l'Institut Vanier de la famille
Au sujet de l'IVFContactez-nousRegistre des visiteursAide?
Quoi de neuf?
Salle des médias
Bibliothèque virtuelle
Informations sur l'adhésion
Liens
Commentaire
Traits de familles

Les forces de la famille : renforcer les points positifs

Table des matièes

Le passé en guise de prologue

Le premier congrès de la famille, tenu du 7 au 10 juin 1964 à Ottawa, a été planifié et organisé pour permettre à la population canadienne de réfléchir sur la vie familiale dans la société moderne; sur son rôle et son sens, ses conditions d'existence, ses forces, ses faiblesses, ses difficultés et son avenir probable.

L'idée de tenir un congrès sur la famille émanait du Gouverneur général et de Madame Vanier qui partageaient un profond intérêt pour tous les aspects de la vie familiale ainsi qu'un ardent désir d'encourager les efforts pratiques pour consolider cette institution centrale. En plus de parrainer ce congrès, ils l'ont soutenu activement et particip&eactute; à sa planification ainsi qu'aux travaux proprement dits (Morrison, 1965).

De cet effort est né l'Institut Vanier de la famille (IVF) en 1965. Le congrès a demandé à Frederick Elkin (1964) de produire le document La famille au Canada, une initiative sans précédent pour examiner les connaissances et les lacunes relatives aux questions familiales. Elkin (1964:7) souligne ce qui suit dans ses premiers commentaires :

Et, il n'y a aucun doute, de même que les types de familles et leurs tâches ont changé dans le passé, ils continueront à se modifier à l'avenir. En faisant un rapport aujourd'hui sur la famille, nous présentons nécessairement, sous certains aspects, une image éphémère..

La famille n'est pas une cellule isolée; elle existe et fonctionne dans le contexte d'une société qui, au cours des récentes générations, s'est transformée radicalement avec l'industrialisation et l'urbanisation. Or, quand un segment quelconque de la société change, les autres changent aussi, la famille comprise. Il n'est pas d'institution - école, église, compagnie, gouvernement, ou encore la famille - qui n'ait pas été touchée par ces changements. .

En 1998, trente-quatre ans plus tard, cette déclaration reste toujours d'actualité pour l'IVF.

Prologue

La famille est bel et bien vivante en ce vingtième siècle malgré les rapports largement publiés voulant qu'il s'agisse d'une institution sociale obsolète. Les critiques sociaux déplorent la désintégration de la famille en s'appuyant sur le taux élevé de divorce, la délinquance juvénile, les mauvais traitements dont sont victimes les femmes et les enfants ainsi que l'isolement des personnes âgées. Ce sombre tableau ne correspond pas à la réalité de la plupart des familles canadiennes. La majorité de nos familles s'en tirent bien la plupart du temps même si elles sont conscientes que la vie n'est pas toujours rose. (Guldner, 1983:44) Claude Guldner (1983) souligne que pour comprendre le fonctionnement des familles, nous devons explorer leur organisation, leur idéologie et leur structure. Les familles se ressemblent dans plusieurs aspects car elles possèdent toutes une organisation, une idéologie ou des systèmes de croyance et une structure. Cependant, c'est justement la façon dont chaque famille aborde l'un ou l'autre de ces aspects qui la rend unique au monde. Les familles ne vivent pas dans l'isolement. Elles interagissent avec d'autres systèmes majeurs de notre société. Huit de ces facteurs ont un impact essentiel sur les familles et vice-versa. Ces facteurs sont :

  • la famille élargie;
  • les amis;
  • le milieu professionnel;
  • l'environnement éducationnel;
  • le contexte de l'établissement des valeurs comme l'église ou la synagogue;
  • les loisirs;
  • La communauté et le gouvernement.

Nous ne pouvons pas vraiment comprendre la famille hors de son contexte d'évolution quotidienne (Guldner, 1983:45).

Carlfred Broderick (1983:24) affirme que la famille est la plus solide structure évolutive de l'humanité. Elle survivra à toutes les autres organisations. Plus que toute autre structure sociale, la famille supporte sans contredit un plus grand fardeau dans la survie individuelle de l'humanité et la transmission de la civilisation et de la culture. Broderick note en outre qu'il est facile de tenir la famille pour acquis et qu'on oublie que la famille constitue la cellule normale du fonctionnement matériel et de la survie. Il s'agit de la cellule de base du foyer et du soutien économique. La nourriture, le vêtement et le logement ainsi que les services personnels sont centrés sur la famille, y compris l'écrasante responsabilité pour la quasi totalité des membres à charge de la société comme les enfants, les personnes âgées, handicapées, malades ou inoccupées. Au-delà de ces services directs, les familles agissent aussi comme principales instructrices en compétences de base (règles de l'interaction sociale et de la communication, hygiène personnelle, responsabilité, etc.) en plus de constituer un système de soutien incontournable qui assure le succès des institutions secondaires comme les écoles.

Pour terminer, il affirme que (Broderick, 1983:25) :):

Rien ne démontre peut-être de façon aussi frappante la solidité du caractère évolutif de la famille que ses antécédents en matière de survie dans des contextes où la destruction a été érigée en politique sociale, comme dans la Russie des années 20 et 30. La famille a survécu aux guerres les plus catastrophiques et les plus dévastatrices. En effet, les gouvernements passent, mais la structure familiale de base demeure, génération après génération. [Traduction] .

Définition de la famille



Selon l'Institut Vanier de la famille (1994:10),

« La famille se définit comme toute association de deux personnes ou plus liées entre elles par les liens de consentement mutuel, de la naissance ou par l'adoption et qui, ensemble, assument la responsabilité de diverses combinaisons de certains des éléments suivants :

  • entretien matériel et soins des membres du groupe;
  • l'ajout de nouveaux membres par le biais de la procréation ou de l'adoption;
  • la socialisation des enfants;
  • le contrôle social des membres;
  • la production, la consommation et la distribution de biens et de services;
  • la satisfaction des besoins affectifs. »

Les fonctions de base des familles

Comme l'indique la définition de l'IVF, les familles remplissent des fonctions essentielles pour la société et ses membres. La société telle que nous la connaissons serait tout simplement inimaginable sans elles. La chercheuse Shirley Zimmerman (1988:75-76) a dressé une liste de six fonctions familiales de base dont elle souligne la grande importance :

  • L'entretien matériel et les soins des membres de la famille. Dans les familles en santé, les enfants, les adultes et les personnes âgées reçoivent tous les soins et le soutien dont ils ont besoin : nourriture, logement, vêtement, protection et autres. Si les familles ne sont pas disponibles ou capables de fournir ces services, les membres de la famille souffrent et on doit trouver des substituts souvent inadéquats pour remplir ces rôles..
  • L'ajout de nouveaux membres par le biais de la procréation ou de l'adoption et qu'on doit laisser partir une fois qu'ils atteignent la maturité. La société se renouvelle par les familles. Il n'y a littéralement aucun substitut pour cette fonction..
  • La socialisation des enfants en vue de les rendre aptes à assumer les rôles adultes. Les familles préparent leurs enfants à la vie. La plupart se tire assez bien d'affaire en leur enseignant des compétences, des valeurs et des attitudes qui les préparent à l'apprentissage, au travail, à nouer des amitiés et à contribuer à la société. .
  • Le contrôle social des membres... maintien de l'ordre dans la famille et de groupes à l'extérieur de cette dernière. Au sein des familles, les individus apprennent des valeurs et des comportements positifs et sont critiqués pour leurs valeurs et leurs comportements négatifs..
  • Le maintien d'un bon moral et de la motivation pour assurer l'accomplissement des fonctions tant au sein de la famille que d'autres groupes. À cet égard, les familles constituent l'élément rassembleur de la société et permettent à ce dernier de fonctionner. En plus d'exercer un contrôle social par le biais de l'amour et du leadership spirituel, les familles poussent leurs membres et d'autres à ne pas se décourager..
  • Au chapitre de la production et de la consommation de biens et de services, les familles subviennent aux besoins des leurs en produisant des biens et services comme la nourriture, l'entretien domestique et les soins de santé. Tout en répondant à ces besoins, elles jouent un rôle indispensable dans l'économie nationale. [Traduction].

Les différents types de familles

En ces années 90, nous comptons différents types de familles. À l'occasion de l'Année internationale de la famille (1994), l'Institut Vanier de la famille à décrit les familles comme suit :

  • Famille nucléaire : deux parents ayant un ou plusieurs enfants biologiques ou adoptés vivant tous sous le même toit. La famille nucléaire des années cinquante était dirigée par un seul salarié de sexe masculin. Ce genre de famille n'est plus aujourd'hui qu'un modèle parmi les autres.

  • Famille élargie : parents, enfants, tantes, oncles, grands-parents et autres parents vivant ou non sous un même toit.

  • Famille reconstituée ou famille recomposée : parents divorcés, remariés, vivant avec les enfants d'un ou de deux mariages précédents et les enfants de leur union actuelle.

  • Famille sans enfants : formée par un couple.

  • Famille monoparentale : parent unique, en général une mère, avec un ou plusieurs enfants.

  • Cohabitation ou union de fait : famille similaire aux autres modèles, mais sans mariage légal.

Depuis 1972, l'Institut Vanier de la famille reconnaît les couples de même sexe comme des familles. Une recherche menée dans la documentation au cours des années 90 indique que nous devons aussi ajouter un autre groupe aux familles.
    • Les parents gais et lesbiennes (Schwarz and Scott, 1997, 245 )

    Portrait des familles canadiennes - 1996

    Dans une récente publication, Statistique Canada (1997:2) a présenté des résultats préliminaires du recensement de 1996 dont voici quelques-uns des points saillants :

    • En général, le nombre de familles canadiennes s'est accru de 6,6 % entre 1991 à 1996 pour s'établir à 7,8 millions. Il s'agissait d'un taux de croissance plus modéré que les 9,2 % enregistrés au cours de la période quinquennale antérieure. Ce ralentissement de la croissance est dû au fait que les gens se marient ou entrent en union libre plus tard. De plus, il y a eu une proportion plus élevée de personnes séparées, divorcées ou en veuvage qui ne vivaient pas en couple au moment du recensement.

    • La proportion de la population vivant dans des familles, en baisse constante depuis 1971 - année où elle se situait à 87,1 % - s'est stabilisée entre 1991 et 1995 (81 %). Depuis le Recensement de 1986, la taille moyenne de la famille est demeurée à 3,1 personnes comparativement à 3,7 personnes en 1971.

    • Entre 1991 et 1996, le nombre d'enfants vivant en famille s'est accru de 6,3 %. Il n'y a pratiquement pas eu d'augmentation chez les enfants vivant dans une famille composée par un couple marié, ce qui contraste avec la forte hausse notée parmi les enfants demeurant chez un couple en union libre (+52 %) ou dans une famille monoparentale (+19 %). Près d'un enfant sur cinq au Canada vivait dans une famille monoparentale en 1996.

