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Imprimé du site web de l'Institut Vanier de la famille www.ivfamille.ca. Droits d'auteur 2007. Les forces de la famille : renforcer les points positifs Table des matièes
Le premier congrès de la famille, tenu du 7 au 10 juin 1964 à Ottawa, a été planifié et organisé pour permettre à la population canadienne de réfléchir sur la vie familiale dans la société moderne; sur son rôle et son sens, ses conditions d'existence, ses forces, ses faiblesses, ses difficultés et son avenir probable. L'idée de tenir un congrès sur la famille émanait du Gouverneur général et de Madame Vanier qui partageaient un profond intérêt pour tous les aspects de la vie familiale ainsi qu'un ardent désir d'encourager les efforts pratiques pour consolider cette institution centrale. En plus de parrainer ce congrès, ils l'ont soutenu activement et particip&eactute; à sa planification ainsi qu'aux travaux proprement dits (Morrison, 1965). De cet effort est né l'Institut Vanier de la famille (IVF) en 1965. Le congrès a demandé à Frederick Elkin (1964) de produire le document La famille au Canada, une initiative sans précédent pour examiner les connaissances et les lacunes relatives aux questions familiales. Elkin (1964:7) souligne ce qui suit dans ses premiers commentaires :
En 1998, trente-quatre ans plus tard, cette déclaration reste toujours d'actualité pour l'IVF. La famille est bel et bien vivante en ce vingtième siècle malgré les rapports largement publiés voulant qu'il s'agisse d'une institution sociale obsolète. Les critiques sociaux déplorent la désintégration de la famille en s'appuyant sur le taux élevé de divorce, la délinquance juvénile, les mauvais traitements dont sont victimes les femmes et les enfants ainsi que l'isolement des personnes âgées. Ce sombre tableau ne correspond pas à la réalité de la plupart des familles canadiennes. La majorité de nos familles s'en tirent bien la plupart du temps même si elles sont conscientes que la vie n'est pas toujours rose. (Guldner, 1983:44) Claude Guldner (1983) souligne que pour comprendre le fonctionnement des familles, nous devons explorer leur organisation, leur idéologie et leur structure. Les familles se ressemblent dans plusieurs aspects car elles possèdent toutes une organisation, une idéologie ou des systèmes de croyance et une structure. Cependant, c'est justement la façon dont chaque famille aborde l'un ou l'autre de ces aspects qui la rend unique au monde. Les familles ne vivent pas dans l'isolement. Elles interagissent avec d'autres systèmes majeurs de notre société. Huit de ces facteurs ont un impact essentiel sur les familles et vice-versa. Ces facteurs sont :
Nous ne pouvons pas vraiment comprendre la famille hors de son contexte d'évolution quotidienne (Guldner, 1983:45). Carlfred Broderick (1983:24) affirme que la famille est la plus solide structure évolutive de l'humanité. Elle survivra à toutes les autres organisations. Plus que toute autre structure sociale, la famille supporte sans contredit un plus grand fardeau dans la survie individuelle de l'humanité et la transmission de la civilisation et de la culture. Broderick note en outre qu'il est facile de tenir la famille pour acquis et qu'on oublie que la famille constitue la cellule normale du fonctionnement matériel et de la survie. Il s'agit de la cellule de base du foyer et du soutien économique. La nourriture, le vêtement et le logement ainsi que les services personnels sont centrés sur la famille, y compris l'écrasante responsabilité pour la quasi totalité des membres à charge de la société comme les enfants, les personnes âgées, handicapées, malades ou inoccupées. Au-delà de ces services directs, les familles agissent aussi comme principales instructrices en compétences de base (règles de l'interaction sociale et de la communication, hygiène personnelle, responsabilité, etc.) en plus de constituer un système de soutien incontournable qui assure le succès des institutions secondaires comme les écoles. Pour terminer, il affirme que (Broderick, 1983:25) :):Rien ne démontre peut-être de façon aussi frappante la solidité du caractère évolutif de la famille que ses antécédents en matière de survie dans des contextes où la destruction a été érigée en politique sociale, comme dans la Russie des années 20 et 30. La famille a survécu aux guerres les plus catastrophiques et les plus dévastatrices. En effet, les gouvernements passent, mais la structure familiale de base demeure, génération après génération. [Traduction] .
