolage. En outre, les parents, d'autres membres de la famille ou des voisins ont moins d'occasion d'apprendre aux enfants « à faire des choses », que ce soit la menuiserie, la cuisine ou le jardinage ou même à manipuler un cerf-volant. Tout particulièrement pour les enfants, il y a aussi moins de temps non structuré où ils peuvent ne rien faire ou tout simplement flâner ou rêvasser.
    • Il y a moins de temps pour visiter les amis et la famille et pour contribuer au renforcement de la communauté.

 

  • La télé comme gardienne électronique
  • Comme le souligne le professeur Stephen Kline dans son livre Out of the Garden: Toys and Children's Culture in an Age of TV Marketing, Les parents font face à un dilemme en ce qui concerne le temps que passe leurs enfants devant la télé. 28 D'une part, la télévision accorde un répit aux parents, que ce soit le samedi matin ou pendant la course folle à l'heure du dîner. On préfère souvent que les enfants à clé soient seuls à la maison devant la télévision plutôt que dehors sans supervision. Par ailleurs, de nombreux parents ressentent aussi le besoin - et se sentent presser - de réglementer les pratiques télévisuelles de leurs enfants. Il en est davantage ainsi pour la télévision que pour les jeux vidéo ou sur ordinateur. Selon l'étude de Kline réalisée en 1998 auprès de 650 jeunes de 11 à 18 ans sur l'utilisation des jeux vidéo ou sur ordinateur, les parents ont tendance à ne pas porter attention aux jeux auxquels jouent leurs enfants. 29

  • Enquête sur la culture pop,

    En 1995,The New York Times a demandé l'opinion de 1 209 adultes, dont 411 avaient des enfants de 2 à 17 ans vivant avec eux, sur la culture pop et son influence sur les enfants. La télévision semblait être leur principale préoccupation :

    Avez-vous déjà interdit à votre enfant de voir ou d'écouter un programme de télévision, un film ou un enregistrement musical particulier parce que vous vous objectiez à son contenu?

    L'utilisation des médias est façonnée par la « culture familiale »

    Dans leur livre intitulé Consuming Technologies: Media and Information in Domestic Spaces, Roger Silverstone et Eric Hirsh ont souligné le travail de chercheurs britanniques en communications sur la façon dont les nouvelles technologies de l'information ont été incorporées au rythme de la vie familiale. Leur recherche a mis l'accent sur les ordinateurs, les magnétoscopes, les jeux vidéo, la recherche d'information interactive et les technologies liées par téléphone. Ils ont découvert que les familles apprivoisent et transforment la définition des technologies, par exemple les ordinateurs, domestiques selon la « culture familiale », c'est-à-dire l'ensemble des valeurs et des intérêts qui caractérisent les différents genres de ménage.

    Par exemple, les valeurs dominantes d'une famille de la classe moyenne supérieure du nord de Londres - intérêt pour le développement actif des talents de leurs enfants, grande importance accordée au temps passé en famille ainsi qu'à la culture des activités artistiques et « spirituelle » - ont transformé la définition originale des technologies « intégrées » apportées dans le foyer. La famille a remplacé le jeu vidéo original à caractère compétitif par un jeu favorisant l'unité familiale; les parents et les enfants ont décidé d'apprendre à utiliser l'ordinateur personnel pour avoir un discours commun, ils ont installé un interphone pour faciliter les contacts. En outre, les parents ont restreint de façon substantielle le temps que passent les enfants devant la télévision pour qu'ils puissent se consacrer davantage au club local d'art dramatique et au bavardage en famille.

    D'autres études dans le même livre semblaient indiquer que les familles de la classe ouvrière imposent leurs routines et leurs normes très variées à la technologie. Les auteurs soulignent aussi qu'il y a un écart entre les familles « auto-déterminées » dans l'utilisation qu'elles font des ordinateurs et celles qui consomment principalement les fantaisies professionnelles créées par quelqu'un d'autre, une position que les auteurs qualifient « d'interactivité sans pouvoir ».

    Télévision et alphabétisation

    Plus le niveau d'alphabétisation est faible, plus les gens sont susceptibles de passer de grande période de temps devant la télévision. Au-delà de 10 % des personnes de la couche sociale la plus faible passent plus de cinq heures par jour devant le petit écran; plus de 20 % des personnes de la couche sociale la plus élevée regardent la télévision moins d'une heure par jour.30 Comme les niveaux d'alphabétisation et la condition socio-économique sont liés, il est logique que les familles à revenu plus élevé, règle générale, aient une gamme plus vaste d'activités de loisirs à leur disposition. Dans certains quartiers urbains, mieux vaut voir la violence au petit écran que de risquer d'y faire face dans la rue.

    Goût immodéré pour le petit écran : Les jeux vidéo altèrent la chimie du cerveau

    Les parents et les enseignants disent souvent que les « enfants deviennent complètement branchés » quand ils sont absorbés par les jeux vidéo. Maintenant, une étude scientifique confirme cette observation. Dans une étude menée au Ciclotron Unit de l'hôpital Hammersmith de Londres, le Dr Paul Grasby et ses collègues chercheurs ont déterminé que jouer à des jeux vidéo libère de la dopamine dans le cerveau.

    • Les chercheurs ont découvert que la production de dopamine dans le cerveau double pendant qu'on joue à des jeux vidéo.
    • L'accroissement de ce produit chimique psychoactif est à peu près le même que si on injecte à une personne des amphétamines ou du Ritalin, un médicament contre les troubles déficitaires de l'attention. Ce sont les premières preuves formelles sur la dépendance que créent les jeux vidéo, « l'équivalent d'une dose d'amphétamine ».
    • Ces résultats semblent indiquer que nos télévisions, ordinateurs et jeux vidéo ont des conséquences physiques et psychologiques non négligeables sur notre système nerveux.31 Ils rejoignent aussi une étude menée en C.-B. par le professeur en communications Stephen Kline qui a constaté qu'un jeune sur quatre, âgé de 11 à 17 ans, était accroché aux jeux vidéo.32 Dans la même veine, Satachi et Satachi, chef de file dans le domaine de la commercialisation pour enfants, a embauché des psychologues pour enfants et des anthropologues culturels afin de perfectionner une variété de techniques - y compris des groupes de jeux, les arts et les jeux - dans le but de sonder les sentiments et le comportement des enfants quand ils utilisent les médias interactifs. Leurs études ont permis de constater que les enfants peuvent facilement éprouver une « sensation de gratification intrinsèque », un genre de transe, « une expérience très agréable de concentration totale » quand ils sont en ligne.33 Leurs conclusions sur les réactions neurophysiologiques des enfants sont à la base de leurs campagnes de commercialisation en ligne destinées aux enfants aussi jeunes que quatre ans. Il peut être très tentant de mettre l'accent sur la violence dans les médias sans porter attention à la culture dans son ensemble. (Quand on leur demande de choisir des mesures qui réduiraient « de beaucoup » les crimes avec violence, un grand nombre d'Américains choisissent plus souvent de réduire la violence télévisuelle que le contrôle des armes à feu.) Il faut plus que des programmes de télévision, des films, des jeux vidéo et des paroles avilissantes pour transformer les enfants en adultes violents. L'expérience réelle avec la pauvreté, la violence, les mauvais traitements ou la négligence est un déterminant très puissant. Une chose est certaine : la violence dans les médias exerce un impact beaucoup plus grand sur les enfants ayant eux-mêmes été victimes de violence et qui la considèrent comme « naturelle ».

    Les médias dans la famille : Quelques considérations structurelles

    Ordinateurs dans les foyers canadiens (Suite)

    Culture informatique canadienne34

    Groupe d'âge

    % capable d'utiliser un ordinateur en 1994

    15-24

    81

    25-34

    68

    35-44

    66

    45-54

    55

    55-64

    36

    65 et plus

    10

    Dans une enquête réalisée en septembre 1997 sur les Canadiens ayant utilisé l'Internet au cours des trois mois précédents, Les Associés de recherche Ekos ont constaté que la concentration la plus élevée d'utilisateurs se situait chez les moins de 25 ans tandis que la moins élevée se retrouvait parmi les 65 ans et plus.

    Âge - de 25 25-34 35-44 45-54 55-64 + de 65

    % d'utilisation de l'Internet

    61 % 45 % 43 % 39 % 23 % 7 %

    Ce portrait suppose que dans leur maison branchée, les enfants et les jeunes semblent être à la fine pointe du digital. Bien entendu, les parents ont tendance à moins réglementer l'utilisation de l'ordinateur par les enfants que celle de la télévision. Cela est dû en partie aux vertus éducatives attribuées à l'ordinateur (« Cela doit être bon pour eux et pour leur avancement ») et aussi parce que la plupart des adultes ne connaissent pas autant les ordinateurs ou l'utilisation de l'Internet que leurs enfants. Don Tapscott, auteur de Growing Up Digital: The Rise of the Net Generation, soutient que pour la première fois dans l'histoire humaine les enfants sont les « maîtres de la connaissance » dans un domaine crucial et qu'ils transmettent de l'information culturelle et des aptitudes technologiques à leurs parents. Optimiste technologique, il croit que cette modification à la balance de pouvoir habituelle dans la famille crée une plus grande dynamique de pairs au sein des familles et, si la situation est bien gérée par les parents, elle peut générer une cellule familiale plus ouverte, consensuelle et efficace.35

    Tapscott souligne aussi que même si la télévision est le médium qui a façonné la vie de la génération du baby-boom, leurs enfants optent de plus en plus pour des expériences très interactives en matière de médias. Dans près des deux tiers des ménages américains, les parents qui possèdent un ordinateur personnel rapportent qu'en bout de ligne leurs enfants regardent moins la télé.36 Un récent sondage de CNN et USA Today révèle aussi que 28 % des adolescents disent pouvoir se passer de la télévision, mais seulement 23 % pourraient vivre sans un ordinateur.37

    Sexe et recours aux médias

    Qui contrôle le zappeur? Le « bon sens » ou une observation quotidienne pourrait indiquer que les hommes ont tendance à tenir le « zappeur » plus que les femmes dans la famille. Des études sur ce phénomène particulier ne semblent pas disponibles. Cependant, il existe certaines données sur ce qui distingue les hommes des femmes dans l'utilisation des médias à la maison.