    • Les familles de couples mariés étaient encore largement majoritaires. Depuis 1986, la proportion a plongé de 80 % de l'ensemble des familles à 74 % en raison des hausses substantielles survenues parmi les familles vivant en union libre et les familles monoparentales.

    • Entre 1991 et 1996, le taux de croissance parmi les familles vivant en union libre était 16 fois plus élevé que celui des familles de couples mariés.

    • Au Recensement de 1996, on comptait 1,1 millions de familles monoparentales. Depuis 1991, leur taux a augmenté quatre fois plus que celui des familles biparentales. Les familles monoparentales dirigées par une femme continuent de surpasser celles dirigées par un homme dans une proportion de quatre pour une.

    • De toutes les structures de la famille, la plus forte croissance a été enregistrée chez les couples vivant en union libre. En 1996, on dénombrait 920 635 telles familles, soit une hausse de 28 % par rapport à 1991. (Le Recensement définit les conjoints de fait comme deux personnes de sexe opposé qui ne sont pas légalement mariées l'une à l'autre, mais vivent comme époux et épouse dans le même logement).

    • En 1996, un couple sur sept au Canada vivait en union libre comparativement à un sur neuf en 1991. L'état civil des personnes vivant en union libre est demeuré pratiquement inchangé entre 1991 et 1996; près des deux tiers de ces personnes étaient célibataires, tandis que plus du quart étaient divorcées.

    • Près 50 % des familles vivant en union libre avaient des enfants issus de leur relation actuelle ou d'unions précédentes.

    On retient comme interprétation positive de ces données que la « vie en couple » est la relation privilégiée par les Canadiens et les Canadiennes. Ce type de relation résulte de l'union libre ou du mariage. Outre le thème de la « vie en couple » Statistique Canada (1996:4) a examiné la croissance des « familles reconstituées ».

    Les familles reconstituées sont formées d'une combinaison de relations biologiques et par alliance entre les parents et les enfants. On distingue trois sortes de familles reconstituées : la famille avec la mère des enfants seulement (la plus courante), celle avec le père seulement, et la famille « recomposée ». En 1995, un peu plus de 50 % des familles reconstituées étaient composées d'enfants vivant avec la mère biologique et un beau-père. Les familles reconstituées composées d'enfants vivant avec le père biologique et une belle mère représentaient 13 % de l'ensemble de ces types de familles. Naturellement, plus de mères que de pères ont amené leurs enfants biologiques dans leur nouvelle union. En 1995, plus du tiers (37 %) de l'ensemble de ces types de familles. (161 000 environ) étaient des familles
    « recomposées ». Elles comprenaient des enfants issus d'unions précédentes que chaque parent avait amené ou il s'agissait d'enfants issus d'unions précédentes et de l'actuelle union.

    Les familles reconstituées sont un phénomène croissant. En 1995, on a estimé que 10 % de toutes les familles formées de couples et d'enfants (environ 430 000) étaient des familles reconstituées. De ce nombre, un peu plus de la moitié était composée de couples mariés, tandis que le reste vivait en union libre.

    L'État de la famille au Canada

    En 1994, le Groupe Angus Reid (1994) a publié un rapport sur L'État de la famille au Canada. Le sondage a été mené auprès de 2 051 répondants répartis à travers le Canada. Voici certaines des conclusions de cette publication ayant trait aux points forts de la famille (p. 3-4) :

    • Trois Canadiens sur quatre (77 %) disent avoir connu « une enfance très heureuse ». Au même moment, environ trois d'entre eux sur dix (29 %) déclarent qu'il y avait beaucoup de conflits dans leurs familles pendant leur enfance.

    • La plupart des parents (84 %) se disent satisfaits de la quantité de temps passé avec leurs enfants et près de la moitié (45 %) s'estiment très satisfaits. Les répondants qui occupent un emploi rémunéré à mi-temps ou moindre sont plus susceptibles de se déclarer « très satisfaits » du temps passé avec leurs enfants (49 %) par rapport à ceux qui travaillent plus de 40 heures par semaine (32 %).

    • Six Canadiens sur dix (60 %) considèrent que l'expression « valeurs familiales » est positive et l'associent à l'unité familiale et au patrimoine (27 %), à la morale et aux valeurs (26 %), au respect et à l'amour (26 %). Toutefois, une proportion substantielle de Canadiens (30 %) associent une image négative à cette expression et la plupart de ces personnes la qualifient de « trompeuse et dénuée de
      sens ».

    • Les parents passent en moyenne 6,3 heures par semaine à regarder la télévision avec leurs enfants et seulement le tiers de ce temps (2,1 heures) à les aider à faire leurs devoirs. Les enfants ont dit regarder la télévision seuls 8,6 heures par semaine. Presque neuf familles sur dix (85 %) soupent ensemble trois fois par semaine.

    • Un adulte canadien sur dix (11 %) est responsable d'un membre de la famille autre qu'un conjoint ou un enfant, le plus souvent sa mère (34 %) ou sa belle-mère (22 %).

    • Quatre parents sur dix (40 %) affirment qu'ils quitteraient leur emploi pour rester à la maison avec leurs enfants s'ils en avaient les moyens. Au même moment, près de la moitié des parents travaillant à temps plein (46 %) et six parents sur dix détenant un poste à temps partiel (61 %) disent avoir atteint un bon équilibre entre leur emploi et le temps passé en famille. Un parent sur huit (13 %) se sent très coupable à propos du temps passé au travail loin de ses enfants. En ce qui concerne les parents d'enfants de moins de 12 ans, la proportion passe à près d'un parent sur cinq (18 %).

    • Les répondants appuient fortement l'idée que le gouvernement supporte les soins aux personnes âgées (85 % dans l'ensemble) et un programme de services de garde à l'enfance (75 %). Quatre Canadiens sur dix (40 %) sont favorables à ce qu'on accorde des avantages sociaux aux couples homosexuels.

    • Les jeunes interrogés nourrissaient des sentiments positifs à l'égard de la vie familiale et plus de neuf sur dix ont dit avoir une vie familiale heureuse et remplie d'amour. À peu près le même nombre de répondants ont déclaré que la famille sera la chose la plus importante de leur vie. Les quatre cinquième (80 %) estiment qu'ils se marieront pour la vie et seulement trois sur dix (30 %) croient qu'il est possible que leur mariage se termine par un divorce. Étant donné que la participation des jeunes interrogés a été déterminée par leurs parents, il est possible qu'un trop grand nombre d'entre eux soient issus de familles heureuses.

    • La plupart des répondants étaient heureux ou satisfaits de leur vie familiale. Toutefois, certains Canadiens vivent des moments difficiles dans leur famille et se sentent seuls.

    Dans la récente Étude nationale sur les enfants et les jeunes (Développement des ressources humaines Canada, 1996), Ross, Scott et Kelly (1996:28-29) révèle que 84,2 % des enfants du Canada de moins de 12 ans vivent dans une famille biparentale, 15,7 % vivent dans une famille monoparentale et moins de 1,0 % d'entre eux vivent avec une personne autre que leur père ou leur mère (en général un autre parent ou un tuteur). Parmi les enfants vivant dans une famille monoparentale, la vaste majorité (92,8 %) vit avec une mère seule. L'une des constatations les plus frappantes est que de tous les enfants de moins de 12 ans, 78,7 % vivent auprès de leurs parents biologiques au sein d'une famille biparentale. Cette constatation peut aussi être ajoutée aux « bonnes nouvelles » concernant la vie des familles canadiennes.

    Source : Grandir au Canada, Développement des ressources humaines Canada (1996 : 29)

    Les forces de la famille : définitions et hypothèses

    Les forces de la famille pourraient se définir comme ces structures relationnelles, ces aptitudes et compétences intra et interpersonnelles ainsi que ces caractéristiques sociales et psychologiques qui créent : 1) un sentiment d'identité familiale positive, 2) encourage une interaction satisfaisante parmi les membres de la famille, 3) stimule le développement du potentiel du groupe familial et des membres individuels de la famille, 4) renforce la capacité de la famille à gérer efficacement le stress et les crises, et 5) agit comme soutien/réseau pour les autres familles (King, 1983, 49).

    Dans ses commentaires sur les forces de la famille, Kay King, Ph. D., (1983:48) ajoute les hypothèses positives suivantes :

    1. Les milieux familiaux forts sont essentiels pour optimiser le développement de tous les membres de la famille. Les familles offrent le premier environnement social qui façonne la personnalité individuelle, l'estime de soi, le développement des valeurs et des compétences ainsi que l'autodiscipline essentielle pour fonctionner dans un contexte social élargi.

    2. Les familles veulent être mieux informées, échanger avec d'autres sur leur passé et sur comment améliorer leur efficacité pour mieux composer avec la croissance intérieure en plus de relever les défis externes et de s'adapter aux changements.

    3. La consolidation des forces de la famille exige une intégration à court et à long terme des questions socioéconomiques touchant les familles. Les forces familiales sont une combinaison de dénominateurs communs et de caractéristiques propres.

    4. Une perception positive caractérise le concept voulant que nous, en tant que famille, sommes dotés de forces et de la capacité intrinsèque d'améliorer la qualité de notre vie familiale et, par surcroît, tous les autres aspects de notre vie tout court. [Traduction]

    La promotion des caractéristiques distinctives des familles fortes constitue un élément majeur pour les renforcer. Selon Moncrief Cochran, Ph. D., nous devons nous éloigner du modèle des imperfections de la famille (celui qui met l'accent sur les difficultés et les problèmes) au profit d'une approche qui consiste à prévenir plutôt qu'à guérir. (outiller plutôt que réparer) ? (King, 1983, 48).

    Conclusions de la recherche

    La section suivante est une synthèse des conclusions des recherches réalisées au Canada et aux États-Unis entre 1980 et 1993. Elle couvre une large part des forces de la famille et comprend des sujets comme les familles en santé, le fonctionnement des familles et les mariages durables. Le sondage traite aussi des forces des familles monoparentales, reconstituées, gaies et lesbiennes. La bibliographie exhaustive comprend la liste de toutes les ressources utilisées dans cette section.