Les fonctions de base des familles Comme l'indique la définition de l'IVF, les familles remplissent des fonctions essentielles pour la société et ses membres. La société telle que nous la connaissons serait tout simplement inimaginable sans elles. La chercheuse Shirley Zimmerman (1988:75-76) a dressé une liste de six fonctions familiales de base dont elle souligne la grande importance :
Les différents types de familles En ces années 90, nous comptons différents types de familles. À l'occasion de l'Année internationale de la famille (1994), l'Institut Vanier de la famille à décrit les familles comme suit :
Stinnett et al (1979) ont traité des caractéristiques des familles fortes et examiné (1982) en profondeur ce type de famille. Au total, 438 époux et épouses de toutes les régions des États-Unis ont répondu en citant leurs forces. Stinnett et al (1979) ont répertorié six qualités des familles fortes, à savoir : s'apprécier réciproquement, passer du temps ensemble, avoir de bonnes habitudes de communication, être engagé, avoir une orientation religieuse et pouvoir régler efficacement les crises. Stinnett et al (1981) ont aussi étudié 66 familles fortes. Pour la vaste majorité des familles, les crises servaient de catalyseurs pour une croissance positive. La famille est aussi capable de rechercher et d'utiliser cette aide en situation de crise. Ainsi, elle reconnaît ses points vulnérables. Strong et DeVault (1995:600-612) résument certaines études américaines concernant les « familles fortes ». Dans les familles fortes, les membres :
Dans l'étude de Stinnett et DeFrain (1985), les familles décrivent la « dimension spirituelle » de différentes façons : « la foi en Dieu, la foi en l'humanité, le comportement éthique, l'unité avec tous les êtres vivants, l'amour d'autrui, la religion. » La définition de la spiritualité est large parce qu'il s'agit d'un concept purement subjectif; elle signifie quelque chose de différent selon les personnes. Cependant, les familles fortes partagent une spiritualité commune. Dans ces familles, le bien-être spirituel est une &lraquo; force unificatrice, un centre de soins inhérent à chaque personne et qui encourage le partage, l'amour et la compassion pour autrui. C'est une force qui aide toute personne à se transcender et à faire partie de quelque chose de plus grand » (Stinnett et DeFrain, 1985). [Traduction] Les familles ayant une orientation spirituelle entrevoient pour leurs membres un plus large objectif qui va au-delà du simple maintien et de l'autosatisfaction. Elles perçoivent leur famille comme contribuant au bien-être du quartier, de la ville, du pays ou du monde ainsi qu'un moyen par lequel elles peuvent exprimer l'amour, la compassion et l'hospitalité. Beaucoup de familles trouvent le soutien et l'expression de la force et de l'objectif spirituel au sein d'associations religieuses. Ces familles retrouvent dans les activités religieuses un cadre transcendental où elles cristallisent les valeurs familiales, les tendances comportementales et les objectifs en plus de constituer une source de force avec laquelle elles essaient de perpétuer ces valeurs. Une étude novatrice menée par Westley et Epstein (1969) voici près de trente ans a analysé la santé émotionnelle de familles à Montréal. Leur plus importante conclusion était que la santé affective des enfants est étroitement liée à la relation émotionnelle entre leurs parents. Lorsque ces relations sont chaleureuses et constructives, par exemple quand le mari et la femme se sentent aimés, admirés et encouragés d'agir de façon qu'ils admirent eux-mêmes, les enfants sont heureux et en santé. Les couples qui sont proches sur le plan émotionnel, qui répondent à leurs besoins réciproques et encouragent une image de soi mutuelle positive deviennent de bons parents. Comme ils répondent aux besoins l'un de l'autre, ils ne se servent pas de leurs enfants pour vivre leurs propres besoins. De plus, puisqu'ils sont heureux et satisfaits, ils peuvent aider leurs enfants et répondre à leurs besoins. De plus, étant donné que leurs propres identités sont clarifiées, ils perçoivent leurs enfants comme étant distincts d'eux-mêmes. Toutes ces considérations aident les enfants à devenir émotionnellement sains. (p. 156) La famille où il y a un partage équilibré des tâches domestiques s'est avérée être la seule dans laquelle la majorité des couples avaient une vie