    • En septembre 1997, un sondage d'opinion réalisé par le Los Angeles Times a révélé que 40 % des hommes changeaient de chaîne au moment d'une annonce publicitaire contre 28 % des femmes.
    • Même si l'utilisation de l'Internet par les Canadiens en 1998 était de 55 % pour les hommes et 45 % pour les femmes, ces dernières les rattrapent rapidement selon une enquête menée par AC Nielsen/Nordicity.38 En outre, les femmes ont tendance à s'intéresser davantage aux sites Web traitant de la santé, de l'éducation, de la famille, des enfants et de la bonne condition physique tandis que les hommes explorent plutôt des sites sur les opérations bancaires, les investissements, les sports et les nouvelles. Toutefois, les différences entre les deux sexes ne sont pas toujours aussi marquées qu'on pourrait le penser. Par exemple, le site le plus populaire pour les hommes et les femmes est celui des nouvelles nationales.39
    CONTENU DU SITE VISITÉ PAR LES FEMMES AU MOINS UNE FOIS PAR MOIS (%) VISITÉ PAR LES HOMMES AU MOINS UNE FOIS PAR MOIS (%)
    Nouvelles nationales 62 77
    Éducation 58 48
    Santé/médecine 53 28
    Famille 48 24
    Enfants 43 21
    Opérations bancaires/ Investissements 26 45
    Sports 25 47
    Bonne forme physique 20 12
    Mode 19 6
    • Une étude américaine réalisée en 1995 a abouti à la surprenante conclusion que parmi les enfants jusqu'à la sixième année, les petites filles avaient tendance à passer plus de temps à l'ordinateur que les petits garçons.
    • Les frères et les soeurs interagissent à l'ordinateur dans 45 % des ménages équipés d'un ordinateur.40
    UTILISATION D'UN ORDINATEUR PERSONNEL
    PAR LES GARÇONS ET LES FILLES

    Groupe d'âge

    Filles

    Garçons

    Pré-mat. à 3e

    9,6

    6,6

    4e à 6e

    8,9

    7,2

    7e à 8e

    11

    12,4

    9e à 12e

    10

    12,3

    L'Internet et l'accès à domicile :

    • L'utilisation de l'Internet croît plus vite que toutes les autres technologies qui l'ont précédé. La radio a atteint 50 millions d'auditeurs après 38 ans d'existence et la télévision a atteint ce cap au bout de 13 ans. L'Internet a dépassé 50 millions d'utilisateurs après seulement quatre ans.41
    • Même si les Canadiens se branchent à l'Internet à partir du travail, de l'école, de la bibliothèque et de la maison, le pourcentage le plus élevé (67 %) d'accès à l'Internet se fait à partir de la maison.42 Une étude réalisée en 1995 a révélé que les communications et les activités liées au travail représentent les usages les plus élevés de l'Internet à la maison, mais que l'éducation et le divertissement connaissent aussi une utilisation importante.43
    • Les faibles tarifs téléphoniques locaux et l'accès à l'Internet à prix modique font que le Canada est le pays industrialisé où explorer l'Internet coûte le moins cher. Il en coûte en moyenne 28,26 $ pour 29 heures par mois de temps Internet au Canada, par rapport à 33,23 $ en Australie et à 39,37 $ aux États-Unis. Le prix moyen parmi les pays industrialisés est de 81,54 $ par mois. (Tous les chiffres sont en dollars canadiens).44
    • Les tarifs téléphoniques et les frais d'accès sont relativement bon marché, mais pas nécessairement abordables pour une grande partie de la population. Vingt-six pour cent des maisonnées à revenus élevés ont exploré le Net par rapport à seulement 5 % des familles à faibles revenus. (Ce ratio 5:1 n'a pas changé depuis 1996).45
    • L'introduction récente de WebTV, qui allie le téléviseur à l'Internet, a le potentiel de rendre l'Internet accessible à un plus grand nombre de personnes. Grâce à un terminal WebTV Plus placé sur le téléviseur, une télécommande et un clavier optionnel sans fil, les abonnés peuvent maintenant surfer sur le Net, utiliser le courrier électronique, se connecter à des groupes de bavardage et Usenet en plus de visionner leurs programmes préférés. Selon Steve Perlman, cofondateur et président de WebTV Networks of California, 72 % des abonnés de WebTV n'ont pas d'ordinateur à la maison.46 Même si les coûts de démarrage sont plus faibles que pour investir dans un ordinateur (environ 400 $ par rapport à 1 500 $), les abonnés demeurent assujettis à des frais de service mensuels en plus de ce qu'ils paient déjà pour le câble et le téléphone.

      À mesure que la prévalence des médias digitaux dans la vie quotidienne s'accroît, l'écart en information est susceptible de s'élargir entre les branchés et les non-branchés à moins que les gouvernements ne lancent des initiatives pour garantir un accès public plus vaste. Il n'est pas surprenant de constater que dans le cadre de l'Enquête sociale générale de 1994, Statistique Canada a rapporté une corrélation entre les faibles connaissances en informatique et les ménages à faible revenu.

     

MEDIUM

OUI

NON

Programme de Télévision

84%

16%

Film

64%

36%

Enregistrement musical

42%

57%

REVENU DU MÉNAGE % DE PERSONNES CAPABLES D'UTILISER UN ORDINATEUR
Moins de 20 000 $ 28
20 000 $-29 999 $ 38
30 000 $-39 999 $ 52
40 000 $-49 999 $ 60
50 000 $-59 999 $ 72
60 000 $-69 999 $ 79
80 000 $-99 999 $ 82
100 000 $ et plus 86

Kathryn Montgomery, directrice du Center for Media Education à Washington, souligne que « les personnes qui n'ont pas accès au système de communications sont susceptibles d'être à la traîne au niveau scolaire et incapables de concurrencer dans un marché de l'emploi très sélectif. Cependant, tout comme la capacité d'accès devient urgente, le nombre d'enfants pauvres ayant un accès faible ou inexistant à la technologie, augmente à un rythme alarmant. »47

Quelques statistiques intéressantes soulignent les différences entre la possession d'un ordinateur chez les personnes à faible revenu aux États-Unis et au Canada. En 1996, Paul Dickinson, économiste à l'Université McGill, et George Sciadas de Statistique Canada, ont constaté que la possession d'un ordinateur était plus élevée au Canada par rapport aux États-Unis et à tous les niveaux de scolarité comparables, mais particulièrement parmi les personnes ayant de très bas niveaux de scolarité. Environ 9 % des foyers canadiens disposant d'un ordinateur ont un chef de famille ayant moins qu'une 9e année de scolarité par rapport à seulement 3 % aux États-Unis.48

Travail à la maison

La croissance de la technologie à domicile a permis à un plus grand nombre de membres de la famille de travailler à la maison.

  • Un tiers des personnes disent utiliser un ordinateur à domicile pour leurs activités professionnelles.49
  • Quarante-huit pour cent des Canadiens occupant un emploi rapportent travailler à domicile au moins une partie du temps.
  • l Soixante-trois pour cent estiment qu'ils travailleront davantage à partir de leur domicile à l'avenir.50

De toute évidence, ce phénomène a un impact sur la vie familiale. Il est intéressant de noter que la technologie interactive à l'origine de ce changement peut être nouvelle, mais la tradition du travail et de la famille basés au même endroit remonte loin. C'était en fait la norme avant l'ère de l'industrialisation quand toute la famille participait souvent à une production artisanale. Une fois que la machine a pris la relève, cette unité a disparu. L'homme partait chaque matin au travail tandis que la femme restait au foyer pour s'occuper des enfants et des tâches domestiques.

Aujourd'hui, travailler à partir de la résidence familiale constitue à nouveau une possibilité qui (comme la plupart des choses) a ses avantages et ses inconvénients. D'une part, le parent est plus présent pour les enfants de la famille. D'autre part, il (ou elle) ne peut vraiment jamais mettre le travail de côté.

« Tous les chemins mènent à Rome » : La tendance vers la convergence technologique

Tout comme « le magasinage à guichet unique » dans de grands magasins-entrepôts commencent à étouffer les petits détaillants spécialisés de quartier, il y a des pressions pour créer des engins technologiques multifonctionnnels qui, semble-t-il, accompliront tout pour nous, sauf promener le chien ou faire la lessive.

Dans un proche avenir, la télévision, l'ordinateur et le téléphone convergeront. Sur l'Internet, l'audio en temps réel, le vidéo en temps réel et les langues de modélisation en réalité virtuelle (pouvant servir à créer des sites Web en environnements tridimensionnels) commencent déjà à être intégrés aux symboles graphiques et aux textes. Dans le monde de la « messagerie électronique », le dernier développement est la convergence des téléavertisseurs et des ordinateurs portatifs ou des assistants numériques personnels.51 À mesure que grandiront les cyberenfants, ils seront de plus en plus capables de transporter avec eux leur univers électronique personnel et portable.

La technologie et les relations intimes

Selon l'auteur français Jacques Attali, la prolifération actuelle d'engins portables est en train de créer une société de haute technologie nomade. Les téléphones cellulaires, les ordinateurs portables, les téléavertisseurs, les assistants numériques personnels, les télécopieurs, les cartes de crédit : de plus en plus, nous apportons avec nous nos appareils et nos environnements de communications. Certaines personnes disent avec mépris que ces instruments sont une « corde au cou électronique »; d'autres croient ne pas pouvoir s'en passer. Peu importe notre opinion sur ces articles, il n'y a aucun doute qu'avec l'avènement de la boîte vocale, du télécopieur, du courrier électronique et des groupes de discussion, les Canadiens adoptent de nouvelles façons de communiquer.

Il n'est pas inhabituel ces jours-ci pour les parents d'offrir à leurs enfants des téléavertisseurs ou des téléphones cellulaires pour garder contact avec eux. Les commerçants ont vite étudié les changements survenus dans la structure familiale et les tendances du travail, de la vie, du divertissement pour créer de nouveaux produits. Dans son livre Creating Ever-Cool: A Marketer's Guide to a Kid's Heart, Gene del Vecchio fournit des exemples remarquables de façons dont la technologie remplace des fonctions et des interactions familiales. Del Vecchio soutient que nous serons bientôt capables de suivre nos enfants par satellite tout comme nous suivons les camions. Il décrit aussi le service téléphonique « AppelEnfant » conçu pour l'enfant à clé. À un moment précis de la journée, quand l'enfant devrait se trouver à la maison, un système d'appel automatisé téléphone à la maison et demande à l'enfant de répondre en appuyant sur certaines touches du téléphone. Si on remarque un problème, on peut appeler les parents ou une autre personne.52

Que signifie de telles avancées technologiques pour les relations intimes? Qu'arrive-t-il quand les gens (particulièrement les enfants) font de plus en plus l'expérience du virtuel plutôt que du tangible?