    Les forces de la famille

    La famille peut-elle être entièrement mauvaise si nous avons tant hâte d'en fonder une? Je trouve un début de réponse à cette question dans une métaphore : Si la famille était un contenant, elle serait un nid, un nid durable, tissé non serré, expansif et ouvert. Si la famille était un fruit, elle serait une orange, des sections réunies en cercle mais séparables - chaque segment étant distinct. Si la famille était un bateau, elle serait un canot qui n'avance pas tant que tout le monde ne pagaie pas. Si la famille était un sport, elle serait le baseball : un jeu long, lent et sans violence qui ne finit pas avant le retrait du dernier joueur. Si la famille était un édifice, elle serait une vieille structure solide abritant l'histoire de l'humanité et intéresserait les gens qui voient des moulures sculptées sous tout le plâtre, les planchers en madriers larges sous le linoleum, les possibilités... Les possibilités existent pour la famille aussi, si nous pouvons déterminer ce qui mérite d'être préservé ou pas. Pour repenser le concept, le but et la signification de la famille, nous devons commencer par une certaine « essence de la famille » qui soit authentique et vraie. Et pour moi, l'essence de la famille se résume à :
    Qui elle est?
    Comment elle se sent?
    Ce qu'elle fait.

    (Letty Cottin Pogrebin, 1983:25)[Traduction]

     

Stinnett et al (1979) ont traité des caractéristiques des familles fortes et examiné (1982) en profondeur ce type de famille. Au total, 438 époux et épouses de toutes les régions des États-Unis ont répondu en citant leurs forces. Stinnett et al (1979) ont répertorié six qualités des familles fortes, à savoir : s'apprécier réciproquement, passer du temps ensemble, avoir de bonnes habitudes de communication, être engagé, avoir une orientation religieuse et pouvoir régler efficacement les crises. Stinnett et al (1981) ont aussi étudié 66 familles fortes. Pour la vaste majorité des familles, les crises servaient de catalyseurs pour une croissance positive. La famille est aussi capable de rechercher et d'utiliser cette aide en situation de crise. Ainsi, elle reconnaît ses points vulnérables. Strong et DeVault (1995:600-612) résument certaines études américaines concernant les « familles fortes ». Dans les familles fortes, les membres :

  • travaillent pour le bien-être ou défendent l'unité et la continuité de leur famille
  • s'entraident
  • se respectent mutuellement dans leurs particularités et différences respectives
  • passent du temps ensemble pour créer la cohésion familiale (voir Daly, 1996)
  • déléguent les responsabilités
  • permettent aux enfants de se tromper et d'en subir les conséquences
  • contribuent au bien-être de leur quartier, de leur ville, de leur pays et du monde
  • ont une orientation ou une dimension spirituelle (qui pourrait être différent de la dévotion).

Dans l'étude de Stinnett et DeFrain (1985), les familles décrivent la « dimension spirituelle » de différentes façons : « la foi en Dieu, la foi en l'humanité, le comportement éthique, l'unité avec tous les êtres vivants, l'amour d'autrui, la religion. » La définition de la spiritualité est large parce qu'il s'agit d'un concept purement subjectif; elle signifie quelque chose de différent selon les personnes. Cependant, les familles fortes partagent une spiritualité commune. Dans ces familles, le bien-être spirituel est une &lraquo; force unificatrice, un centre de soins inhérent à chaque personne et qui encourage le partage, l'amour et la compassion pour autrui. C'est une force qui aide toute personne à se transcender et à faire partie de quelque chose de plus grand » (Stinnett et DeFrain, 1985). [Traduction]

Les familles ayant une orientation spirituelle entrevoient pour leurs membres un plus large objectif qui va au-delà du simple maintien et de l'autosatisfaction. Elles perçoivent leur famille comme contribuant au bien-être du quartier, de la ville, du pays ou du monde ainsi qu'un moyen par lequel elles peuvent exprimer l'amour, la compassion et l'hospitalité. Beaucoup de familles trouvent le soutien et l'expression de la force et de l'objectif spirituel au sein d'associations religieuses. Ces familles retrouvent dans les activités religieuses un cadre transcendental où elles cristallisent les valeurs familiales, les tendances comportementales et les objectifs en plus de constituer une source de force avec laquelle elles essaient de perpétuer ces valeurs.

Les systèmes familiaux sains

Une étude novatrice menée par Westley et Epstein (1969) voici près de trente ans a analysé la santé émotionnelle de familles à Montréal. Leur plus importante conclusion était que la santé affective des enfants est étroitement liée à la relation émotionnelle entre leurs parents. Lorsque ces relations sont chaleureuses et constructives, par exemple quand le mari et la femme se sentent aimés, admirés et encouragés d'agir de façon qu'ils admirent eux-mêmes, les enfants sont heureux et en santé. Les couples qui sont proches sur le plan émotionnel, qui répondent à leurs besoins réciproques et encouragent une image de soi mutuelle positive deviennent de bons parents. Comme ils répondent aux besoins l'un de l'autre, ils ne se servent pas de leurs enfants pour vivre leurs propres besoins. De plus, puisqu'ils sont heureux et satisfaits, ils peuvent aider leurs enfants et répondre à leurs besoins. De plus, étant donné que leurs propres identités sont clarifiées, ils perçoivent leurs enfants comme étant distincts d'eux-mêmes. Toutes ces considérations aident les enfants à devenir émotionnellement sains. (p. 156)

La famille où il y a un partage équilibré des tâches domestiques s'est avérée être la seule dans laquelle la majorité des couples avaient une vie sexuelle vigoureuse et où on a enregistré une satisfaction croissante au niveau de la relation sexuelle, une bonne relation conjugale et des enfants sains sur le plan affectif. Il est certes vrai qu'il s'agissait aussi du seul type de famille où la majorité des époux et des épouses jouissaient d'une bonne santé émotionnelle, mais ils ont tout de même constaté qu'il y avait un lien direct entre la répartition des tâches domestiques et la santé émotionnelle des enfants (p. 161).

Lewis et al (1976) ajoutent que l'émulation du rôle parental constitue un facteur crucial dans le développement des qualités qui favorisent la santé psychologique et la croissance personnelle dans les familles. Ils ont aussi constaté que les familles en santé entretiennent une relation de confiance, partagent des pouvoirs et possèdent une bonne communication qui forment la base de la santé du système familial. Gantman (1980) a passé en revue la documentation sur les familles en santé au cours des années 70. Voici certains des résultats de sa recherche :

  • La communication est claire, abondante et directe dans les familles en santé.
  • Les membres de la famille sont avenants, respectueux et chaleureux les uns envers les autres.
  • Les expressions d'affection franches (positives ou négatives) sont valorisées et encouragées.
  • Une famille en santé doit permettre à chacun de ses membres de développer sa propre personnalité.
  • On doit accepter la perte des membres de la famille.
  • Il doit y avoir une structure de pouvoir claire au sein de la famille.
  • Les familles sont plus efficaces en ce sens qu'elles accomplissent du travail en moins de temps.
  • Les limites intergénérationnelles sont claires.

Lorsque Dolores Curran (1983) a interviewé 551 professionnels, elle leur a demandé de décrire les caractéristiques d'une famille saine. Voici les 15 principaux traits distinctifs d'une telle famille (23-24). La famille :

  1. Communique et écoute
  2. Approuve et s'entraide
  3. Enseigne le respect des autres
  4. Développe un sens de la confiance
  5. Possède un sens du jeu et de l'humour
  6. Démontre un sens du partage des responsabilités
  7. Enseigne la notion du bien et du mal
  8. Possède un sens élevé de la famille où les rituels et les traditions abondent
  9. Possède une interaction équilibrée entre ses membres
  10. Partage la même croyance religieuse
  11. Respecte l'intimité les uns des autres
  12. Aime rendre service aux autres
  13. Encourage les membres de la famille à manger ensemble et à discuter
  14. Partage du temps de loisir
  15. Reconnaît et recherche de l'aide en cas de problème

Barnhill (1979) passe en revue les concepts du système de la famille en santé élaborés dans la documentation théorique sur la thérapie familiale. Ses huit dimensions de base de la santé mentale de la famille comprennent les points suivants :

  • individualisation,
  • liberté de pensée, de sentiment et de jugement de chaque membre de la famille
  • réciprocité, sens de l'intimité affective
  • flexibilité, capacité d'adaptation et de résistance, stabilité, homogénéité, responsabilité et sécurité dans les interactions familiales
  • perception claire, attention totale pour les autres
  • communication claire
  • réciprocité des rôles
  • limites générales claires, en d'autres termes, différences spécifiques entre les relations conjugales, parents-enfants et filiales.

Fisher, Giblin et Hoopes (1982) ont sondé 208 membres de familles non cliniques concernant leurs opinions sur la nature d'une famille en santé. Les résultats recueillis ont été comparés à ceux d'une étude précédente sur la perception des thérapeutes familiales de fonctionnement de la famille en santé.

En tant que groupe, les membres de famille ayant fait l'objet de l'étude ont accordé de l'importance à l'« unité » au sein de la famille contrairement à l'accent mis par la société sur l'individualisme. « Exprimer sa pensée » était un point important. Les communications étaient aussi très prisées. La bonne communication comprenait le ton de la voix, le langage corporel, le contact visuel, les silences, le toucher, ou un « cadeau » à un membre de la famille.

Familles fonctionnelles

Qu'est-ce qu'une famille qui fonctionne bien? Cocivera (1982) énumère les caractéristiques suivantes :

  1. Dans une famille qui fonctionne bien, les rôles sont clairement distingués et il y a une ligne de démarcation nette entre les membres de la famille directe et ceux de la famille élargie. Dans une famille biparentale, l'époux et l'épouse jouent un double rôle. En ce qui concerne les relations conjugales, en tant qu'époux et épouse, ils se tiennent compagnie, se donnent de l'affection, font du partage et ont des relations sexuelles. En tant que parents, ils mettent en place un rôle d'exécution ou de gestion en matière de nurturance, de contrôle et, plus tard, d'orientation de leurs enfants.
  2. Dans une famille réussie, on encourage l'individualité et un haut niveau de différenciation. Les enfants et les adultes peuvent développer leurs propres intérêts. Cette situation conduit à une lutte continue entre l'individuel et le collectif. Le conflit survient seulement lorsque la famille perçoit l'expression de l'individualité comme une menace.
  3. Les règles sont claires et raisonnables en plus d'évoluer à mesure que les enfants grandissent. La punition infligée pour avoir enfreint les règles est sans cruauté et proportionnelle au « crime ». Dans les familles ayant des règles rigides et inflexibles, les enfants se rebellent ou deviennent passifs et dépendants.
  4. Il est essentiel d'avoir une bonne communication. Tous les membres de la famille parlent en leur nom propre; on écoute les enfants et on respecte leur opinion.
  5. Les individus sont investis d'autorité ou de pouvoir avec l'accord tacite de tous les membres de la famille. À mesure que la famille évolue à travers différents stades de son cycle de vie et que les enfants deviennent matures, des changements s'opèrent dans la source d'influence de la famille.
  6. Une gamme complète d'émotions est acceptable, appropriée et encouragée. Le fait d'imposer des tabous sur l'expression de certaines émotions entraîne de l'incongruité entre les émotions et le comportement.
  7. Les conflits sont réglés par le biais de la discussion et de la négociation avec la participation de tous les membres de la famille. Ce processus peut être très constructif et efficace pour résoudre les problèmes.
  8. Les tâches sont partagées entre les membres de la famille et clairement définies; les individus peuvent adopter leur propre style et gérer leur temps comme bon leur semble. Il est important d'être flexible. Lorsqu'une femme commence à travailler à l'extérieur du foyer, il faut habituellement procéder à une restructuration des tâches domestiques. Cependant, la recherche démontre régulièrement que ni l'époux ni les enfants ne prennent en main une charge de travail supplémentaire équitable en pareilles circonstances.
  9. Les différences individuelles dans les niveaux d'énergie, la perception du temps et les besoins en espace sont respectées. Souvent, les familles doivent s'adapter au défi temporaire que pose la maladie à long terme d'un membre de la famille en plus de jouer un rôle important pour aider un membre handicapé de la famille à accomplir le plus de choses possible.
  10. Dans une famille fonctionnelle, la haute estime au niveau des individus comme de la cellule familiale vient naturellement. Une famille fonctionnelle n'est pas nécessairement une famille tranquille, bien organisée et toujours rationnelle. Entre les moments d'affection et de camaraderie, de disputes entre enfants, de la concurrence et des conflits, les membres de la famille apprennent à s'entendre avec les gens. La négociation, la détermination et la contestation des règles font partie des vifs échanges entre parents et enfants.