sexuelle vigoureuse et où on a enregistré une satisfaction croissante au niveau de la relation sexuelle, une bonne relation conjugale et des enfants sains sur le plan affectif. Il est certes vrai qu'il s'agissait aussi du seul type de famille où la majorité des époux et des épouses jouissaient d'une bonne santé émotionnelle, mais ils ont tout de même constaté qu'il y avait un lien direct entre la répartition des tâches domestiques et la santé émotionnelle des enfants (p. 161). Lewis et al (1976) ajoutent que l'émulation du rôle parental constitue un facteur crucial dans le développement des qualités qui favorisent la santé psychologique et la croissance personnelle dans les familles. Ils ont aussi constaté que les familles en santé entretiennent une relation de confiance, partagent des pouvoirs et possèdent une bonne communication qui forment la base de la santé du système familial. Gantman (1980) a passé en revue la documentation sur les familles en santé au cours des années 70. Voici certains des résultats de sa recherche :
Lorsque Dolores Curran (1983) a interviewé 551 professionnels, elle leur a demandé de décrire les caractéristiques d'une famille saine. Voici les 15 principaux traits distinctifs d'une telle famille (23-24). La famille :
Barnhill (1979) passe en revue les concepts du système de la famille en santé élaborés dans la documentation théorique sur la thérapie familiale. Ses huit dimensions de base de la santé mentale de la famille comprennent les points suivants :
Fisher, Giblin et Hoopes (1982) ont sondé 208 membres de familles non cliniques concernant leurs opinions sur la nature d'une famille en santé. Les résultats recueillis ont été comparés à ceux d'une étude précédente sur la perception des thérapeutes familiales de fonctionnement de la famille en santé. En tant que groupe, les membres de famille ayant fait l'objet de l'étude ont accordé de l'importance à l'« unité » au sein de la famille contrairement à l'accent mis par la société sur l'individualisme. « Exprimer sa pensée » était un point important. Les communications étaient aussi très prisées. La bonne communication comprenait le ton de la voix, le langage corporel, le contact visuel, les silences, le toucher, ou un « cadeau » à un membre de la famille. Qu'est-ce qu'une famille qui fonctionne bien? Cocivera (1982) énumère les caractéristiques suivantes :
Hansen (1981) a vécu avec trois familles fonctionnelles pendant sept jours respectivement. Parmi les 14 conclusions auxquelles elle a abouti, citons celles-ci :
Mudd et Taubin (1982) ont parlé d'une étude permanente en cours depuis 20 ans sur les familles fonctionnelles. Cinquante-neuf familles ont rempli le questionnaire de suivi en 1978-1979. Les auteurs ont constaté que les relations entre les enfants adultes sont fréquentes, renforcées par une économie de transfert florissante. Les relations d'amitié intimes et une pleine participation aux activités communautaires sont reconnues comme d'importantes sources de force. Même si l'étude rapporte des événements troublants touchant les membres de la famille, peu de ces événements ont été jugés problématiques. Les problèmes perçus sont le plus souvent réglés au sein de la famille ou - moins souvent - avec l'aide de professionnels appropriés. Les hommes et les femmes se disent satisfaits de leur relation conjugale et familiale. Ils sont optimistes face à l'avenir et, grâce à une planification judicieuse, anticipent des développements positifs au cours des prochaines années. Nous (les couples mariés) avons été si cachottiers au sujet du bonheur dans notre mariage qu'un grand nombre de personnes sont tout simplement devenues cyniques à l'égard de cette institution. On a dit et écrit que le mariage est une institution surfaite et démodée; de plus, les dizaines de milliers de personnes qui mènent une vie conjugale des plus heureuses ne se sont jamais exprimées pour le nier. Je me suis fait dire de façon tout à fait sérieuse par un homme respectable et fin observateur des questions sociales qu'il avait rarement vu de son vivant un mariage heureux. Pourquoi, me suis-je dis, toutes les personnes qui mènent une vie conjugale heureuse dissimulent-elles leur bonheur? N'est-il pas temps que certaines d'entre elles sortent de la solitude douillette de leur foyer paisible pour « promouvoir » le mariage auprès d'une génération qui devient de plus en plus cynique et désillusionnée à l'égard de cette institution? (Marriage Counselling [London : Churchill, 1948, p. 149] 1948:149) [Traduction] La première étude canadienne sur la durabilité du mariage a été menée par Benjamin Schlesinger (1982, 1983, Schlesinger et Giblon, 1984, Schlesinger et Schlesinger, 1987). On a interviewé 129 couples mariés depuis 25 ans en moyenne dans le Toronto métropolitain. Plus de 83 % des répondants ont choisi 19 points comme étant « extrêmement importants » pour la durabilité du mariage. Les dix premiers points, par ordre d'importance étaient :