Une étude publiée dans le numéro de mars 1998 de International Journal of Environmental Conservation, par le chercheur Raymond Chipeniuk a constaté que les enfants qui explorent la nature de façon directe et pratique développent un sentiment instinctif pour les écosystèmes et les habitats. L'expérience acquise par le biais de leçons en classe, d'émissions télévisées et l'Internet représente des connaissances désincarnées susceptibles d'anéantir la connaissance locale de la nature. Cependant, selon Chipeniuk, la familiarité des adultes avec la faune et la flore de leur propre région est essentielle pour permettre au public de réagir en connaissance de cause concernant les propositions sur l'utilisation des terres.

Dans leur document intitulé Research on Children and New Media, le Center for Media Education pose des questions comme celles-ci : Comment l'expérience multimédia influe-t-elle sur le câblage neuronal pendant les années formatrices? Qu'arrive-t-il quand un enfant prend une palette Photoshop plutôt qu'une boîte de crayons à colorier Crayola? Le manque de présence physique dans le monde virtuel constitue-t-elle une aide à l'affirmation de soi de l'enfant ou un obstacle à son individuation?

Voilà des questions auxquelles nous n'avons pas encore de réponse. Et, il n'y a aucun doute que le monde digital soit arrivé pour de bon. Cependant, le débat sur l'impact de la présence technologique accrue et sur comment on l'utilisera -- pour accroître l'interaction humaine ou nous transformer en acheteurs plus efficaces -- est loin d'être terminé.

Douglas Rushkoff, théoricien de la société, souligne l'importance primordiale de l'interaction et de la communauté, même dans notre monde branché :

Nous ne sommes pas dans un âge de l'information, mais plutôt dans un âge interactif. Nous n'échangeons pas de menus détails, mais plutôt le fond même de notre pensée sous forme d'idées, de messages électroniques, de graphiques et dans le cadre de groupes de bavardage... Je crois que cette interaction avec les machines, si originale soit-elle, se révélera un piètre substitut à l'utilisation de machines pour interagir les uns avec les autres. Nous nous lasserons de l'Internet proprement dit et, à moins de nous engager dans ses communautés vivantes, nous rejetterons instinctivement ses propositions ennuyeuses.53 [Traduction]

Historiquement, ce sont les valeurs commerciales - et non civiques - qui ont motivé le secteur des télécommunications. Le marché n'est pas susceptible de se préoccuper des besoins humains, à moins d'en tirer un bon profit. Cependant, comme Silverstone et Hirsh le soulignent dans Consuming Technologies, les valeurs et les routines familiales peuvent modifier la signification et l'utilisation des technologies « intégrées ». (Quarante-et-un pour cent des personnes qui utilisent le courrier électronique disent se sentir plus près de leur parenté.54) Une solution face à une vie de plus en plus assujettie à la médiation pourrait être précisément de renforcer les familles et les communautés. Ainsi, ils peuvent encourager l'utilisation de ces nouveaux outils à des fins civiques plutôt que commerciales.

Qui raconte les histoires?
Évolution du rôle de la famille dans une culture médiatisée

La famille a traditionnellement été la principale socialisatrice des enfants et son rôle a été amplifié et élargi par l'école, l'église, la mosquée, la synagogue ou le temple ainsi que la communauté en général. Aujourd'hui, on retrouve un autre joueur puissant sur la « scène de la socialisation ». Malgré les développements enregistrés dans les nouveaux médias, la télévision exerce encore une si grande influence sur la transmission des valeurs sociales et le façonnement de la perception des enfants à l'égard du monde qu'on l'a surnommée le « troisième parent ».

Selon une étude de l'UNESCO intitulée Global Study on Media Violence, « les enfants du monde passent en moyenne trois heures par jour devant le petit écran, ce qui représente au moins 50 % plus de temps consacré à ce médium qu'à toute autre activité parascolaire, y compris les devoirs, passer du temps avec la famille, des amis ou lire. Ainsi, la télévision est devenue un facteur majeur de socialisation qui domine la vie des enfants des régions urbaines et rurales partout dans le monde. »55 [Traduction]

Au moment de terminer ses études secondaires, l'enfant moyen en Amérique du Nord aura :

  • passé 11 000 heures en classe
  • regardé 15 000 heures de télévision
  • vu 350 000 messages publicitaires
  • observé 40 000 morts violentes
  • écouté 10 500 heures de musique pop
  • visionné 400 films56

Par ces interactions avec les médias, les enfants sont exposés à une quantité incroyable de divertissements et d'information sur comment le monde fonctionne et sur ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue. Ils apprennent beaucoup grâce à ce « programme d'études informel » - à propos des héros, des scélérats et des victimes, de la condition masculine et féminine, de la réussite dans la vie, sur qui est puissant ou pas, sur la violence et les relations intimes et sur ce qui constitue « la bonne vie ».

L'auteur et éducateur américain Neil Postman a souligné dans The Disappearance of Childhood que notre concept moderne de l'enfance a été largement lié au matériel d'alphabétisation imprimé qui garantissait un accès graduel et « approprié » des enfants à l'information sur le monde adulte. La télévision permet aux enfants de contourner ces obstacles. « La télévision donne aux enfants la satisfaction d'être dans le coup, d'aller dans les coulisses et d'en apprendre sur le monde et les gens.57» De nos jours, ils ont accès à ces connaissances à un âge de plus en plus précoce.

  • ChildWise Monitor, une maison britannique de sondage auprès des jeunes, a constaté dans son enquête 1998 que même si la télévision britannique ne commence à transmettre qu'à 21 heures le matériel jugé non approprié pour les enfants, la plupart des jeunes de plus de 11 ans regardent la télévision après cette heure. Soixante pour cent des enfants de plus de 5 ans regardent la télévision après 21 heures la semaine, et cette proportion grimpe à 80 % en fin de semaine.
  • Un enfant sur quatre possède un magnétoscope et l'utilise pour enregistrer des programmes pornographiques tard le soir. Les garçons de sept et huit ans sont les plus susceptibles de faire ces enregistrements illicites.58
  • Une étude sur les habitudes télévisuelles des enfants commandée par l'Office national du film du Canada a révélé que la plupart des enfants regardaient des programmes pour adultes à la télévision dès l'âge de quatre ans.59

Les messages véhiculés aux enfants par les médias

Pratiquement tous les parents savent que les médias (la télévision en particulier), jouent un rôle important pour façonner les opinions, les attitudes et les comportements des enfants. Mais, qu'apprennent-ils vraiment à propos d'eux-mêmes et de leur société dans les images transmises par les médias et que pensent-ils de ce qu'ils voient? Une des meilleures sources d'information pour répondre à ces questions provient des études annuelles commandées par Children Now, une organisation de défense des intérêts aux États-Unis, pour son programme Children and Media.

Garçon ou fille

« Reflections of Girls in the Media » examine les messages transmis aux adolescents par différents médias, y compris la télévision, les magazines, les vidéoclips, les annonces publicitaires dans les magazines et les messages publicitaires télévisés. Conclusion : les filles reçoivent des messages contrastés. D'une part, « les médias leur offrent souvent des modèles énergiques, positifs, honnêtes, auto-suffisants et intelligents à émuler ». D'autre part, ces messages contiennent souvent des « images stéréotypées à propos de l'apparence, des relations et des carrières ainsi que des signaux plus subtils concernant « la valeur et l'importance » des filles.

  • Plus souvent qu'autrement, et peu importe le média, les femmes sont présentées dans un contexte relationnel tandis qu'on se réfère le plus souvent aux hommes dans celui de leur carrière. Dans les films, par exemple, 53 % des hommes sont motivés par leur carrière contre 31 % pour les femmes. Les articles de magazine renforcent cette tendance en soulignant davantage les fréquentations (35 %) par rapport à l'école ou à la carrière (12 %).
  • De tous les médias, la télévision vient en tête quant à la représentation des femmes : on les voit 45 % du temps par rapport à 55 % pour les hommes. Les films montrent 63 % d'hommes et 37 % de femmes. Les vidéoclips (qui reflètent le secteur de la musique largement dominé par les hommes) mettent en vedette 78 % d'hommes et 22 % de femmes.
  • Les garçons et les filles sont représentés presque à part égale dans les émissions de divertissement général à la télévision. Cependant, les filles sont sous-représentées dans les programmes d'action et d'aventures et dans ceux spécialement destinés aux enfants (en particulier les dessins animés). Seulement 23 % des personnages, et un nombre encore plus faible de personnages principaux, sont des femmes.
  • Il y a des différences importantes dans la façon dont les filles et les garçons sont présentés. Les filles sont deux fois plus susceptibles de démontrer de l'affection tandis que les garçons sont soixante fois plus susceptibles d'être agressifs.60
  • Les jeux vidéo, destinés principalement aux garçons de 8 à 15 ans, ont tendance à présenter un monde beaucoup plus rempli de stéréotypes sexistes que ce que l'on voit à la télévision. En 1991, le chercheur Eugene Provenzo a constaté que sur 124 personnages de jeux vidéo, les personnages masculins surpassaient les personnages féminins à 13 contre 1. Dans ces jeux, les femmes étaient rescapées ou kidnappées 30 % du temps. Même si les hommes devaient parfois être rescapés, ce n'était jamais par les femmes. 61Au cours des années qui se sont écoulées depuis l'étude, il y a eu certaines tentatives pour produire des jeux vidéo plus attirants pour les filles, mais ces jeux ont, dans l'ensemble, mis l'accent sur des activités à la Barbie comme magasiner ou essayer différentes coiffures.

Une étude intitulée « Re-casting TV: Girls' Views » a été menée en 1995 auprès de 2 000 enfants américains dans des classes de la 3e à la 12e année pour sonder leurs opinions sur ce qu'ils regardaient à la télé et leur donner l'occasion de créer le genre de programmes de télévision qu'ils aimeraient voir. Les résultats de l'étude menée pour Girls Inc. a démontré que les enfants qui regardent moins la télévision créent des programmes aux personnages moins stéréotypés.