Hansen (1981) a vécu avec trois familles fonctionnelles pendant sept jours respectivement. Parmi les 14 conclusions auxquelles elle a abouti, citons celles-ci :

  1. Les familles fonctionnelles semblent vivre à un rythme plus harmonieux et plus relaxe.
  2. Il semble possible d'avoir une famille fonctionnelle tout en accordant une importance moindre à la relation conjugale par rapport à la relation parentale et à la relation parent-enfant.
  3. Il est important d'avoir une méthode globale pour régler tout problème grave au sein de la famille; plus vite les problèmes sont réglés, mieux c'est.
  4. important dans la relation conjugale et la relation parentale.

Mudd et Taubin (1982) ont parlé d'une étude permanente en cours depuis 20 ans sur les familles fonctionnelles. Cinquante-neuf familles ont rempli le questionnaire de suivi en 1978-1979. Les auteurs ont constaté que les relations entre les enfants adultes sont fréquentes, renforcées par une économie de transfert florissante. Les relations d'amitié intimes et une pleine participation aux activités communautaires sont reconnues comme d'importantes sources de force. Même si l'étude rapporte des événements troublants touchant les membres de la famille, peu de ces événements ont été jugés problématiques. Les problèmes perçus sont le plus souvent réglés au sein de la famille ou - moins souvent - avec l'aide de professionnels appropriés. Les hommes et les femmes se disent satisfaits de leur relation conjugale et familiale. Ils sont optimistes face à l'avenir et, grâce à une planification judicieuse, anticipent des développements positifs au cours des prochaines années.

Les mariages durables

Nous (les couples mariés) avons été si cachottiers au sujet du bonheur dans notre mariage qu'un grand nombre de personnes sont tout simplement devenues cyniques à l'égard de cette institution. On a dit et écrit que le mariage est une institution surfaite et démodée; de plus, les dizaines de milliers de personnes qui mènent une vie conjugale des plus heureuses ne se sont jamais exprimées pour le nier. Je me suis fait dire de façon tout à fait sérieuse par un homme respectable et fin observateur des questions sociales qu'il avait rarement vu de son vivant un mariage heureux. Pourquoi, me suis-je dis, toutes les personnes qui mènent une vie conjugale heureuse dissimulent-elles leur bonheur? N'est-il pas temps que certaines d'entre elles sortent de la solitude douillette de leur foyer paisible pour « promouvoir » le mariage auprès d'une génération qui devient de plus en plus cynique et désillusionnée à l'égard de cette institution? (Marriage Counselling [London : Churchill, 1948, p. 149] 1948:149) [Traduction]

La première étude canadienne sur la durabilité du mariage a été menée par Benjamin Schlesinger (1982, 1983, Schlesinger et Giblon, 1984, Schlesinger et Schlesinger, 1987). On a interviewé 129 couples mariés depuis 25 ans en moyenne dans le Toronto métropolitain. Plus de 83 % des répondants ont choisi 19 points comme étant « extrêmement importants » pour la durabilité du mariage. Les dix premiers points, par ordre d'importance étaient :

  • le respect mutuel
  • la confiance réciproque
  • la loyauté
  • l'amour
  • la fiabilité
  • le fait de tenir compte des besoins l'un de l'autre
  • le soutien émotionnel mutuel
  • l'engagement à s'unir pour la vie
  • la fidélité
  • le partage dans le mariage

Les autres éléments majeurs étaient le sens de l'humour, l'amitié, la camaraderie, l'honnêteté, prendre soin l'un de l'autre; l'engagement envers le mariage et une vie sexuelle satisfaisante.

Des 43 couples étudiés par Altrocchi (1988), la plupart ont dit avoir de bonnes ou d'excellentes communications et régler leurs différends par la communication. Ils ont aussi affirmé que leur partenaire était « leur meilleur ami ». L'humour occupait une place très importante dans leur mariage. Ils avaient une vie sexuelle satisfaisante et riche. De plus, ils ou elles tenaient beaucoup à leur partenaire.

Sporakowski et Hughston (1978) ont examiné la vie de 66 couples mariés depuis 50 ans et plus. Comme secret de leur vie à deux, ils ont cité entre autres : l'amour, les concessions mutuelles, le foyer et la famille, la religion, la compréhension et la patience, l'engagement et le fait « qu'il faut être deux pour réussir un mariage ». La plus récente étude américaine sur « le bon mariage » a été réalisée par Wallerstein et Blakeslee (1996). L'étude porte sur cinquante couples résidant dans le nord de la Californie, en majorité blancs, de la classe moyenne et bien éduqués. Il s'agissait de couples mariés pendant les années 50 et au début des années 60. Aussi bien l'époux que l'épouse devait considérer son mariage comme un succès (p. 9-10). Wallerstein et Blakeslee (1996: 12-13) ont souligné que les mariages heureux ne surviennent pas sans efforts. Il y a de bons et de mauvais moments; en outre, les partenaires doivent aussi faire face à des crises ensemble ou séparément. Les hommes et les femmes vivant un mariage heureux peuvent connaître la dépression, se disputer, perdre leur emploi, faire face à des exigences professionnelles et aux crises des poupons et des adolescents en plus d'être confrontés à des problèmes sexuels. Ils pleurent et crient, deviennent frustrés. Ils proviennent de familles où régnaient la tristesse, les mauvais traitements, la négligence, mais aussi de familles plus stables. Tous les mariages sont hantés par des fantômes du passé.

Les auteurs commentent comme suit les mariages réussis (p. 13)

Mais, d'une certaine façon, pour des raisons cruciales que j'explore ici, ces personnes sont demeurées mariées malgré les vicissitudes de la vie moderne. Elles sentent et réaffirment leur conviction en la durabilité de leur union. Après dix, vingt, trente ans et plus de vie à deux, elles sont satisfaites du mariage et confiantes de sa survie. [Traduction]

Wallerstein et Blakeslee (1996:27-28) ont dégagé neuf points qui contribuent à la réussite d'un mariage par rapport à celui qui ne dure pas. Il faut :

  • opérer une séparation affective de la famille de son enfance pour s'investir entièrement dans son mariage et, parallèlement, redéfinir les connexions avec les deux familles d'origine.

  • forger la convivialité en créant l'intimité qui la sous-tend tout en définissant l'autonomie de chaque partenaire. Ces questions occupent une place centrale tout au long du mariage, mais sont particulièrement importantes au début, au mi-temps de la vie et à la retraite.

  • entreprendre le dur rôle de parents et absorber l'impact que provoque l'arrivée spectaculaire de sa Majesté le nouveau-né. Au même moment, le couple doit s'efforcer de protéger son intimité.

  • créer une zone sûre pour l'expression des différences d'opinion, de la colère et du conflit.

  • établir une relation sexuelle riche et plaisante en prenant soin de la prémunir contre les incursions du milieu du travail et des obligations familiales.

  • utiliser le rire et l'humour pour garder les choses en perspective et essayer d'éviter l'ennui en partageant la gaieté, les intérêts et les amis.

  • fournir de la nurturance et du confort l'un à l'autre, répondre aux besoins de son partenaire en matière de fiabilité et offrir un encouragement et un soutien continus.

  • maintenir la flamme romantique des premières années, les images idéalisées et reliées au fait de tomber en amour, tout en faisant face aux dures réalités des changements dus au temps. [Traduction]

Les forces des familles selon les groupes ethniques

Très peu d'études ont été réalisées sur les familles heureuses des divers groupes ethniques. L'une des meilleures a été celle de Douglas Abbott et William Meredith (1988) qui ont comparé les ménages caucasiens, afro-américains, américano-mexicains, hmong et autochtones de l'Amérique. Ils ont demandé à ces familles de classer par ordre d'importance diverses caractéristiques familiales issues d'études antérieures sur les familles heureuses. Le point d'accord le plus répandu était parmi les groupes de familles caucasiennes, afro-américaines et américano-mexicaines. Les familles hmong se sont le plus distinguées par rapport aux autres familles et leurs différences étaient encore plus prononcées avec les familles caucasiennes. Les autochtones de l'Amérique avaient des opinions similaires à celles des familles afro-américaines et mexicano-américaines, mais différentes des familles hmong. Cependant, ils ont été surpris de constater qu'en général, il y avait plus de points d'accord que de désaccord entre les divers groupes ethniques, même s'ils ont aussi relevé quelques différences significatives. Les conclusions figurent au Tableau 1.

 

Tableau 1 : Forces communes aux familles de différents groupes ethniques

Par ordre d'importance

CARACTÉRISTIQUE FAMILIALE

Communique et écoute

Est fiable

S'affirme et est solidaire

Enseigne la notion du bien et du mal

Enseigne le respect d'autrui

Partage son temps de loisir

Est responsable du bien-être de la famille

Possède un sens du jeu et de l'humour

Respecte l'intimité des membres de la famille

Partage des croyances religieuses

A deux parents vivant à la maison

Apprécie les traditions familiales

Recherche de l'aide pour résoudre les problèmes

Encourage l'individualité

Sécurité financière

Applique des règles parentales de base

Respecte les aînés

Partage des valeurs semblables

Permet la négociation des règles familiales

Accorde de l'importance à l'éducation collégiale

Prie ensemble

LES FORCES DE LA FAMILLE ET DIVERSES FORMES FAMILIALES

Familles monoparentales

Dans une revue de la documentation concernant les familles monoparentales (Schlesinger, 1996) et les enfants vivant dans une famille monoparentale (Schlesinger, 1995), on a dégagé les forces propres à ces familles.