Les autres éléments majeurs étaient le sens de l'humour, l'amitié, la camaraderie, l'honnêteté, prendre soin l'un de l'autre; l'engagement envers le mariage et une vie sexuelle satisfaisante. Des 43 couples étudiés par Altrocchi (1988), la plupart ont dit avoir de bonnes ou d'excellentes communications et régler leurs différends par la communication. Ils ont aussi affirmé que leur partenaire était « leur meilleur ami ». L'humour occupait une place très importante dans leur mariage. Ils avaient une vie sexuelle satisfaisante et riche. De plus, ils ou elles tenaient beaucoup à leur partenaire. Sporakowski et Hughston (1978) ont examiné la vie de 66 couples mariés depuis 50 ans et plus. Comme secret de leur vie à deux, ils ont cité entre autres : l'amour, les concessions mutuelles, le foyer et la famille, la religion, la compréhension et la patience, l'engagement et le fait « qu'il faut être deux pour réussir un mariage ». La plus récente étude américaine sur « le bon mariage » a été réalisée par Wallerstein et Blakeslee (1996). L'étude porte sur cinquante couples résidant dans le nord de la Californie, en majorité blancs, de la classe moyenne et bien éduqués. Il s'agissait de couples mariés pendant les années 50 et au début des années 60. Aussi bien l'époux que l'épouse devait considérer son mariage comme un succès (p. 9-10). Wallerstein et Blakeslee (1996: 12-13) ont souligné que les mariages heureux ne surviennent pas sans efforts. Il y a de bons et de mauvais moments; en outre, les partenaires doivent aussi faire face à des crises ensemble ou séparément. Les hommes et les femmes vivant un mariage heureux peuvent connaître la dépression, se disputer, perdre leur emploi, faire face à des exigences professionnelles et aux crises des poupons et des adolescents en plus d'être confrontés à des problèmes sexuels. Ils pleurent et crient, deviennent frustrés. Ils proviennent de familles où régnaient la tristesse, les mauvais traitements, la négligence, mais aussi de familles plus stables. Tous les mariages sont hantés par des fantômes du passé. Les auteurs commentent comme suit les mariages réussis (p. 13) Mais, d'une certaine façon, pour des raisons cruciales que j'explore ici, ces personnes sont demeurées mariées malgré les vicissitudes de la vie moderne. Elles sentent et réaffirment leur conviction en la durabilité de leur union. Après dix, vingt, trente ans et plus de vie à deux, elles sont satisfaites du mariage et confiantes de sa survie. [Traduction] Wallerstein et Blakeslee (1996:27-28) ont dégagé neuf points qui contribuent à la réussite d'un mariage par rapport à celui qui ne dure pas. Il faut :
Les forces des familles selon les groupes ethniques Très peu d'études ont été réalisées sur les familles heureuses des divers groupes ethniques. L'une des meilleures a été celle de Douglas Abbott et William Meredith (1988) qui ont comparé les ménages caucasiens, afro-américains, américano-mexicains, hmong et autochtones de l'Amérique. Ils ont demandé à ces familles de classer par ordre d'importance diverses caractéristiques familiales issues d'études antérieures sur les familles heureuses. Le point d'accord le plus répandu était parmi les groupes de familles caucasiennes, afro-américaines et américano-mexicaines. Les familles hmong se sont le plus distinguées par rapport aux autres familles et leurs différences étaient encore plus prononcées avec les familles caucasiennes. Les autochtones de l'Amérique avaient des opinions similaires à celles des familles afro-américaines et mexicano-américaines, mais différentes des familles hmong. Cependant, ils ont été surpris de constater qu'en général, il y avait plus de points d'accord que de désaccord entre les divers groupes ethniques, même s'ils ont aussi relevé quelques différences significatives. Les conclusions figurent au Tableau 1.