  • Moins elles passent d'heures devant le petit écran, plus les filles et les jeunes femmes sont susceptibles de créer des programmes de télévision concernant une jeune femme de 18 ans qui est athlétique, agit comme un leader en plus d'être chaleureuse et sensible aux sentiments des autres. Leur personnage féminin est aussi plus susceptible de se préoccuper de ses amis, de la religion et de vouloir une carrière professionnelle.
  • Plus les filles et les jeunes femmes regardent la télé, plus elles ont tendance à créer une personnalité féminine principale riche et mince, préoccupée par sa popularité, les vêtements, l'argent, qui paraît bien et désire devenir mannequin ou actrice de cinéma.
  • Plus de femmes que d'hommes critiquent la télévision et sont insatisfaites du faible nombre de programmes traitant de questions importantes et sérieuses. Ces conclusions semblent indiquer que le caractère envahissant de la télévision dans la vie des enfants ne signifie aucunement que ces derniers sont satisfaits de ce qu'ils voient.

Race

Il est clair que les personnages admirés par les enfants à la télévision et les nouvelles qu'ils voient leur transmettent des messages subtils et explicites concernant leur valeur personnelle, leur famille et leur race. Malheureusement, il n'existe aucune étude canadienne sur ce sujet même si la population canadienne est de plus en plus diversifiée. L'étude menée en 1998 par Children Now et intitulé A Different World: Children's Perceptions of Race and Class in Media, était basée sur des groupes de discussion et un sondage mené auprès de 1 200 enfants aux États-Unis. Les enfants étaient issus à parts égales de la population blanche, afro-américaine, asiatique et latine. Les conclusions ont démontré que :

  • La très grande majorité des enfants estime important pour tous les enfants de voir des personnes de leur race à la télévision. Ils croient qu'on transmet des messages négatifs aux enfants qui ne voient pas des gens de leur race à la télé.
  • Les enfants, toutes races confondues, associent davantage de caractéristiques positives aux personnages blancs qu'ils voient à la télévision et de caractéristiques négatives aux personnages issus des minorités.
  • Tous les enfants conviennent que les rôles de patron, de secrétaire, de policier et de médecin dans les programmes de télé sont habituellement joués par des blancs tandis que les rôles de criminel, de servante ou de concierge à la télé sont d'ordinaire tenus par des afro-américains. Les enfants ne voient jamais des personnes d'origine latine ou asiatique comme personnage clé dans les rôles inscrits.
  • Les enfants s'accordent pour dire que les médias d'information ont tendance à dépeindre les afro- et latino-américains de façon plus négative que les blancs ou les asiatiques.
  • Les enfants font beaucoup confiance à la capacité des médias de leur transmettre des messages positifs sur la race. Plus de 80 % des enfants, toutes races confondues, disent que les médias peuvent montrer aux enfants que « les gens de leur race sont importants ».

    Les enfants disent aussi que la télévision « sert à lancer la conversation » entre les enfants de différents groupes raciaux.

Les enfants de 10 à 17 ans, toutes races confondues, regardent le plus souvent des vidéoclips, des comédies de situation et des bandes dessinées à la télévision.62Cependant, les vidéoclips populaires dépeignent surtout les hommes noirs comme des agresseurs et les femmes blanches comme des victimes. Telle est la conclusion du Dr Michael Rich, chercheur à Harvard, psychiatre et ancien réalisateur. Son étude, citée au début de 1998 dans Pediatrics, une revue américaine, a analysé 518 vidéocassettes sur les quatre chaînes de vidéoclips les plus populaires aux États-Unis. Presque tous les agresseurs (85 %) dans les vidéoclips avec violence étaient dépeints comme de bons modèles à émuler, plutôt que des scélérats.63 Rich a estimé que cette étude devrait soulever des préoccupations quant à l'influence des vidéocassettes sur la réaction des adolescents en situation de conflits et la façon dont ils se perçoivent mutuellement.

Classe sociale

La question de la classe sociale semble être ignorée dans la plupart des études sur les médias. Cependant, deux points saillants méritent d'être mentionnés.

  • Un sondage réalisé en 1995, Sending Signals: Kids Speak Out About Values in the Media, a constaté que les enfants issus de foyers ouvriers étaient plus susceptibles de penser que les familles à la télévision avaient des problèmes différents des leur.64
  • Comme exemple de l'interrelation entre la race, la classe sociale et les possibilités économiques, les enfants des minorités pensent que les familles à la télé ont plus d'argent que les leur tandis que les enfants blancs sont tout aussi susceptibles de dire que les familles à la télévision disposent du même montant d'argent.
65

Santé

  • Les jeunes sédentaires ont décidément une masse pondérale plus élevée que leurs semblables plus actifs. Telle est la conclusion d'une étude américaine citée dans le Journal of the American Medical Association (mars 1998). Les données ont démontré que les garçons et les filles qui regardent quatre heures ou plus de télé par jour ont une quantité de tissu adipeux et un index de masse corporelle plus élevée que ceux qui passent moins de deux heures par jour devant le petit écran. Selon le Dr Phil B. Fontanarosa, rédacteur principal, la prévalence croissante de l'excès de poids chez les enfants américains et la popularité toujours croissante des activités de loisirs sédentaires (par ex., télé, jeux vidéo et ordinateur) pourraient être plus que pure coïncidence.
  • Que voient les enfants lorsqu'ils promènent leurs yeux sur le petit écran? Dans The Smart Parents' Guide to Kids TV, M. Milton Chen, Ph. D., souligne que 96 % des messages publicitaires reliés à la nourriture portent sur les céréales sucrées, les bonbons, les biscuits et les aliments vides.67
  • L'accent mis par les médias sur le corps idéal et la taille parfaite a fortement influé sur l'attitude des filles et des femmes envers la nourriture et l'alimentation. Dans tous les médias, entre 26 et 46 % des femmes sont dépeintes comme « minces » ou « très minces » (contre de 4 à 16 % pour les hommes). Des filles de cinq ans à peine sont préoccupées par leur régime; 31 % des filles de neuf ans nourrissent le même sentiment et une étude indique à 11 % la proportion d'étudiantes du secondaire souffrant d'un trouble alimentaire.68 Les jeunes garçons ne sont pas épargnés non plus. L'accent mis sur la musculation et le ciblage accru des hommes comme consommateurs de produits de soins personnels ont poussé les jeunes hommes à avoir « une masse plus imposante », en recourant aux stéroïdes dans certains cas.

Images de l'intimité et de la sexualité

Une grande partie de ce que les jeunes gens savent à propos de l'amour et de la sexualité provient de la télévision, des films et des vidéo, selon James Check, professeur de psychologie à l'Université York. Dans une enquête menée en 1985 sur les attitudes des Canadiens concernant le contenu sexuel dans les médias, il a constaté que :

  • Les jeunes garçons de 12 à 17 ans sont les principaux consommateurs de matériels pornographiques au Canada aujourd'hui.
  • Trente-sept pour cent des adolescents de 12 à 17 ans regardaient une vidéocassette pornographique au moins une fois par mois.
  • Trente-cinq pour cent des adolescents canadiens de 12 à 17 ans se sont dits intéressés à regarder des scènes de violence sexuelle (viol, torture, ligotage, etc.).
  • Les jeunes de 12 à 17 ans étaient les plus indécis pour distinguer entre un film érotique et un film pornographique.69

Même s'il y a un lien explicite entre le sexe et la violence dans certains films, vidéocassettes ainsi que jeux vidéo/à l'ordinateur, il y a des points encourageants dans la façon dont la télévision traite de l'activité sexuelle et des relations sexuelles. Une étude réalisée en 1996 par Children Now et la Kaiser Family Foundation a examiné les messages sexuels à la télévision et leur impact sur les enfants et les familles. Ils ont expressément mis l'accent sur la soi-disante « heure familiale », la première heure de grande écoute entre 20 h et 21 h.

  • Trois programmes sur quatre (75 %) diffusés à cette heure avaient un certain contenu sexuel par rapport à 65 % en 1986 et 43 % en 1976.
  • La majorité du comportement sexuel représenté pendant l'heure dite familiale survient entre des personnages ayant une relation existante l'un avec l'autre.
  • La plupart des enfants comprenait et aimait les programmes aux messages clairs et positifs, du genre ? Même les condoms ne sont pas sûrs à 100 % ?.
  • Les parents se sont dits préoccupés par les messages à caractère sexuel à la télévision, mais trouvaient aussi qu'il s'agissait d'une bonne façon d'aborder des questions importantes avec leurs enfants. Trente-huit pour cent des parents d'enfants âgés de 8 à 12 ans ont dit que lorsqu'ils voient quelque chose de peu approprié à la télé, ils en parlent avec leurs enfants. Quarante-cinq pour cent ont dit que leur enfant avait, à un moment donné, posé une question sur le sexe, le sida ou une autre question délicate après avoir vu quelque chose à la télévision.70

Il vaut probablement la peine de mentionner que cette étude a été menée avant la popularité fulgurante d'émissions comme Jerry Springer et South Park qui ne sont pas diffusées pendant l'heure familiale, mais néanmoins regardées par nombre de jeunes prépubères.

Violence dans les médias

De toutes les questions liées aux médias, la violence semble être celle ayant reçu l'attention la plus pointue, et ce n'est pas par simple caprice :

  • Au moment où l'enfant canadien moyen atteint la sixième année scolaire, il a vu environ 100 000 actes de violence à la télévision et a été exposé à quelque 12 000 meurtres.71 Tout cela malgré le fait que l'index de la violence était de 23,4 % plus faible à la télévision canadienne par rapport à la télévision américaine, selon une étude menée en 1994 par les chercheurs Guy Paquette et Jacques DeGuise.72
  • La programmation pour enfants, particulièrement les dessins animés, contient plus d'actes de violence à l'heure que toute autre programmation à la télévision. Les programmes pour enfants étaient 68 % plus violents que ceux pour adultes et dépeignaient quatre fois plus de séquences violentes à l'heure.73
  • La culture de la violence dans les médias est un phénomène mondial. Une étude récente produite par l'UNESCO révèle que près de 90 % des écoliers de 12 ans dans 23 pays connaissent des personnages violents comme Terminator et Rambo.74
  • Une enquête réalisée auprès de 364 élèves de quatrième et cinquième année a conclu que les filles étaient plus susceptibles d'adopter le comportement agressif des garçons après avoir joué des jeux vidéo violents.75
  • Des études longitudinales qui suivent les habitudes télévisuelles et les tendances comportementales d'une seule personne dans le temps ont constaté que les garçons de huit ans qui regardaient les programmes les plus violents pendant leur jeune âge étaient les plus susceptibles d'adopter un comportement agressif et délinquant vers 18 ans et un comportement criminel grave avant leurs trente ans.76

Beaucoup de parents s'efforcent d'exercer un certain contrôle sur la consommation médiatique de leurs enfants, particulièrement quand ils sont jeunes. Soixante-quinze pour cent des parents ont changé de chaîne de télé ou quitter un cinéma parce que le spectacle était trop violent. En outre, 79 % ont établi des règles fermes à la maison concernant la période où leurs enfants peuvent regarder la télévision.77 Cependant, la violence télévisuelle a l'habitude de se pointer à des heures où on s'y attend le moins. L'étude Paquette et De Guise, par exemple, a révélé que la période où il y a le plus de violence se situe entre 18 et 19 heures. En fin de semaine, la période avant 18 heures est la plus violente.