Par exemple, dans leur étude de 26 familles monoparentales américaines de la classe moyenne, Olson et Haynes (1993) ont trouvé sept thèmes reliés aux forces de ces familles.

  1. Acceptation des responsabilités et des défis dans les familles monoparentales : attitudes positives à l'égard du rôle parental et de la vie en général; problèmes ni négligés ni exagérés, mais on a recherché des solutions.
  2. Priorisation du rôle parental : effort sur comment devenir le meilleur parent seul possible; sacrifice évident en termes de temps, d'argent et d'énergie.
  3. Utilisation d'une discipline cohérente, non punitive : fournir la structure, l'autonomie démocratique des enfants ainsi que les conséquences logiques de leurs comportements.
  4. Accent sur une communication ouverte : promouvoir des relations de confiance et exprimer ses sentiments.
  5. Capacité à favoriser l'individualité au sein d'une cellule familiale solidaire : accent sur l'individualité et l'autonomie; chaque membre ayant ses compétences et intérêts propres.
  6. Reconnaissance de la nécessité d'auto-nurturance : malgré le temps qui leur fait défaut pour s'occuper d'eux-mêmes, les parents ont reconnu l'importance de l'auto-nurturance et ont essayé d'y parvenir par des moyens physiques, spirituels, émotionnels ou sociaux.
  7. Les rituels et les traditions : les routines concernant le coucher, les activités familiales spéciales, les célébrations des fêtes.[Traduction]

Dans une autre étude menée auprès de 71 familles monoparentales américaines de race blanche et de la classe moyenne, Richards et Schmiege (1993) ont fait remarquer que les parents avaient des forces dans leur relation avec leurs enfants. Parmi ces forces, il y a : le soutien aux enfants, la patience, l'aide pour l'adaptation des enfants et l'encouragement de l'autonomie. Le fait de forger un sentiment d'honnêteté et de confiance et de communiquer clairement les idées aux membres de la famille et aux amis constituaient aussi des indices de force. Dans leur étude, la plupart des répondants ont clairement indiqué qu'avec le temps il était devenu plus facile d'élever les enfants seuls.

Nancy Morrison (1995) a étudié les familles monoparentales heureuses du Centre-Ouest des États-Unis. Les entrevues ont duré deux heures. L'échantillon était composé de petites familles. Les mères étaient plus âgées et plus matures (moyenne d'âge de 38 ans), avaient un niveau d'éducation élevé et occupaient un emploi. Elles étaient toutes divorcées. Un grand nombre de familles avaient fait face à des problèmes et à des défis majeurs en plus de l'adaptation au divorce. Outre les crises financières du début et les déménagements - courants parmi les familles divorcées - certaines de ces familles avaient aussi vécu des crises comme : invalidité d'un parent, alcoolisme, cancer et viol. Pour ces familles, le processus engagé pour surmonter ces obstacles avait renforcé leur cellule familiale et largement contribué au sentiment d'avoir réussi en tant que famille (p. 200).

On a aussi demandé à chaque famille interviewée de dire de quelle façon elle estime que les familles monoparentales heureuses diffèrent des familles biparentales heureuses. Toutes se sont entendues sur le fait que la préférence irait à une famille biparentale qui fonctionne bien. Beaucoup estimaient que dans une famille biparentale, le succès dépend d'un mariage réussi et que sans cela, la famille serait certainement dysfonctionnelle. Dans chacune de ces familles monoparentales, il y a eu échec du mariage, mais les mères sentaient que les familles avaient réussi parce qu'elles pouvaient éviter le stress lié à des relations conjugales continuellement difficiles et profiter de certains des avantages du célibat.

Par définition, la principale différence entre une famille monoparentale et une famille biparentale est que la première n'a qu'un adulte au foyer. Les familles ont souligné beaucoup d'avantages inhérents liés à la famille monoparentale : la vie était plus simple et plus facile avec un seul adulte au foyer parce que la mère n'avait pas à s'occuper d'un mari, il y avait moins de tension et de conflit et la maison semblait plus calme (p. 212).

Malgré le fait que toutes les mères ayant participé à cette étude pouvaient énumérer des aspects à la fois positifs et négatifs de la monoparentalité, tout le monde s'accorde sur le fait que les parents seuls travaillent plus pour réussir leur rôle parental. Ils doivent être plus flexibles dans la gestion des horaires, plus organisés, trouver des moyens de répondre, seuls et en tant qu'adultes, à tous les besoins de la famille; et ils doivent faire preuve de plus créativité, développer des capacités d'adaptation nouvelles et inexplorées. Certaines des mères avaient conscience de ses nouvelles forces, mais d'autres éprouvaient de la difficulté à déterminer leurs propres forces en déclarant « Je n'ai fait que mon devoir - est-ce cela une force? » (p. 213).

La caractéristique la plus évidente de ces mères était le sentiment de confiance et de fierté d'avoir pu assumer avec succès leur condition de parent seul. Cette confiance était accompagnée d'une autonomie accrue, de la responsabilité et de l'estime de soi chez leurs enfants. Morrison (1995:217) résume comme suit son étude :

Au cours des près de 25 heures d'entrevues réalisées auprès de ces familles monoparentales ayant réussi, l'enquêteur a été particulièrement surpris par les attitudes positives démontrées par toutes ces familles. On s'attendait à ce que les familles qui disaient avoir « réussi » se présentent comme heureuses et satisfaites, mais l'approche positive à la vie qu'elles ont démontrée était beaucoup plus évidente. Elles ne se sont pas présentées comme des familles sans défaut; elles ont librement reconnu leurs difficultés et leurs faiblesses, ont parlé ouvertement des expériences et des sentiments négatifs. Néanmoins, règle générale, les mères n'étaient plus fâchées contre leurs ex-époux et les familles avaient réussi à surmonter la crise du divorce pour atteindre un niveau plus élevé de fonctionnement. Elles allaient de l'avant, étaient ouvertes à des expériences de croissance positive en plus d'être excitées par l'intimité croissante et la réussite de la famille. [Traduction]

Familles reconstituées

On n'a jamais vraiment écrit de « scénario » pour les belles-mères et les beaux-pères, exception faite des vilaines histoires à propos de la belle-mère de Cendrillon ou autres mythes du genre. Or, comme ces rôles sont très fréquents, nous essayons de les définir. Qu'est-ce qu'une belle-mère, un beau-père, une soeur par alliance, un demi-frère, etc. Voilà encore un exemple de notre besoin de définir consciemment le genre de famille que nous formons (Glossop, 1994: 9).

La plupart des enfants par alliance vivent dans des familles reconstituées. En 1994, environ 9 % des enfants canadiens de moins de 12 ans vivaient dans une famille reconstituée. Près de la moitié d'entre eux étaient des enfants par alliance tandis que les autres étaient issus de la famille reconstituée ou adoptés par cette dernière. La majorité des enfants vivant dans une famille reconstituée se retrouvaient la plupart du temps avec les enfants biologiques du couple et les enfants de l'épouse issus d'une relation précédente (c'est-à-dire « leur enfant » et « ses enfants ».

La majorité des enfants « par alliance » vivaient avec leur mère biologique et un beau-père et très peu vivaient auprès de leur père naturel et d'une belle-mère. En fait, les beaux-pères sont cinq fois plus nombreux que les belles-mères. La relation liée au rôle parental la plus répandue dans une famille reconstituée était la relation beau-père et belle-fille, tandis que la moins fréquente était la relation belle-mère et belle-fille. (Statistique Canada, 1997:9) En 1995, le Canada comptait 430 000 familles reconstituées (Statistique Canada, 1996:4). Pour une bonne analyse de la vie des enfants par alliance au Canada, lisez l'étude de David Cheal (1996:93-102).

Margaret Crosbie-Burnett, professeure adjointe et chercheuse à l'Université du Wisconsin, a terminé une étude d'évaluation de l'adaptation au sein des familles reconstituées. Quelque 87 ménages de la classe moyenne supérieure - principalement des ménages formés de personnes de race blanche où la mère avait la garde des enfants et un beau-père était présent ont été utilisés. (Step Family Bulletin, 1984:15)

Voici quelques-unes de ses conclusions :

  • Les familles se disant proches sur le plan affectif étaient celles où il y a des limites familiales flexibles qui laissent un espace psychologique personnel et, dans le cas des enfants en visite, un espace physique pour entretenir des liens affectifs entre les enfants et les pères qui n'ont pas leur garde.

  • Les familles où les adultes avaient plus de pouvoir de leadership que les enfants plus âgés se sont dites plus heureuses que celles où les enfants plus âgés ont gardé un certain statut de leadership acquis pendant le stade de la monoparentalité.

  • La satisfaction avec les relations belle-famille/enfants par alliance était plus souvent associée au bonheur de la famille qu'au succès de la relation conjugale.

  • Les enfants et les adolescents semblent en mesure d'entretenir des relations joyeuses et enrichissantes aussi bien avec le beau-père que le père biologique.

  • Les époux étaient les plus heureux lorsqu'ils se sentaient puissants à l'intérieur de la belle-famille en tant que membres à part entière et efficaces du groupe, lorsque leur rôle était clair dans leur propre tête et que leur épouse était heureuse dans la relation conjugale.

  • Les épouses étaient plus heureuses lorsque leur mari était heureux dans la relation conjugale, lorsque leur mari était psychologiquement inclus dans la cellule familiale et lorsqu'il se sentait puissant.

Patricia Kelley (1984), directrice de l'école de travail social de l'Université de l'Iowa (Iowa city), a étudié 20 familles reconstituées « en santé ». Kelley (1994:86-90) résume dans ses conclusions les forces majeures des familles reconstituées. L'importance d'une communication claire, avec certains mécanismes planifiés pour la mettre en oeuvre, constituait le dénominateur commun. Les réunions familiales régulières dotées de règles, dont autant de membres que possible ont discuté et approuvé, sont proposées et se tiennent dans ces familles, particulièrement au début du mariage.

L'autre thème connexe qui a émergé de ces entrevues était d'accorder plus d'importance au respect qu'à l'amour dans les relations au sein des familles reconstituées. Il n'y avait pas dans ces familles d'attente pour un amour spontané et égal. Dans la plupart d'entre elles, c'était normal d'appeler le beau-parent par son prénom ainsi que de se sentir plus proche et de passer plus de temps avec le parent biologique.

Ces familles tenaient à laisser de l'intimité et de l'espace. Il en faut plus que dans les familles biologiques et beaucoup de familles ont trouvé utile de développer leur propre sens de l'espace en déménageant en territoire neutre. La flexibilité était probablement le mot le plus souvent prononcé lorsque ces familles parlaient de ce qui leur importait. Enfin, le plus commun dénominateur dans ces familles était la capacité de s'amuser ensemble, de ne pas prendre les choses trop au sérieux et d'avoir le sens de l'humour.