Tableau 1 : Forces communes aux familles de différents groupes ethniques Par ordre d'importance CARACTÉRISTIQUE FAMILIALE Communique et écoute Est fiable S'affirme et est solidaire Enseigne la notion du bien et du mal Enseigne le respect d'autrui Partage son temps de loisir Est responsable du bien-être de la famille Possède un sens du jeu et de l'humour Respecte l'intimité des membres de la famille Partage des croyances religieuses A deux parents vivant à la maison Apprécie les traditions familiales Recherche de l'aide pour résoudre les problèmes Encourage l'individualité Sécurité financière Applique des règles parentales de base Respecte les aînés Partage des valeurs semblables Permet la négociation des règles familiales Accorde de l'importance à l'éducation collégiale Prie ensemble LES FORCES DE LA FAMILLE ET DIVERSES FORMES FAMILIALES Familles monoparentales Dans une revue de la documentation concernant les familles monoparentales (Schlesinger, 1996) et les enfants vivant dans une famille monoparentale (Schlesinger, 1995), on a dégagé les forces propres à ces familles. Par exemple, dans leur étude de 26 familles monoparentales américaines de la classe moyenne, Olson et Haynes (1993) ont trouvé sept thèmes reliés aux forces de ces familles.
Dans une autre étude menée auprès de 71 familles monoparentales américaines de race blanche et de la classe moyenne, Richards et Schmiege (1993) ont fait remarquer que les parents avaient des forces dans leur relation avec leurs enfants. Parmi ces forces, il y a : le soutien aux enfants, la patience, l'aide pour l'adaptation des enfants et l'encouragement de l'autonomie. Le fait de forger un sentiment d'honnêteté et de confiance et de communiquer clairement les idées aux membres de la famille et aux amis constituaient aussi des indices de force. Dans leur étude, la plupart des répondants ont clairement indiqué qu'avec le temps il était devenu plus facile d'élever les enfants seuls. Nancy Morrison (1995) a étudié les familles monoparentales heureuses du Centre-Ouest des États-Unis. Les entrevues ont duré deux heures. L'échantillon était composé de petites familles. Les mères étaient plus âgées et plus matures (moyenne d'âge de 38 ans), avaient un niveau d'éducation élevé et occupaient un emploi. Elles étaient toutes divorcées. Un grand nombre de familles avaient fait face à des problèmes et à des défis majeurs en plus de l'adaptation au divorce. Outre les crises financières du début et les déménagements - courants parmi les familles divorcées - certaines de ces familles avaient aussi vécu des crises comme : invalidité d'un parent, alcoolisme, cancer et viol. Pour ces familles, le processus engagé pour surmonter ces obstacles avait renforcé leur cellule familiale et largement contribué au sentiment d'avoir réussi en tant que famille (p. 200). On a aussi demandé à chaque famille interviewée de dire de quelle façon elle estime que les familles monoparentales heureuses diffèrent des familles biparentales heureuses. Toutes se sont entendues sur le fait que la préférence irait à une famille biparentale qui fonctionne bien. Beaucoup estimaient que dans une famille biparentale, le succès dépend d'un mariage réussi et que sans cela, la famille serait certainement dysfonctionnelle. Dans chacune de ces familles monoparentales, il y a eu échec du mariage, mais les mères sentaient que les familles avaient réussi parce qu'elles pouvaient éviter le stress lié à des relations conjugales continuellement difficiles et profiter de certains des avantages du célibat. Par définition, la principale différence entre une famille monoparentale et une famille biparentale est que la première n'a qu'un adulte au foyer. Les familles ont souligné beaucoup d'avantages inhérents liés à la famille monoparentale : la vie était plus simple et plus facile avec un seul adulte au foyer parce que la mère n'avait pas à s'occuper d'un mari, il y avait moins de tension et de conflit et la maison semblait plus calme (p. 212). Malgré le fait que toutes les mères ayant participé à cette étude pouvaient énumérer des aspects à la fois positifs et négatifs de la monoparentalité, tout