Conséquences de la violence dans les médias

À ce jour, plus de 3 000 études ont été réalisées concernant les effets de la violence télévisuelle sur les enfants. Après avoir analysé des centaines de ces études, le CRTC, la American Psychological Association et la American Medical Association ont conclu que la violence dans les médias avait un impact sur les jeunes gens.

En 1995, le ministère du Patrimoine canadien a demandé à Wendy Josephson, Ph. D., d'examiner les études majeures afin de classer les effets de la violence télévisuelle sur les enfants de différents âges. L'étude est une analyse de la documentation sur le contenu télévisuel que voient les enfants, le contexte dans lequel ils le regardent et la signification qu'ils en tirent. Elle a conclu qu'un enfant exposé à la violence dans les médias :

  • peut devenir insensible à la violence dans la « vraie vie »
  • peut en venir à considérer le monde comme un endroit dur et inquiétant
  • peut en venir à s'attendre à ce que les autres recourent à la violence physique pour résoudre les conflits

En outre :

  • l Les poupons font surtout l'expérience de la télévision comme des bribes de son et de lumière qu'ils peuvent, par intermittence, relier en combinaisons significatives comme des personnages humains ou des animaux reconnaissables.
  • Les tout-petits sont susceptibles de porter davantage attention à la télévision et à imiter ce qu'ils voient et entendent. Les habitudes télévisuelles acquises à cet âge influeront sur leurs habitudes télévisuelles toute leur vie.
  • Comme les tout-petits préfèrent de beaucoup les dessins animés et d'autres programmes aux personnages agiles, il y a une forte probabilité qu'ils soient exposés à beaucoup de violence.
  • À l'âge préscolaire (trois à cinq ans), les enfants sont attirés par des personnages colorés communs aux dessins animés. Ils sont peu susceptibles de placer en contexte la violence des dessins animés puisqu'ils ne saisiront probablement pas toute information capable d'atténuer les subtilités relatives à la motivation et aux conséquences.
  • Les enfants d'âge préscolaire adoptent un comportement plus agressif qu'à l'accoutumé dans leur jeu après avoir regardé un programme de télé rempli d'action, mais surtout après avoir vu de la violence à la télévision.
  • À huit ans, les enfants sont particulièrement susceptibles de devenir plus agressifs après voir vu de la violence à la télé s'ils croient qu'elle reflète la vraie vie, s'ils s'identifient avec un héros violent (comme le font souvent les garçons) ou s'ils s'adonnent à des fantasmes agressifs.
  • Pendant l'adolescence (12 - 17 ans), les jeunes gens regardent moins de télé que lorsqu'ils étaient plus jeunes et la regardent moins avec leurs parents. Les jeunes développent une préférence pour les vidéoclips, les films d'horreur et les vidéocassettes pornographiques (surtout les garçons).
  • La tendance des adolescents à défier l'autorité traditionnelle les rend particulièrement susceptibles d'imiter certains genres de violence télévisuelle, de crimes et de comportements suicidaires. Cependant, ces actes imitatifs ne touchent qu'un petit pourcentage d'adolescents.

Qui raconte les histoires? Évolution du rôle de la famille dans une culture médiatisée

Conséquences de la violence dans les médias - Suite

  • Les enfants les plus vulnérables aux effets de la violence télévisuelle peuvent être ceux dont les parents sont les moins susceptibles d'être des médiateurs vigilants (par exemple, des parents maltraitants ou des parents de famille en détresse).78

Il peut être très tentant de mettre l'accent sur la violence dans les médias sans porter attention à la culture dans son ensemble. (Quand on leur demande de choisir des mesures qui réduiraient « de beaucoup » les crimes avec violence, un grand nombre d'Américains choisissent plus souvent de réduire la violence télévisuelle que le contrôle des armes à feu.79) Il faut plus que des programmes de télévision, des films, des jeux vidéo et des paroles avilissantes pour transformer les enfants en adultes violents. L'expérience réelle avec la pauvreté, la violence, les mauvais traitements ou la négligence est un déterminant très puissant. Une chose est certaine : la violence dans les médias exerce un impact beaucoup plus grand sur les enfants ayant eux-mêmes été victimes de violence et qui la considèrent comme « naturelle ».

Un mot à la défense des superhéros et des figurines articulées d'action

Beaucoup d'enfants ont besoin des héros médiatiques et les utilisent comme modèles à émuler pour les aider à faire face aux situations difficiles et à s'en échapper. Dans une récente étude sur la violence dans les médias à l'échelle mondiale menée par l'UNESCO, 51 % des enfants de quartiers à taux d'agression élevé désiraient ressembler à Terminator par rapport à 37 % dans les milieux à faible taux d'agressivité.80 Comme les éducateurs le soulignent dans Responding to Media Violence, souvent, l'attrait de telles images provient des instructions qu'elles offrent aux jeunes sur comment être forts, se protéger et devenir l'agresseur plutôt que la victime.81

Tatiana Merlo-Flores, chercheuse argentine, a passé vingt ans à étudier la relation des enfants avec la télévision. Elle croit que la télé a levé le voile sur la répression pour nous donner un aperçu du côté négatif de la nature humaine. Les jeunes gens perçoivent la violence, l'envie, la misère présentées dans un programme à forte cote d'écoute comme se rapportant à eux. Au plus profond d'eux-mêmes, ils s'y reconnaissent et apprennent à se connaître sous des angles jadis interdits. Elle souligne aussi que les enfants ou les adolescents aux prises avec des problèmes de solitude, d'abandon ou de frustration tenteront de compenser ces situations en regardant des programmes - des bandes dessinées, par exemple - destinés principalement aux enfants. L'absence de modèles à émuler adéquats dans la vraie vie pousse les enfants à se trouver des héros à l'écran à la fois immortels et respectés.82

Improbable vérité : Le jeu violent n'entraîne aucune conséquence

George Gerbner, doyen émérite de la Annenberg School of Communications et pionnier des études de la violence dans les médias, attire souvent l'attention sur la prépondérance de ce qu'il appelle « la violence joyeuse », c'est-à-dire sans douleur ni conséquence.

  • Selon l'étude intitulée Unesco Global Study on Media Violence, l'impact de la violence dans les médias prend autant d'importance surtout parce que le comportement agressif est récompensé.
  • La National Television Violence Study, financé par les câblodiffuseurs américains, a analysé le contexte dans lequel la violence a été dépeinte et constaté que les auteurs d'actes violents étaient impunis dans 73 % des cas. Les personnages méchants sont punis 62 % du temps par rapport à 15 % du temps pour les bons personnages. Quarante-sept pour cent de toutes les interactions violentes ne témoignaient d'aucun préjudice subis par les victimes et 58 % ne montraient aucune douleur. Les conséquences à plus long terme, comme le préjudice financier ou psychologique, n'étaient exprimées que dans 16 % des cas.83
  • Vingt-cinq pour cent de tous les actes de violence à la télévision impliquent l'utilisation d'un revolver. Seulement 4 % des programmes avec violence mettaient l'accent sur des options de rechange non violentes pour résoudre les problèmes.
  • Les programmes pour enfants posaient particulièrement problème parce qu'ils étaient les moins susceptibles de signaler les conséquences à long terme de la violence (5 %) en plus de dépeindre la violence de façon humoristique dans 67 % des cas.

La représentation du monde extérieur dans les médias

Gerbner a entrepris une vaste étude sur les effets de la violence télévisuelle. Contrairement à la croyance populaire, il a constaté qu'en réalité l'assiduité devant le petit écran entraîne la peur de la violence :

« Les téléspectateurs assidus souffrent du 'syndrome du méchant monde', avec toutes les sortes de conséquences qui s'en suivent. Ces personnes sont plus susceptibles de surestimer leurs risques d'être confrontées à la violence, de croire que leurs quartiers sont insécuritaires et de présumer que le crime est en hausse, que ce soit le cas ou non. » 84[Traduction]

Les raisons du 'syndrome du méchant monde' s'expliquent facilement. Le crime avec violence est beaucoup plus répandu à la télévision que dans la vraie vie. « Depuis 1955, les personnages à la télévision ont été assassinés à un rythme 1 000 fois plus élevé que les victimes dans la vraie vie.85 » Les nouvelles exercent encore plus d'influence que les programmes de divertissement télévisuel pour créer le sentiment d'un monde rempli de dangers grandissants.

Comment les Canadiens s'informent sur le monde

  • Une large majorité (81 %) des Canadiens regardent les nouvelles sur une chaîne de télévision nationale ou locale pour s'informer. Les deux tiers environ (67 %) préfèrent regarder des chaînes spécialisées dans les nouvelles comme Radio-Canada, RDI ou CNN. Soixante-cinq pour cent regardent les magazines télévisuels de nouvelles comme La facture ou Enjeux.
  • Les quotidiens, lus par 73 % des Canadiens, suivent de près les nouvelles à la télévision.
  • Environ 63 % des Canadiens écoutent les nouvelles à la radio -environ 15 % de plus qu'en 1997.
  • Les magazines axés sur les nouvelles, comme L'Actualité ou L'Express, sont moins populaires et lus par un peu plus du quart des Canadiens (27 %).
  • Le moins populaire jusqu'à maintenant est l'Internet : seulement une personne sur six (15 %) surfe le Net pour les nouvelles.86

La violence et les nouvelles

De nombreuses familles ont fait du téléjournal de six heures un rituel quotidien. Cependant, pour beaucoup d'enfants, les images dépeignant le chaos et le désastre réels peuvent être écrasantes. Comme le dit une fillette de six ans, la chose la plus épeurante à la télé sont les nouvelles. Ce phénomène tient en partie au fait que les nouvelles à la télévision sont devenues rentables, donc influencées par les cotes d'écoute et, par conséquent, le quotient de violence a augmenté de façon marquée. Le National Media Archive a utilisé l'option recherche de textes de sa base de données pour repérer les articles sur les meurtres. L'étude a examiné 1 917 nouvelles du réseau anglais de Radio-Canada et 1 593 du réseau CTV entre le 19 janvier et le 30 juin 1995.