Kelly (1984:89) affirme ce qui suit :

Les déclarations et les thèmes recueillis auprès de ces familles et qui seraient utiles en général comprennent la flexibilité, une communication claire, la diminution des stéréotypes sexuels, les loisirs, le sens de l'humour et de puissants systèmes de soutien social et communautaire. Cependant, dans les familles reconstituées, ces idées prennent une importance toute particulière. Les thèmes de ces familles qui indiquent des différences comprennent la discipline et la nurturance de l'un et non pas des deux adultes à la maison, plus d'alliances intergénérationnelles, des limites perméables accrues permettant aux enfants de séjourner dans les deux foyers sans se sentir écartés du système, l'inégalité des rôles parentaux ainsi que des ressources et des règles quelque peu différentes au sein de la famille. [Traduction]

Parents gais et lesbiennes

Ce n'est que dans les années 90 qu'on a commencé à documenter la pratique parentale des gais et lesbiennes. (Arnup, 1995; Bozett, 1987; Martin, 1993; Nelson, 1996 et Slater, 1995). On estime que trois millions de couples de lesbiennes et de gais sont en train d'élever un ou plusieurs enfants. (Schwarz et Scott, 1997:244). Au Canada, on estime que près d'un demi million de gais et de lesbiennes élèvent des enfants (Arnup, 1995:167). Les couples d'homosexuels bousculent les notions traditionnelles sur les familles et le rôle parental tout en soulignant le fait qu'un grand nombre de gais et lesbiennes, tout comme leurs homologues « hétérosexuels » perçoivent la condition parentale comme une entreprise enrichissante (Macionis, 1995).

Malgré le développement relativement récent que connaît ce domaine de recherche, nous pouvons encore examiner les forces inhérentes à cette structure familiale. Bien qu'on sache peu de choses sur comment les couples de gais et de lesbiennes assument leur rôle parental, la recherche disponible indique que les lesbiennes ont tendance à former des réseaux de soutien élargi qui fonctionnent comme n'importe quel autre réseau familial, sauf qu'il n'est pas patriarcal. Les ménages de lesbiennes ont tendance à être moins structurés autour de la division du travail basée sur le sexe. Il en résulte que les enfants qui vivent dans ces ménages sont susceptibles d'expérimenter des arrangements familiaux plus équitables. Bozett (1990) et Anderson (1993) ont affirmé sur la base de leur recherche qu'en tant que mères, les lesbiennes s'intéressent généralement plus aux enfants. Elles ont tendance à être plus attentives aux besoins de leurs enfants et à s'investir plus activement dans la vie de ces derniers que les mères hétérosexuelles. En réalité, certaines féministes ont affirmé que lorsque les mères lesbiennes quittent une relation hétérosexuelle malheureuse dans laquelle il y a des enfants, ceux-ci pourraient être mieux pris en charge sur le plan de la nurturance dans un ménage de lesbiennes où deux ou plusieurs femmes se partagent le rôle parental.

À l'instar des lesbiennes, beaucoup de gais qui élèvent des enfants ont tendance à faire preuve de plus de nurturance et à être plus rigides en termes de socialisation du rôle basé sur le sexe et de la division des tâches domestiques en fonction du sexe que les pères hétérosexuels. De plus, les pères gais sont susceptibles d'être plus stricts sur le plan de la discipline que les pères hétérosexuels (Andersen, 1993). Miller (1992) et Laird (1993) affirment qu'en général, les parents gais et lesbiennes ont tendance à faire face à moins de problèmes de comportement avec leurs enfants par rapport aux parents hétérosexuels. Les problèmes qui surviennent sont souvent dus non pas à l'orientation sexuelle des parents, mais plutôt à l'influence extérieure et à l'interférence ainsi qu'au niveau de tolérance de la société des stéréotypes négatifs à l'égard des parents lesbiennes et gais (Lindsey, 1994).

Bien des gens croient que grandir dans un ménage de gais ou de lesbiennes est malsain sur le plan affectif pour les enfants et peut causer de la confusion pour leur propre sexualité. Cependant, la recherche démontre invariablement que les enfants de gais et de lesbiennes sont généralement compréhensifs, accommodants et réceptifs au style de vie de leurs parents. En outre, ils sont aussi bien équilibrés que les enfants élevés dans un ménage hétérosexuel. Ces enfants ne subissent pas non plus de dommage psychologique majeur, pas plus qu'ils ne manifestent de propension homosexuelle. En fait, ils ne sont guère plus susceptibles de devenir homosexuels que leurs pairs élevés dans une famille hétérosexuelle (Falks et al, 1995). Selon Charlotte Patterson (1992), être élevé par des parents gais ou lesbiennes peut avoir des impacts positifs. Par exemple, le fait d'avoir des modèles adultes non traditionnels à émuler permet aux enfants de mieux apprécier la diversité. De plus, avoir un parent différent peut faciliter la tâche à l'enfant qui veut être différent ou indépendant. L'enfant pourrait être plus tolérant, réceptif et moins porté à juger les autres parce qu'on lui a appris à accepter les différences sociales et individuelles. Les mères lesbiennes sentent souvent que leurs enfants jouissent d'une force, d'une compassion et d'une maturité qui dépassent leur âge.

Un nombre significatif de gais et de lesbiennes ont vécu un mariage hétérosexuel et dans certains cas, des enfants sont issus de ces mariages (Lamanna et Riedman, 1997:355-356). Environ 56 % des couples de lesbiennes ont des enfants vivant avec eux (Harry, 1983) et souvent issus de mariages précédents. Les gais et les lesbiennes ont aussi cherché à devenir parents par le biais de l'adoption comme parents seuls et comme parents biologiques lorsqu'un des partenaires donne naissance à un bébé que le couple élève ensemble.

Commentaires sur la recherche existante

Certaines des qualités retenues pour la durabilité des familles sont indiquées au Tableau 2.

Tableau 2Résultats de recherche : Soixante qualités qui garantissent la durabilité du mariage aux États-Unis et au Canada
AdaptationIntérêt authentique pour les enfants
Preuve d'affectionRire ensemble
S'entendre sur les objectifsMoindre recours à l'autoritarisme
S'apprécier mutuellementÉcoute
AltruismeAmour
Équilibre dans la vieLoyauté
Bonne entente entre les enfantsEntretenir des relations communautaires
EngagementPatience
Communication ouverteDéfinition précise des structures de pouvoir
Esprit de compromisPromouvoir le bien-être mutuel
Se confier l'un à l'autreRéciprocité
Régler les crisesOrientation religieuse
CuriositéBonnes relations avec les enfants adultes
EfficienceRespect mutuel
EmpathieAdaptabilité dans les rôles familiaux
Échange d'idéesSens du jeu
DémonstratifSexualité satisfaisante
Règles familiales clairesPartage des responsabilités
FidélitéRecherche d'aide en cas de problème
Coalition parentale solideInteraction spontanée
AmitiéLiens de parenté solides
Frontières générationnelles clairesSoutien mutuel
Concessions mutuellesEnseigne la notion du bien et du mal
Bons modèles à é muler dans la familleTemps passé ensemble
Travailler sérieusementConfiance mutuelle
Adopter un rythme relaxéCompréhension
Haut niveau de spontanéité concernant l'accordAime rendre service à autrui
HonnêtetéTient aux bonnes relations
HumourForces du moi bien développées
IndépendanceS'investir dans les relations

Source :   Schlesinger et Schlesinger (1987:30)

Les limites des études comprennent les aspects suivants :

  • L'échantillon provient surtout de la classe moyenne
  • L'échantillon se compose surtout de personnes de race blanche et éduquées
  • Il y a très peu de variation « ethnique » dans leurs échantillons
  • La majorité des études ont été réalisées dans les années 80 et très peu dans les années 90.
  • La majorité des études sont américaines et nous comptons très peu d'études canadiennes sur les points forts des familles
  • Certains échantillons étaient très petits
  • Il n'existe pas d'études longitudinales dans ce domaine
  • Il n'y a presque pas de comparaisons transculturelles sur la question.

Par ailleurs, elles nous donnent une bonne idée de la vie dans les familles fortes.

Conclusion

Dans son Rapport mondial sur le développement humain (1992), l'ONU a déclaré que le Canada jouissait de la meilleure qualité de vie au monde. Les Canadiens peuvent espérer vivre plus longtemps, avoir un revenu moyen plus élevé et plus de possibilités relatives à l'éducation et aux études supérieures en plus de vivre dans un pays moins peuplé que la plupart des autres pays du monde.

Le comité des ONG des Nations Unies sur la famille (1994) a inclus deux points dans ses lignes directrices (p. 3) :

  • Les différences régionales, nationales et culturelles dans tous les types de familles doivent être respectées et on doit éviter la discrimination entre elles. Le respect et la non discrimination doivent viser la dignité de la famille, la protection de la vie familiale et le plein développement des membres individuels de la famille.

  • On doit respecter les valeurs religieuses, philosophiques et éthiques ou les opinions politiques de chaque membre de la famille. On doit aussi respecter sa liberté d'exprimer, comme membre de la famille ou collectivement avec d'autres, sa culture et sa religion. [Traduction]

Nous vivons dans un pays où la plupart des familles gèrent leur vie quotidienne de manière satisfaisante. Stephanie Coontz (1992:278) a souligné que pour assumer les obligations sociales et l'interdépendance au 21e siècle, nous devons abandonner toute illusion que nous pouvons ou devrions raviver une certaine famille traditionnelle en grande partie mythique. Nous avons besoin d'inventer de nouvelles traditions familiales et trouver des moyens de faire renaître les vieilles traditions communautaires, et non pas nous complaire dans la nostalgie du passé ou dans le mépris systématique des personnes dont les valeurs familiales ne correspondent pas aux nôtres. Il y a de bonnes raisons d'espérer que nous pouvons développer de telles traditions, mais seulement si nous écartons les solutions simplistes basées sur une perception romantique du passé. Nous ne pouvons pas retourner à la « famille de la nostalgie ».

Léon Tolstoï a écrit que toutes les familles heureuses se ressemblent, alors que chaque famille malheureuse l'est à sa manière. ? Nous ne pensons pas pouvoir faire nôtre cette citation. À notre avis, nous estimons que toutes les familles durables sont uniques dans le cycle de leur propre vie familiale. Chacune s'arrange pour poursuivre sa croissance dans son style de vie unique. Il est temps de renforcer les aspects positifs de la vie familiale, de donner crédit aux familles qui arrivent à surmonter le stress quotidien et à entrer dans le 21e siècle comme des familles fortes.