le monde s'accorde sur le fait que les parents seuls travaillent plus pour réussir leur rôle parental. Ils doivent être plus flexibles dans la gestion des horaires, plus organisés, trouver des moyens de répondre, seuls et en tant qu'adultes, à tous les besoins de la famille; et ils doivent faire preuve de plus créativité, développer des capacités d'adaptation nouvelles et inexplorées. Certaines des mères avaient conscience de ses nouvelles forces, mais d'autres éprouvaient de la difficulté à déterminer leurs propres forces en déclarant « Je n'ai fait que mon devoir - est-ce cela une force? » (p. 213). La caractéristique la plus évidente de ces mères était le sentiment de confiance et de fierté d'avoir pu assumer avec succès leur condition de parent seul. Cette confiance était accompagnée d'une autonomie accrue, de la responsabilité et de l'estime de soi chez leurs enfants. Morrison (1995:217) résume comme suit son étude : Au cours des près de 25 heures d'entrevues réalisées auprès de ces familles monoparentales ayant réussi, l'enquêteur a été particulièrement surpris par les attitudes positives démontrées par toutes ces familles. On s'attendait à ce que les familles qui disaient avoir « réussi » se présentent comme heureuses et satisfaites, mais l'approche positive à la vie qu'elles ont démontrée était beaucoup plus évidente. Elles ne se sont pas présentées comme des familles sans défaut; elles ont librement reconnu leurs difficultés et leurs faiblesses, ont parlé ouvertement des expériences et des sentiments négatifs. Néanmoins, règle générale, les mères n'étaient plus fâchées contre leurs ex-époux et les familles avaient réussi à surmonter la crise du divorce pour atteindre un niveau plus élevé de fonctionnement. Elles allaient de l'avant, étaient ouvertes à des expériences de croissance positive en plus d'être excitées par l'intimité croissante et la réussite de la famille. [Traduction] Familles reconstituées On n'a jamais vraiment écrit de « scénario » pour les belles-mères et les beaux-pères, exception faite des vilaines histoires à propos de la belle-mère de Cendrillon ou autres mythes du genre. Or, comme ces rôles sont très fréquents, nous essayons de les définir. Qu'est-ce qu'une belle-mère, un beau-père, une soeur par alliance, un demi-frère, etc. Voilà encore un exemple de notre besoin de définir consciemment le genre de famille que nous formons (Glossop, 1994: 9). La plupart des enfants par alliance vivent dans des familles reconstituées. En 1994, environ 9 % des enfants canadiens de moins de 12 ans vivaient dans une famille reconstituée. Près de la moitié d'entre eux étaient des enfants par alliance tandis que les autres étaient issus de la famille reconstituée ou adoptés par cette dernière. La majorité des enfants vivant dans une famille reconstituée se retrouvaient la plupart du temps avec les enfants biologiques du couple et les enfants de l'épouse issus d'une relation précédente (c'est-à-dire « leur enfant » et « ses enfants ». La majorité des enfants « par alliance » vivaient avec leur mère biologique et un beau-père et très peu vivaient auprès de leur père naturel et d'une belle-mère. En fait, les beaux-pères sont cinq fois plus nombreux que les belles-mères. La relation liée au rôle parental la plus répandue dans une famille reconstituée était la relation beau-père et belle-fille, tandis que la moins fréquente était la relation belle-mère et belle-fille. (Statistique Canada, 1997:9) En 1995, le Canada comptait 430 000 familles reconstituées (Statistique Canada, 1996:4). Pour une bonne analyse de la vie des enfants par alliance au Canada, lisez l'étude de David Cheal (1996:93-102). Margaret Crosbie-Burnett, professeure adjointe et chercheuse à l'Université du Wisconsin, a terminé une étude d'évaluation de l'adaptation au sein des familles reconstituées. Quelque 87 ménages de la classe moyenne supérieure - principalement des ménages formés de personnes de race blanche où la mère avait la garde des enfants et un beau-père était présent ont été utilisés. (Step Family Bulletin, 1984:15) Voici quelques-unes de ses conclusions :