  • Même si le taux de meurtres pour 1994 a diminué de 8 %, les rapports sur les meurtres étaient 33 % plus fréquents que l'année précédente.
  • De 75 à 98 % des nouvelles mettaient l'accent sur les meurtres commis par des étrangers. Toutefois, au cours des sept dernières années, le taux de meurtres gratuits s'est maintenu dans une fourchette de 12 à 18 % par rapport à l'ensemble des meurtres.87

Les enfants dans les nouvelles

Dale Kunkel, critique américain des médias, a regardé tous les soirs pendant le mois de novembre 1993 les téléjournaux des réseaux ABC, CBS et NBC. Il a aussi examiné le contenu de cinq journaux américains majeurs pendant la même période. Il a constaté que :

  • 48 % de toutes les nouvelles télévisées et 40 % de tous les articles sur les enfants dans les journaux comprenaient des reportages sur le crime et la violence. Le fait de trop mettre l'accent sur le crime gratuit avec violence amène les téléspectateurs à considérer leur société plus violente qu'elle ne l'est en réalité.
  • Les enfants ou les parents sont cités comme sources d'information dans seulement le quart des reportages concernant les enfants.88

Et qu'en est-il des enfants eux-mêmes? Que pensent-ils de la couverture des nouvelles par les médias? Pour le savoir, une organisation américaine de défense des intérêts, Children Now, a mené en 1994 une enquête auprès de 850 jeunes âgés de 11 à 16 ans. Elle a découvert que :

  • Plus de la moitié des enfants ont rapporté être fâchés, tristes ou déprimés après avoir regardé les nouvelles.
  • Soixante-et-un pour cent des jeunes gens ont dit que les enfants de leur âge qu'ils voyaient aux nouvelles étaient impliqués dans le crime, la drogue ou la violence.
  • Les enfants ont hâte d'entendre des nouvelles plus positives à leur sujet.
  • À la question de savoir quelle couverture les jeunes souhaitaient que les médias d'information fassent sur les enfants de leur âge, 44 % ont dit des jeunes « menant des actions positives », « se tenant à l'écart du trouble » ou « aidant à protéger l'environne- ment ».89

Les jeux vidéo

Les jeux vidéo allient le rôle de téléspectateur à l'interactivité informatique. Ils l'ont fait au rythme de 30 milliards de dollars en 1998 pour les entreprises qui conçoivent, produisent et distribuent les jeux. Stephen Kline, auteur d'une étude réalisée en 1998 et intitulée « Video Game Culture » soutient que pour conserver leur part du marché, certaines entreprises qui produisent des jeux doivent continuer à satisfaire la demande pour du matériel plus extrême. Selon Kline, l'introduction de la vidéo animée, une technologie graphique plus réaliste et des amplificateurs de son puissants, comme un système disponible sous peu et appelé «audio positionnel en 3D ont produit ce qu'il qualifie « de graphicage accru de la violence ».90

Les enfants dans un âge de grande consommation

Les enfants pourraient, en fait, être le trésor d'un pays. Le fait est que, dernièrement, ce sentiment a commencé à vouloir dire autre chose. De plus en plus, nos jeunes ne sont plus principalement considérés comme une ressource individuelle et collective dont il faut prendre soin, mais comme un marché naissant à exploiter. La logique qui sous-tend cette nouvelle perception n'est pas difficile à déceler.

Plaire aux enfants donne aux entreprises une occasion en or pour encourager un lien qui pourrait durer toute la vie. American Demographics estime qu'un client à vie pourrait valoir 100 000 $ au détaillant - voilà pourquoi il vaut la peine de comprendre et d'anticiper les besoins et les désirs des consommateurs, même les plus petits.91 [Traduction]

La commercialisation axée sur les enfants représente maintenant une affaire de plusieurs millions de dollars. La capacité de dépense directe des enfants, dont la presque totalité est discrétionnaire, a connu une croissance notable ces dernières années. Au Canada, quatre millions d'enfants de deux à douze ans dépensent 1,5 milliards de dollars de leur propre argent par an et influent sur l'achat d'articles domestiques à hauteur de 15 milliards de dollars additionnels. 92En 1995, selon Interactive Marketing News and Youth Markets, les enfants américains de moins de 12 ans ont dépensé 14 milliards de dollars par rapport à 67 milliards de dollars pour les adolescents, tandis que les deux groupes confondus ont influé sur les dépenses annuelles de leurs parents pour 160 milliards de dollars additionnels.93

De toute évidence, les médias jouent un rôle crucial pour transformer les enfants en consommateurs :

  • Durant les heures de grande écoute, chacun des réseaux américains montre plus de 15 minutes de messages publicitaires et promotionnels en moyenne par heure. Pour les programmes présentés durant le jour, le nombre monte à 20. Cela signifie qu'un téléspectateur est susceptible de voir dix-huit messages publicitaires de 30 secondes en une heure.94
  • Les enfants canadiens voient en moyenne 20 000 messages publicitaires par année à la télévision, soit 200 000 au total, entre leur deuxième et douzième anniversaire (plus de deux mois de temps d'éveil). Par conséquent, il n'est pas surprenant qu'un si grand nombre d'entre eux scandent des slogans de publicité au lieu de comptines comme à l'époque.95
  • Une étude américaine sur les annonces télévisées préférées des enfants a constaté que 9 600 enfants de 6 à 17 ans pouvaient en identifier plus de 240 sans aide.96
  • Les annonceurs américains dépensent environ 700 millions de dollars américains par an pour la publicité destinée aux enfants. La télévision est de loin le médium favori pour rejoindre les enfants avec plus de 350 millions de dollars américains en publicité.97
  • De toutes les provinces canadiennes, seul le Québec possède les restrictions les plus sévères concernant la publicité visant les enfants. En 1980, toute annonce publicitaire destinée aux enfants de moins de 13 ans a été interdite au Québec en vertu de la Loi sur la protection du consommateur.98

Le ciblage des enfants comme consommateurs a considérablement augmenté la pression placée sur les parents du genre « achète-moi ça », une demande constamment alimentée par le matraquage publicitaire qui cible les petits, mais puissants, membres de la famille.

Publicité et développement de l'enfant

Petite enfance (2-4 ans environ). Les enfants de cet âge ne distinguent pas entre les programmes et les annonces publicitaires. Ils ignorent que ces annonces ont pour but de vendre un produit.

Petite à moyenne enfance (4-7 ans environ). Vers la fin de cette tranche d'âge, les enfants font la distinction entre les annonces publicitaires et les programmes, mais aiment tout de même les annonces et les utilisent comme source d'information sur le monde - les produits à manger, à acheter, les jeux.

Moyenne à grande enfance (7-10 ans environ). Les enfants de cet âge savent que les annonces publicitaires visent à leur vendre quelque chose, mais aiment encore les regarder.

Grande enfance (10-14 ans environ). À ce stade, les enfants regardent les annonces publicitaires d'un oeil critique, cherchant à trouver les trucs utilisés par les annonceurs pour les accrocher.99

Le monde du jeu au pays des grandes entreprises

Un climat culturel où les enfants sont avant tout considérés comme des consommateurs est plus que susceptible de produire du matériel qui dépossède les enfants de leur besoin d'émerveillement. Dans son livre Creating Ever-Cool: A Marketer's Guide to a Kid's Heart, Gene Del Vechhio énonce très clairement comment les besoins des enfants et le marché se rejoignent : les lacunes psychiques sont des composantes non satisfaites de l'aspect psychique de l'enfant. D'où les possibilités qui s'offrent aux marques et idées potentiellement nouvelles.100

À l'heure de la convergence entre les intérêts culturels et d'affaires, le monde du jeu des enfants -- non structuré, tactile, mû par l'imagination et la curiosité -- a de plus en plus été remplacé par un monde très structuré de divertissement pour enfants. Une des études les plus exhaustives sur cette convergence a été réalisée par Stephen Kline sous le titre Out of the Garden: TV and Children's Culture in an Age of TV Marketing.

Voici quelques points saillants et observations percutantes de l'étude :

  • Le parent moderne a peu de temps à consacrer aux activités familiales traditionnelles. En outre, on négocie de plus en plus les interactions parent-enfant et beaucoup d'enfants doivent se passer du temps ou de l'attention de leurs parents. Nous donnons à nos enfants des cassettes au lieu de chanter avec ou pour eux. Nous regardons des oeuvres imaginaires à la télé avec les enfants plutôt que de leur faire des lectures ou de leur raconter des histoires. Nous leur donnons un Nintendo, mais ne leur apprenons pas des jeux ou à faire de l'artisanat comme le tricot, la menuiserie ou le jardinage pour développer leurs aptitudes manuelles.
  • La culture du jeu chez nos enfants est surtout conçue et créée par des stratèges en commercialisation.
  • La possibilité de rejoindre de grands auditoires d'enfants par la télévision a été un point central dans la conception de nouvelles orientations publicitaires.
  • En 1982, l'administration Reagan a abrogé la loi interdisant les programmes de télévision pour enfants qui étaient des annonces publicitaires à peine déguisées. La commercialisation des personnages et l'homologation de produits liés aux « secteurs de la culture » ont prospéré. Il en a été de même pour des magasins comme Toys 'R' Us.
  • Les dessins animés coûtent moins cher à produire et à traduire en langues étrangères que les séries dramatiques. En outre, ils se prêtent mieux à la commercialisation des personnages qui ont pratiquement éliminé les images de vrais enfants jouant dans le cours normal de leur vie.
  • Le fait de s'amuser avec des personnages-jouets tend à refaçonner le jeu imaginatif des enfants selon les scénarios télévisuels en plus d'encourager un jeu davantage stéréotypé et basé sur les rôles masculins-féminins. (Même si certains garçons pourraient être disposés à apporter le dernier personnage He-Man dans la maison pour jouer, ils ne sont probablement pas nombreux.)101

Dans Kid Culture: Children and Adults and Popular Culture, Kathleen McDonnell semble rassurante par rapport à ce que l'on retrouve dans la plupart des documents de recherche sur l'influence de la culture populaire et des expériences avec les médias sur la vie et le développement des enfants. À l'instar d'autres chercheurs et écrivains de la culture populaire, par exemple John Fiske dans Reading the Popular, elle soutient que les enfants ne sont pas uniquement des récepteurs passifs de la culture populaire. Ils s'intéressent plutôt activement à accepter, à rejeter ou à transformer ce qu'ils reçoivent pour créer leurs propres versions.102

Publicité pour les enfants sur l'Internet

Au Canada, les annonceurs doivent respecter un ensemble de normes nationales quand ils vantent leurs produits à la télévision « aux personnes de moins de 12 ans ». Les règlements sont exposés dans le Code de la publicité radiotélévisée destinée aux enfants, dont l'élaboration fait suite aux pressions exercées par des parents et des groupes de consommateurs.