Il importe aussi de savoir que toutes nos différentes structures familiales comportent des forces. Robert Glossop (1994:10) fait écho à cette opinion après avoir passé la vie en revue dans « La famille canadienne : entretien avec Robert Glossop » :

Le fait qui m'a le plus agréablement surpris, c'est qu'en dépit de la diversité des comportements en matière de formation et de fonctionnement, il est possible de définir les aspirations, les obligations et les besoins communs des familles canadiennes. Quand vous rassemblez dans une pièce un groupe de personnes dont la situation est différente, il ne faut pas beaucoup de temps pour que ces dernières reconnaissent et comprennent que ce qui pose un problème pour certaines d'entre elles posent un problème pour la plupart des autres. De plus en plus, il nous faudra reconnaître et mieux comprendre la diversité. Parallèlement, nous devons comprendre les éléments et les aspects communs aux différents comportements en matière de formation et de fonctionnement des familles... si nous voulons réellement apprendre à réagir de façon constructive à cette diversité et prêter notre appui aux familles du Canada.

Bibliographie

References

Abbott, D.A. et Meredith, W.H. (1988). Characteristics of strong families: Perspectives of ethnic parents. Home Economics Research Journal, 17 (2), 140-147.

Alberta, Premier's Council in Support of Families (1993). Perspectives on Family Well-being. Edmonton, mars.

Altrocchi, J. (1988). Happy Traditional and Companionship Marriages. Social Casework, 69 (Sept.), 434-442.

Ambert, A. (1986). Being a stepparent: Live-in and visiting stepchildren. Journal of Marriage and the Family, 48, 745-804.

Ammons, P. et Stinnett, N. (1980). The Vital Marriage: A Closer Look. Family Relations, 29, 1, 37-42.

Andersen, M. (1993). Thinking About Women: Sociological Perspectives on Sex and Gender. New York : Macmillan, 3e édition.

Arnup, K. (Ed.) (1995). Lesbian Parenting: Living with Pride and Prejudice. Charlottetown, Î.-P.-É. : Gynergy Books.

Barnhill, L. (1979). Healthy Family Systems. The Family Coordinator, 28, 94-100.

Beavers, W.R. (1985). Successful Marriage. New York : W.W. Norton.

Bozett, F.W. (Éd. int.) (1987). Gay and Lesbian Parents. New York : Praeger.

Bozett, F.W. et Sussman, M.B. (Eds.) (1990). Homosexuality and Family Relations. New York : Harrington Park Press.

Broderick, C. (1983). Family as Inventor of Resources for Revival. (Dans) National Symposium of Family Strengths. (pp. 24-25). Oakville : Sheridan College.

Brown, K. (1987). Stepmothering: Myths and Realities. Affilia, 2, Hiver, 34:45.

Cameron, P. et Cameron, K. (1996). Homosexual Parents: Adolescence, 31, No. 124, Hiver, 757-776.

Comité canadien pour l'année internationale de la famille (1995). Family Policy in Canada: What comes after the IYF? Ottawa : janvier. (énoncé de principes)

Cheal, D. (1996). Histoires de familles reconstituées dans Grandir au Canada, pp. 105-113. Ottawa : Statistique Canada.

Cocivera, M. (1982). Normal Families Deserve Support and Encouragement.
Guelph : University of Guelph, Fact Sheet. 2pp.

Coontz, S. (1992). The Way We Never Were: American Families and the Nostalgia Trap. New York : Basic Books.

Costello, C.Y. (1997). Conceiving Identity. Bisexual, Lesbian and Gay Parents Consider their Children?s Sexual Orientation. Journal of Sociology and Social Welfare, 24, 3, Septembre, 63-85.

Curran, D. (1983). Traits of a Healthy Family. Minneapolis, Minnesota : Winston Press.

Daly, K.J. (1996). Families and Time: Keeping Peace in a Hurried Culture. Thousand Oaks, California : Sage.

Eastman, M. (1989). Family: The Vital Factor. Melbourne, Australie : Collins Dove.

Elkin, F. (1964). La famille au Canada. Ottawa : Institut Vanier de la famille.

Fields, N.S. (1983). Satisfaction in Long-Term Marriages: Social Work, 28, 1, 37-41.

Fine, M.A. (1995). The Clarity and Content of the Stepparent Role: A Review of the Literature. Journal of Divorce and Remarriage, 24, ?, 19-34.

Fisher, R.; Giblin, P.R.; et Hoppes, M.M. (1982). Healthy Family Functioning: What Therapists Say and What Families Want. Journal of Marital and Family Therapy, 8, (Juillet), 273-284.

Gantman, C.A. (1980). A Closer Look at Families That Work Well. International Journal of Family Therapy, 2, (2), 106-119.

Gattrell, N. et al. (1996). The National Lesbian Family Study. American Journal of Orthopsychiatry, 66, 2, 272-281.

Glossop, R. (1994). La famille canadienne : entretien avec Robert Glossop. Tendances sociales canadiennes, No. 35, Hiver, 2-10.

Gottman, J.M. (1994). Why Marriages Succeed or Fail. New York : Simon and Schuster.

Greif, G.I. (1985). Single Fathers. Lexington : Lexington Books.

Guldner, C. (1983). Well Family Functioning. Dans National Symposium of Family Strengths. (pp. 44-47). Oakville : Sheridan College.

Hansen, C. (1981). Living with Normal Families. Family Process, 20, 58-75.

Hanson, S. (1986). Healthy Single Parent Families. Family Relations, 35, 1, 125-132.

Hanson, S. et Trilling, J.A. (1983). A Proposed study of the Characteristics of the healthy single parent family. Family Perspective, 17, 2, 79-88.

Harry, J. (1983). Gay Male and Lesbian Relationships. (Dans) E. Macklin and R.H. Rubin (éd. int.) Contemporary Families and Alternative Lifestyles: Handbook on Research and Theory, pp. 216-34. Newbury, California : Sage.

Hobbs, N. et al. (1984). Strengthening Families. San Francisco : Jossey-Bass.

Développement des ressources humaines Canada (1996). Grandir au Canada : Enquête longitidunale nationale sur les enfants et les jeunes. Ottawa : Statistique Canada, Catalogue # 89-550-MPF, No. 1.

Ihinger-Tallman, M. (1988). Research on Stepfamilies. Annual Review of Sociology, 14, 25-48.

Johnson Foundation (1978). Strengthening Families Through Informal Support Systems. Ravine, Wisconsin : Wingspread Conference.

Kantrowitz, B. (1996). Couples Come Out: Same Sex Parents. Newsweek, Novembre 4, 51-54.

Kaslow, F.W. et Hammerschmidt, B. (1992). Long Term `Good? Marriages: The Seemingly Essential Ingredients. Journal of Couples Therapy, 3, 15-38.

Kelley, P. (1994). Developing Healthy Stepfamilies: Twenty Families Tell Their Stories. Binghamton, New York : Haworth Press (Harrington Park Press).

King, K.F. (1983). Recognizing Family Strengths. Dans National Symposium of Family Strengths. (pp. 48-60). Oakville : Sheridan College.

Kissman, K. et Allen, J.A. (1993). Single-Parent Families. Newbury Park : Sage.

Lamanna, M.A. et Riedmann, A. (1997). Marriages and Families: Making Choices in a Diverse Society. Belmont, California : Wadsworth Publishing Co., 6e édition.

Laird, J. (1993). Lesbian and Gay Families. (Dans) E. Walsh ed. Normal Family Process, 2e éd., pp. 282-330. New York : Guilford Press.

Lauer, R.H. et Lauer, J.C. (1986). Factors in Long-Term Marriages. Journal of Family Issues, 7, 383-390.

Levy, J. et Munroe, R. (1938). The Happy Family. New York : Alfred A. Knopf.

Lewis, J.M.; Beavers, R.W.; Gossett, J.T., et Phillips, V. (1976). No Single Thread. Psychological Health in Family Systems. New York : Brummer-Mazel.

Lindsey, L. (1994). Gender Roles: A Sociological Perspective. Englewood, N.J. : Prentice Hall, 2e édition.

Macionis, J. (1995). Sociology. Englewood Cliffs, N.J. : Prentice-Hall, 5e édition.

Martin, A. (1995). The Lesbian and Gay Parenting Handbook: Creating and Raising Our Families. New York : Harper Colins, 1993.

Messinger, L. (1984). Remarriage: A Family Affair. New York : Plenum.

Miller, B. et Cafasso, L. (1992). Gender Differences in Caregiving: Fact or Artifact. The Gerontologist, 32, 4, 498-507.

Morrison, J. (Éd. int.) (1965). Le Congrès canadien de la famille Ottawa : Institut Vanier de la famille.

Morrison, N.C. (1995). Successful Single-Parent Families. Journal of Divorce and Remarriage. 22, 3/4, 205-219.

Mudd, E. et Taubin, S. (1982). Success in Family Living: Does It Last? A Twenty-Year Follow up. The American Journal of Family Therapy, 10 (Printemps), 59-67.

NGO Committee on the Family (1994). Guiding Principles on the Family. Vienna : International Centre.

Nelson, Fiona (1996). Lesbian Motherhood: An Exploration of Canadian Lesbian Families. Toronto : University of Toronto Press.

Nichols, W.C. (1982). Preserving Traditional Families: The Myth, The Reality, The Need. Conciliation Courts Review, 20, Décembre, 55-61.

Olson, D.H. et DeFrain, J. (1994). Marriage and the Family: Diversity and Strengths. Toronto : Mayfield.

Olson, D.H. et McCubbin, H.I. (1983). Families: What makes them work? Beverly Hills : Sage.

Olson, M.R. et Haynes, J.A. (1993). Successful Single Parents. Families in Society, 74, 5, 259-267.

Parron, E. et Troll, L.A. (1978). Golden Wedding Couples. Alternative Lifestyles, 1, Novembre, 447-464.

Pasley, K. et Ihinger-Tallman, M. (Éd. int.) (1994). Stepparenting: Issues in Theory, Research and Practice. Westport, Connecticut : Greenwood.

Patterson, G.J. (1992). Children of Lesbian and Gay Parents. Child Development, 63 (Octobre), 1025-1042.

Progrebin, L. (1983). Family Politics. New York : McGraw-Hill.

Reid, A. (1994). L'État de la famille au Canada. Toronto : Groupe Angus Reid.

Richards, L.N. et Schmiege, C.J. (1993). Problems and Strengths of Single-Parent Families: Implications for Practice and Policy. Family Relations, 42, 3, 277-285.

Ross, D.P. Scott, K. et Kelly, M.A. (1996). Aperçu : Les enfants du Canada durant les années 90 (Dans) Grandir au Canada : Enquête longitidunale nationale sur les enfants et les jeunes (pp. 15-46). Ottawa : Statistique Canada.

Schlesinger, B. (1982). Lasting Marriages in the 1980?s. Conciliation Courts Review, 20, 43-49.