Aucun règlement de ce genre n'existe à l'heure actuelle concernant les éléments publicitaires destinés aux enfants sur les sites Internet. La nécessité de tels règlements a été soulignée dans un rapport publié en 1996 par le Center for Media Education de Washington et intitulé Web of Deception: Threats to Children from Online Marketing. Le rapport a signalé des pratiques non réglementées, entre autres :

  • l'utilisation de prix, de jeux et de sondages pour recueillir de l'information personnelle auprès des enfants
  • la surveillance des activités en ligne des enfants et la compilation de profils personnels détaillés
  • le microciblage, c.-à-d. la conception de publicité personnalisée destinée à des enfants particuliers
  • l'amalgamation du contenu et des annonces
  • la création de personnages porte-parole pour le produit afin de développer des relations interactives avec les enfants (une tactique qui brouille souvent les pistes entre le divertissement, l'information et la publicité).

Respect de la vie privée des enfants en ligne

La U.S. Federal Trade Commission (FTC) a examiné 1 400 sites Web, dont 200 pour enfants, dans le cadre de son étude sur le respect de la vie privée en ligne. Plus de 85 % des sites examinés collectaient des renseignements personnels auprès des consommateurs et seulement 14 % indiquaient leurs pratiques concernant les renseignements recueillis. Environ 2 % étaient dotés d'une politique exhaustive sur la protection de la vie privée.

La grande majorité (89 %) des sites pour enfants examinés collectaient des renseignements personnels auprès des enfants. Même si 54 % de ces sites divulguaient de quelque façon leur pratique en matière de collecte de renseignements, seulement 23 % demandaient aux enfants d'obtenir la permission de leurs parents avant d'en divulguer. Le tableau ci-dessous indique les types de renseignements recueillis auprès des enfants.

. % DES SITES COLLECTANT DES RENSEIGNEMENTS PERSONNELS103
Nom 74
Adresse de courrier électronique 96
Adresse postale 49
Numéro de téléphone 24
Numéro de télécopieur 6
Numéro de carte de crédit 0
Numéro d'assurance sociale 1
Âge/date de naissance 46
Sexe 25
Éducation 7
Occupation 3
Revenu 3
Passe-temps 9
Intérêts 18
Équipement/logiciel 13

Publicité destinée aux jeunes sur l'alcool et le tabac

Le rapport de recherche publié en 1998 par le Center for Media Education, Alcohol and Tobacco on the Web: New Threats to Youth, a révélé que :

  • Les grandes entreprises de boissons alcoolisées sont de plus en plus présentes sur le Web avec plus de 35 marques représentées.
  • Les nombreux sites Web et pages d'accueil consacrés au tabagisme ont contribué à encourager en direct la culture « fumer c'est cool ».
  • Les sites Web faisant la promotion de l'alcool et du tabac utilisent un certain nombre de techniques particulièrement attirantes pour les enfants et les jeunes, y compris :
    • les thèmes et les symboles de la culture populaire des jeunes comme des entrevues avec des vedettes rock
    • des jeux et des concours interactifs
    • des marchandises de marque et des cadeaux, y compris des vêtements, des clips de musique rock et des cartes-postales par courrier électronique avec des logos d'entreprise
    • des groupes de bavardage sous forme de clubs, de murs de graffiti et de bars virtuels
    • magazines et sondages sur la publicité en ligne

Orientations futures

Compte tenu de l'influence convaincante et envahissante des médias dans la société, quelles sont les stratégies possibles qui s'imposent? Les trois stratégies proposées dans la Global Study on Violence de l'UNESCO :
  • Débat public et discussions « terrain d'entente » entre les cinq 'P', soit les politiciens, les producteurs, la pédagogie, les parents et les futurs proconsommateurs (consommateurs actifs)
  • Élaboration de codes de conduite et développement de la maîtrise de soi entre les professionnels des médias
  • Lancement de l'éducation sur les médias pour former des utilisateurs de médias avertis et critiques.

Information sur la recherche en cours

Pour obtenir des rapports à jour sur les développements dans les médias, visitez régulièrement les sites Web ci-après :

Réseau éducation-médias : http://www.media-awareness.ca Le meilleur site canadien pour obtenir de l'information sur les connaissances médiatiques.

Center for Media Education : http://tap.epn.org/cme/index.html Une organisation américaine sans but lucratif qui se consacre à l'amélioration de la qualité des médias électroniques, particulièrement au nom des enfants et des familles.

Media Literacy On-Line Project : http://interact.uoregon.edu/medialit/MLR/home/ Une liste exhaustive de matériel.
[n'est plus disponible voir http://interact.uoregon.edu/medialit/MLR/home/]

Children Now : http://www.childrennow.org Le Children and Media Program de cette organisation américaine de défense des intérêts des enfants organise une conférence annuelle et commande des études annuelles.

Alliance pour l'enfant et la télévision : http://www.act-aet.tv Le mandat de l'AET - enrichir l'expérience télévisuelle des enfants à la maison - est actualisé par le biais de séminaires, de publications, de soumissions et de présentations à différents organismes gouvernementaux.

Conclusion

Qu'on les aime ou qu'on les déteste, les médias font partie de notre quotidien. Dans certains foyers, on allume la télé en prenant la première tasse de café et pour de nombreuses personnes, la lumière de l'écran est la dernière chose qu'elles voient avant d'aller au lit. Si on tient compte des ordinateurs, des appareils de jeux vidéo, des lecteurs de disques compacts et des magnétophones, il est évident que les aspects privés de notre vie font de plus en plus partie du monde branché.

Mais, qu'arrive-t-il quand les technologies électroniques sont introduites dans le foyer? Est-ce qu'elles encouragent ou empêchent l'interaction entre les membres de la famille? Est-ce qu'elles les rassemblent ou les séparent? De toute évidence, tout dépend des utilisations qu'on en fait. Les personnes de plus de 55 ans, par exemple, se connectent de plus en plus rapidement à l'Internet parce qu'elles se rendent compte que le courrier électronique leur permet d'être en contact constant avec leurs enfants et leurs petits-enfants qui ne vivent pas aux alentours. Par ailleurs, on parle aussi de familles sérieusement perturbées par la passion pour l'Internet d'un des parents ou des enfants.

Beaucoup de familles ont établi des règlements sur quand et pour combien de temps la télévision, l'ordinateur ou le système de jeux vidéo peut être utilisé, d'autres n'en ont pas. Dans certains cas, regarder la télé ou utiliser l'ordinateur constitue une activité individuelle; dans d'autres foyers, la télévision ou l'ordinateur est installé dans le salon ou un autre point central et fait partie des activités générales de la famille.

Une chose est certaine : les médias sont à ce point envahissants et influents - en termes d'utilisation du temps familial et de leur pouvoir de socialisation - que les parents doivent aider leurs enfants à devenir des utilisateurs avertis des médias. Les enfants peuvent être très familiers avec le contenu des médias, mais cela ne signifie pas nécessairement qu'ils possèdent une connaissance critique de ce que signifie 'contenu'. Enseigner à ses enfants à devenir des consommateurs avisés des médias fait autant partie du rôle parental aujourd'hui que de leur enseigner d'autres compétences fondamentales.

Cela est vrai pour la télévision, mais les choses se compliquent quand il s'agit du monde digital. Les enfants et les jeunes sont plus à l'aise dans ce domaine et le connaissent mieux que la majorité de leurs aînés. Cependant, cela ne diminue pas la nécessité pour les parents de savoir ce que leurs enfants font en ligne. Explorer certaines des richesses des nouveaux médias peut aussi être une activité partagée entre les parents et les enfants. N'oublions pas qu'interactif équivaut à interaction, qui implique connexion. Et, la connexion est ce qui maintient la force dans la famille.

Bibliographie

1. « L'équipement ménager », Statistique Canada, 1997 et « Home PC and Entertainment Study », AC Nielsen, mars 1998.

2. « Did You Know », Newspaper Audience Database, avril 1998.

3. Article du Globe and Mail, 23 mai 1997, sur Ted Swart du département de l'informatique et des sciences de l'information de l'Université de Guelph, qui a traité les données.

4. Globe and Mail, 27 mai 1998.

5. « On-line Access and Participation in Canadian Society », rapport de Patrimoine canadien, mars 1998.

6. « L'équipement ménager », Statistique Canada, 1997.

7. Toronto Star, 17 septembre 1998, p. G2.

8. Statistique Canada, tel que cité dans The Globe and Mail, 19 octobre 1998.

9. Lester C. Thurow. « Changes in Capitalism Render One-earner Families
Obsolete », USA Today, 28 janvier 1997, p. 7a.

10. 1996 Newspaper Survey, NADbank (filiale des enquêtes de la Canadian Daily Newspaper Association), août 1996.

11. « La lecture, activité de détente », Tendances sociales canadiennes, automne 1997.

12. Enquête 'Canadian Radio Listening Habits', Sondages BBM, 1997.

13. Statistique Canada, automne 1996.

14. « Television in the Home, 1998: Third Annual National Survey of Parents and Children », Annenberg Policy Centre, 22 juin 1998.