Schlesinger, B. (1983). Lasting and Functioning Families in the 1980?s. Canadian Journal of Community Mental Health, 2, (Septembre), 45-56.

Schlesinger, B. (1995). Children in One-Parent Families: A Review. International Journal of Sociology of the Family, 25 (2), 105-114.

Schlesinger, B. (1996). Lone-Parent Families in Cross-Cultural Perspectives. International Journal of Sociology of the Family, 26 (1), 89-105.

Schlesinger, B. et Giblon, S.T. (1984). Lasting Marriages.
Toronto : Guidance Centre, Faculty of Education, University of Toronto.

Schlesinger, B. et Schlesinger, R. (1987). Lasting Marriages and Families: Accentuating the Positive. Pastoral Sciences, 6, 25-37.

Schlesinger, B. et Schlesinger, R.A. (1988). Canadian Families: A Resource Guide. Toronto : OISE Press.

Schlesinger, R.A. et Schlesinger, B. (1992). Canadian Families in Transition.
Toronto : Canadian Scholars? Press.

Schumm, W.R. (1985). Beyond Relationships Characteristics of Strong Families: Constructing a model of family strengths. Family Process, 19, 1, 1-9.

Schwarz, M.A. et Scott, B.M. (1997). Marriages and Families: Diversity and Change. Upper Saddle River : N.J., Prentice Hall, 2e. éd.

Sheridan College (1983). National Symposium on Family Strengths. Toronto : Ontario.

Siegel, R.J. (1982). The Long-Term Marriage: Implications for Therapy. Women and Therapy, 1, Printemps, 3-11.

Simenson, C.M. (1995). Building Family Strengths: Minneapolis : University of Minnesota Extension Service.

Slater, S. (1995). The Lesbian Family Life Cycle. New York : The Free Press.

Sporakowski, M.J. et Hughston, G.A. (1978). Prescriptions for Happy Marriage: Adjustments and Satisfactions of Couples Married for 50 or More Years. The Family Coordinator, 27 (Oct.), 321-327.

Stacey, J. (1996). In the Name of the Family: Rethinking Family Values in the Postmodern Age. Boston : Beacon Press.

Stafford, A.F. et Donelson, A.W. (1981). Profile of the Creative Family. Family Perspective, 15, Hiver, 21-26.

Statistique Canada (1996). Familles canadiennes : diversité et changement. Le Quotidien, 19 juin 1996.

Statistique Canada (1997). Les enfants du Canada durant les années 90. Tendances sociales canadiennes, Printemps, 2-9.

Statistique Canada (1997). Recensement de 1996 : État matrimonial, unions libres et familles. Le Quotidien, 14 octobre 1997.

Stepfamily Bulletin (1984). Study Assesses Stepfamily Adjustment. Stepfamily Bulletin, Printemps.

Stinnett, N. et al. (1979). Building Family Strengths. Lincoln, Nebraska : University of Nebraska Press.

Stinnett, N. et al. (1981). Family Strengths #3. Lincoln, Nebraska : University of Nebraska Press.

Stinnett, et. al. (1982). Family Strengths #4. Lincoln, Nebraska : University of Nebraska Press.

Strong, B. et DeVault (1995). The Marriage and Family Experience. New York : West Publishing Co., 6e édition.

Thomson, H. (1966). The Successful Stepparent. New York : Harper and Row.

Institut Vanier de la famille (1994). Profil des familles canadiennes. Ottawa : Institut Vanier de la famille.

Visher, E. et Visher, J. (1982). How to Win as a Stepfamily. New York : Dembner Books.

Visher, E. et Visher, J.S. (1988). Old Loyalties, New Ties. New York : Brunner-Mazel.

Wallerstein, J.S. et Blakeslee, S. (1996). The Good Marriage. New York : Time Warner.

Walsh, F. (Éd. int.) (1982). Normal Family Processes. New York : The Guilford Press.

Westley, W.A. et Epstein, N.B. (1969). The Silent Majority. San Francisco : Jossey-Boss.

Zimmerman, C. et Cervantes, L.F. (1960). Successful American Families. New York : Pageant Press.

Zimmerman, S.I. (1980). The Family Building Block or Anachronism. Social Casework, 61, 4, 195-204.

Zimmerman, S.I. (1988). Understanding Family Policy: Theoretical Approaches. Beverly Hills : Sage.

Annexe

Quelques citations pertinentes sur les forces des familles

Les familles forment un des rares regroupements de la société qui incarnent les valeurs de rechange aux motifs technocratiques et axés sur les profits qui pullulent dans la société contemporaine. Les familles et les valeurs familiales constituent la principale solution de rechange à la mentalité égoïste et individualiste. Dans cette perspective, les familles devraient être soutenues non seulement parce qu'elles créent la composante de la société, les êtres humains, mais parce que le partage, la flexibilité et la communalité de la vie familiale quand elles sont à leur meilleur procurent un modèle différent de ce que peut être la société. (Eastman, 1989, XI)

La famille dure. Nous pouvons garantir la survie de la famille en offrant du soutien, de l'enrichissement et de l'encouragement, mais aussi en aidant les familles qui fonctionnent bien la plupart du temps à traverser certaines périodes difficiles. Dans un monde aussi trépidant qu'impersonnel, la famille peut et doit être un oasis de sécurité, de confiance et d'amour. (Cocivera, 1982:2).

La famille se débrouille peut-être beaucoup mieux que d'autres institutions sociales lorsqu'on évalue sa performance, malgré les anomalies décourageantes et ennuyeuses dans lesquelles certaines familles se retrouvent et qui retiennent tant l'attention du public : mauvais traitements infligés aux enfants, aux femmes, toxicomanie, suicide, homicide, etc. Cependant, en pensant à ces anomalies, il importe de se rappeler qu'elles ne sont pas le lot de la majorité des familles. En outre, la plupart des familles - malgré les structures changeantes et un environnement souvent hostile (ou en raison de tout cela) - exécutent leurs fonctions et répondent aux besoins de leurs membres de la société, apparemment mieux que la société répond aux besoins des familles. (Zimmerman, 1980:204)

Malheureusement, dans ce monde de plus en plus axé sur les moyens, un monde pratique dominé par la rigueur économique, la réaction politique et le malaise social, seule une minorité de citoyens plutôt aisés profitent des ressources nécessaires pour atteindre une grande partie du potentiel terriblement alléchant des options familiales postmodernes. Il est donc peu étonnant que tant de gens succombent à la nostalgie de l'ordre familial moderne. Cependant, nous n'avons pas le choix de retourner à cet ordre, même si nous le voulions vraiment. Au lieu de cela, notre tâche urgente est d'avancer (et non de reculer) vers le régime familial postmoderne. Nous ferions bien de commencer à favoriser l'accès à ses opportunités, ses responsabilités et ses dangers de façon beaucoup plus équitable parce que, pour le meilleur et pour le pire, la révolution de la famille postmoderne est ici pour rester. (Stacey:37)

Je suis venue à la 4e Conférence mondiale de Beijing au nom des familles de lesbiennes. Nous faisons partie des familles. Nous sommes des filles, des soeurs, des tantes, des nièces, des cousines. De plus, nombre d'entre nous sommes des mères et des grands-mères. Nous partageons les préoccupations de nos familles qui sont les mêmes que celles des femmes de partout au monde. (dans Stacey, 1996:105)

Source : Simenson, C.M. (1995)

La famille en santé :

Ì Communique : parle, écoute et partage ses sentiments avec ses membres

Ì S'entraide et se soutient sur une base fréquente et spontanée. Chaque membre de la famille est reconnu pour ses aptitudes propres, ses intérêts, ses contributions et ses talents particuliers.

Ì Enseigne et pratique le respect mutuel.

Ì Nourrit un sentiment de confiance mutuelle et leur amour, leur solidarité et leur loyauté sont indéfectibles et durables.

Ì Démontre un sens du partage des responsabilités pour la prise de décision démocratique et la planification.

Ì Enseigne et pratique la notion du bien et du mal.

Ì Respecte leur intimité réciproque.

Ì Possède un sens élevé de la famille où les traditions et les rituels sont célébrés et appréciés.

Ì Partage la même foi religieuse.

Ì Aime s'occuper des autres, les aider et leur rendre service

Ì Reconnaît la présence de problèmes, recherche de l'aide le cas échéant, utilise des stratégies d'adaptation positives pour surmonter les situations difficiles.

Ì Aime manger, travailler, jouer et apprendre ensemble.

Ì Fait preuve de créativité, de souplesse et d'ouverture à l'égard du changement.

Ì Possède un degré élevé d'unité et de cohésion centrées sur des valeurs et des objectifs communs qui sont significatifs et orientent la vie familiale quotidienne.

Ì Entretient des relations avec la famille élargie.

Ì Encourage la santé physique et mentale.

Ì Autre (précisez)

Source: Source : Simenson, C.M. (1995)

Les principaux ingrédients communs à toutes ces caractéristiques sont l'appréciation, la communication, l'engagement et les soins mutuels.

Ces caractéristiques sont mieux perçues comme des points que votre famille aimerait peut-être examiner; comme outils pour favoriser la discussion et l'interaction familiales; comme de l'information sur les actions que les membres de votre famille pourraient entreprendre en son nom propre; comme perspectives pour soutenir la sensibilisation intuitive et les compétences; et, elles offrent en outre de nouvelles possibilités. NE LES INTERPRÉTEZ PAS comme une autre série de règles à suivre pour réussir ou un aide-mémoire pour évaluer votre propre famille et les autres. La force de consolidation consiste à reconnaître et à célébrer l'individualité et le caractère unique de votre famille.

 

LES FORCES DE LA FAMILLE
LES FORCES DE LA FAMILLE
Cochez les domaines où vous croyez que votre famille est particulièrement forte et laissez en blanc ceux sur lesquels votre famille pourrait travailler.
    Communication    Soutien, affirmation de soi  Valeur égale
  Confiance   Respect  Humour
  Temps ensemble, par choix  Rituels et traditions  Promouvoir le mieux-être
  Régler les problèmes de façon créatrice  Valeurs claires/partagées  Règles claires
  Souplesse au changement, adaptabilité  Équilibre du pouvoir  Nurturance
  Discipline non violente  Sexualité saine    Aide extérieure
  Base religieuse partagée  Prendre soin de soi et des autres  Adaptation positive
LES FORCES DE LA FAMILLE
N'oubliez pas que chaque famille a ses forces et ses difficultés. Une bonne façon de renforcer votre vie familiale est de renforcer les points positifs et de célébrer
l'individualité de chaque membre de la famille. Une famille croît ensemble et de
l'intérieur. Les familles en santé sont le résultat de petits efforts quotidiens et continus.

Source : Simenson C.M. (1995)



Abonnez-vous à la liste d'envoi de l'IVF!