15. The American Internet User Survey, décembre 1995. Recherche et élaboration par FIND/SVP. Présenté conjointement avec HFS Consulting et C+C Data, Inc., et parrainé par 30 grandes entreprises ayant des intérêts dans l'Internet.

16. Stephen Kline. « Video Game Culture: Leisure and Play Preferences of B.C. Teens », Université Simon Fraser, octobre 1998.

17. « Interactive Video Games », Mediascope, juin 1996.

18. « Canadians and the Internet », Angus Reid, 1997.

19. « Information Highway and the Canadian Communications Household », Ekos Research Associates Inc., 23 février 1997.

20. « Enquête 'Cinémas' », Statistique Canada, 1998.

21. « The USSB Telescoop Survey », novembre 1995. Enquête réalisée par United States Satellite Broadcasting.

22. Enquête annuelle menée par ChildWise Monitor, un groupe d'enquête sur la jeunesse. Citée dans le Ottawa Citizen, 13 avril 1998.

23. « Sending Signals: Kids Speak Out About Values in the Media », 1995. Un sondage de Children Now Poll mené par Fairbank, Maslin, Maullin & Associates (É.-U.A.).

24. Marshall et Hazlett, 1992.

25. Health Promotion Survey, 1993, Santé et Bien-être social Canada.

26. Rapport annuel 1996, Institut canadien de la recherche sur la condition physique et le mode de vie. Dans 37. « The Keyboard Kids », Newsweek, 8 juin 1998, p. 72-73.

27. John Hopkins University Newsletter, juin 1998.

28. Stephen Kline. Out of the Garden: Toys and Children's Culture in an Age of TV Marketing (Londres/New York : Verso, 1993).

29. Stephen Kline. « Video Game Culture: Leisure and Play Preferences of B.C.Teens », Université Simon Fraser, octobre 1998.

30. International Adult Literacy Survey (IALS), décembre 1995, collaboration entre sept gouvernements et trois organisations intergouvernementales.

31. « Nintendo Neurology », Scientific American, août 1998. Tiré de « The New Dope on Video Games », par Douglas Rushkoff, The Globe and Mail, 5 septembre 1998.

32. Voir note no 16 pour citation.

33. Tel que décrit dans « Web of Deception: On-line Marketing to Children », mars 1996, produit par le Center for Media Education.

34. Statistique Canada, Enquête sociale générale 1994

35. Don Tapscott. Growing Up Digital: The Rise of the Net Generation (Toronto : McGraw Hill, 1998), p. 37.

36. The American Internet User Survey, décembre 1995. Recherche et élaboration par FIND/SVP: The Emerging Technology Research Group.

37. « The Keyboard Kids », Newsweek, 8 juin 1998, p. 72-73.

38. Cité dans le Ottawa Citizen, 18 mars 1998.

39. « Conventional Wisdom about Women and Internet Use; Refuting Traditional Perceptions A», Université Vanderbilt, avril 1998.

40. « The American Learning Household Survey: A Study of Household Demand for Educational Programming, Software and Technology », septembre 1995. Enquête menée par FIND/SVP: The Emerging Technology Group.

41. Statistiques du U.S. Commerce Department citées dans le Ottawa Citizen, 16 avril 1998.

42. « On-Line Access and Participation in Canadian Society », un rapport de Patrimoine canadien, mars 1998.

43. « Nielsen/Nordicity Canadian Internet Survey », novembre 1995. Enquête réalisée par ACNielsen Canada et Nordicity Group Ltd.

44. « Dismantling the Barriers to Global Electronic Commerce », Organization for Economic Co-operation and Development, Paris, France, 20 mars 1997.

45. « Regulating the Web », Association canadienne des radiodiffuseurs, août 1997.

46. « WebTV Squeezes More Out of the Tube », Globe and Mail, 13 juin 1998.

47. Kathryn C. Montgomery, « Children in the Digital Age », The American Prospect, no 27, juillet-août 1996.

48. Bruce Little, « Crunching Numbers on Who Owns Computers », The Globe and Mail, 8 juillet 1996.

49. Statistique Canada, tel que cité dans The Globe and Mail, 8 juin 1998.

50. « Information Highway and the Canadian Communications Household », Ekos Research Associates Inc., 23 février 1998.

51. Toronto Star, 17 septembre 1998.

52. Gene Del Vecchio. Creating Ever-cool: The Marketer's Guide to a Kid's Heart, (Lousiane : Pelican Press, 1997).

53. Douglas Rushkoff. « Much of What We Call Interactive Really Isn't », The Globe and Mail, 13 juin 1998, p. C19.

54. Statistics Department, net.LEARNING, 1998.

55. Jo Groebel. « The UNESCO Global Study on Media Violence », dans Children and Media Violence: Yearbook from the International Clearinghouse on Children and Media Violence on the Screen (Suède : UNESCO, 1998).

56. Données fournies par le frère John Pugente, Jesuit Communication Project, Toronto, Ont.

57. Joshua Meyerowitz. No Sense of Place (Londres/New York : Oxford, 1985).

58. Enquête citée dans The Ottawa Citizen, 13 avril 1998.

59. Media and Society (Montréal : Office national du film, 1989). 60. « The Reflection on the Screen: Television's Image of Children », Children Now, 1995.

60. « The Reflection on the Screen: Television's Image of Children », Children Now, 1995.

61. Eugene Provenzo. Video Kids: Making Sense of Nintendo (Mass. : Harvard University Press, 1991.

62. « A Different World: Children's Perceptions of Race and Class in Media », 1998. Réalisé pour Children Now.

63. « Aggressors or Victims: Gender and Race in Music Video Violence », Pediatrics, 1998:101.

64. « Sending Signals: Kids Speak Out About Values in the Media », 1995. Sondage réalisé auprès de 750 enfants âgés de 10 à 16 ans, mené pour Children Now par Fairbank, Maslin, Maullin and Associates.

65. « A Different World: Children's Perceptions of Race and Class in Media », 1998. Mené par Lake Sosin Snell Perry and Associates et Motivational Educational Entertainment (MEE) pour Children Now.

66. Ross E. Andersen et al. « Relationship of Physical Activity and Television Watching With Body Weight and Level of Fatness Among Children », JAMA, 1998; 279:938-942.

67. Milton Chen. Smart Parents Guide to Kids TV (San Francisco : KQED Books, 1994).

68. « Reflections of Girls in the Media »: A Content Analysis Across Six Media, 1997. Étude commandée par Children Now et The Kaiser Family Foundation.

69. J.V.P. Check et al., « A Survey of Canadians' Attitude Regarding Sexual Content in the Media », Rapport no 11, La Marsh Research Programme on Violence and Conflict Resolution, Université York, 1985.

70. « Sex, Kids and the Family Hour », 1996. Commandé par Children Now et The Kaiser Family Foundation.

71. Wendy Josephson, Television Violence: A Review of the Effects on Children of Different Ages, 1995, Patrimoine canadien, 1995.

72. Guy Paquette et Jacques De Guise. « An Index of Violence on Canadian Television », 1994.

73. G. Paquette et J. De Guise, « An Index of Violence on Canadian Television », 1994.

74. Jo Groebel. « The UNESCO Global Study on Media Violence » dans Children and Media Violence: Yearbook from the International Clearinghouse on Children and Media Violence on the Screen (Suède : UNESCO, 1998).

75. J.B. Funk et al. « Re-evaluating the Impact of Video Games », Clinical Pediatrics, février 1993.

76. Leonard Eron, Ph. D., Université de l'Illinois à Chicago. Témoignage devant le Senate Committee on Commerce, Science and Transportation, Subcommittee on Communications (États-Unis), 12 juin 1995.

77. « Media Violence Survey », 13 août 1996. American Medical Association.

78. Wendy L. Josephson, Ph. d., « Television Violence: A Review of the Effects on Children of Different Ages », Patrimoine canadien, Ottawa, Ontario, 1995.

79. R.S. Lichter, « Bam! Whoosh! Crack! TV Worth Squelching ». The Washington Times, 19 décembre 1994.

80. Jo Groebel. « The UNESCO Global Study on Media Violence » dans Children and Media Violence: Yearbook from the International Clearinghouse on Children and Media Violence on the Screen (Suède : UNESCO, 1998).

81. Responding to Media Violence: Starting Points for Classroom Practice, K-6 (Toronto : Pembroke Press, 1996).

82. Tatiana Merlo-Flores, « Why do We Watch Television Violence» « dans Children and Media Violence: Yearbook from the International Clearinghouse on Children and Media Violence on the Screen (Suède : UNESCO, 1998).

83. U.S. National Television Violence Study, publié par Mediascope, février 1996.

84. George Gerbner et al. « The Demonstration of Power: Violence Profile No. 10 », Journal of Communication, Été 1979.

85. Michael Medved. Hollywood vs. America (New York: Harper Collins, 1992).

86. Gallup Poll, 24 février 1998.

87. « Murder statistics: Murder down for third year in a row, murder coverage up for third year in a row. On Balance. Vol. 8, No 7, 1995.

88. Dale Kunkel. « How the News Media 'See' Kids ». Media Studies Journal, automne 1994.

89. « Tuned In or Tuned Out? America's Children Speak out on the News Media », Children Now, 1994.

90. Tel que cité dans « Video Games Get Very, Very Ugly » par Charles Mande, The Globe and Mail, 5 septembre 1998.

91. Bureau de télévision du Canada, Infopak, Printemps 1995/96. National Study Reveals Kids Favorite TV Ads, communiqué de presse pour une agence de publicité Campbell Mithun Esty, 24 mars 1998).

97. Milton Chen. Smarts Parents' Guide to Kids TV (San Francisco : KQED Books, 1994).

98. Prime-Time Parent Kit (Toronto : Alliance pour l'enfant et la télévision, 1995).

99. Prime-Time Parent Kit (Toronto: Alliance for Children and Television, 1995).

100. Gene Del Vecchio, Creating Ever-Cool: A Marketer's Guide to a Kid's Heart (Louisiana : Pelican Press, 1997).

101. Stephen Kline, Out of the Garden: Toys and Children's Culture in the Age of TV Marketing (R.-U./É.-U.A : Verso, 1993).

102. Kathleen McDonnell. Kids Culture: Children & Adults & Popular Culture
(Toronto : Second Story Press, 1994).

103. « Privacy Online: A Report to Congress », U.S. Federal Trade Commission (FTC), juin 1998.


Abonnez-vous à la liste d'envoi de l'IVF!