Patricia Kelley (1984), directrice de l'école de travail social de l'Université de l'Iowa (Iowa city), a étudié 20 familles reconstituées « en santé ». Kelley (1994:86-90) résume dans ses conclusions les forces majeures des familles reconstituées. L'importance d'une communication claire, avec certains mécanismes planifiés pour la mettre en oeuvre, constituait le dénominateur commun. Les réunions familiales régulières dotées de règles, dont autant de membres que possible ont discuté et approuvé, sont proposées et se tiennent dans ces familles, particulièrement au début du mariage. L'autre thème connexe qui a émergé de ces entrevues était d'accorder plus d'importance au respect qu'à l'amour dans les relations au sein des familles reconstituées. Il n'y avait pas dans ces familles d'attente pour un amour spontané et égal. Dans la plupart d'entre elles, c'était normal d'appeler le beau-parent par son prénom ainsi que de se sentir plus proche et de passer plus de temps avec le parent biologique. Ces familles tenaient à laisser de l'intimité et de l'espace. Il en faut plus que dans les familles biologiques et beaucoup de familles ont trouvé utile de développer leur propre sens de l'espace en déménageant en territoire neutre. La flexibilité était probablement le mot le plus souvent prononcé lorsque ces familles parlaient de ce qui leur importait. Enfin, le plus commun dénominateur dans ces familles était la capacité de s'amuser ensemble, de ne pas prendre les choses trop au sérieux et d'avoir le sens de l'humour. Kelly (1984:89) affirme ce qui suit : Les déclarations et les thèmes recueillis auprès de ces familles et qui seraient utiles en général comprennent la flexibilité, une communication claire, la diminution des stéréotypes sexuels, les loisirs, le sens de l'humour et de puissants systèmes de soutien social et communautaire. Cependant, dans les familles reconstituées, ces idées prennent une importance toute particulière. Les thèmes de ces familles qui indiquent des différences comprennent la discipline et la nurturance de l'un et non pas des deux adultes à la maison, plus d'alliances intergénérationnelles, des limites perméables accrues permettant aux enfants de séjourner dans les deux foyers sans se sentir écartés du système, l'inégalité des rôles parentaux ainsi que des ressources et des règles quelque peu différentes au sein de la famille. [Traduction] Parents gais et lesbiennes Ce n'est que dans les années 90 qu'on a commencé à documenter la pratique parentale des gais et lesbiennes. (Arnup, 1995; Bozett, 1987; Martin, 1993; Nelson, 1996 et Slater, 1995). On estime que trois millions de couples de lesbiennes et de gais sont en train d'élever un ou plusieurs enfants. (Schwarz et Scott, 1997:244). Au Canada, on estime que près d'un demi million de gais et de lesbiennes élèvent des enfants (Arnup, 1995:167). Les couples d'homosexuels bousculent les notions traditionnelles sur les familles et le rôle parental tout en soulignant le fait qu'un grand nombre de gais et lesbiennes, tout comme leurs homologues « hétérosexuels » perçoivent la condition parentale comme une entreprise enrichissante (Macionis, 1995). Malgré le développement relativement récent que connaît ce domaine de recherche, nous pouvons encore examiner les forces inhérentes à cette structure familiale. Bien qu'on sache peu de choses sur comment les couples de gais et de lesbiennes assument leur rôle parental, la recherche disponible indique que les lesbiennes ont tendance à former des réseaux de soutien élargi qui fonctionnent comme n'importe quel autre réseau familial, sauf qu'il n'est pas patriarcal. Les ménages de lesbiennes ont tendance à être moins structurés autour de la division du travail basée sur le sexe. Il en résulte que les enfants qui vivent dans ces ménages sont susceptibles d'expérimenter des arrangements familiaux plus équitables. Bozett (1990) et Anderson (1993) ont affirmé sur la base de leur recherche qu'en tant que mères, les lesbiennes s'intéressent généralement plus aux enfants. Elles ont tendance à être plus attentives aux besoins de leurs enfants et à s'investir plus activement dans la vie de ces derniers que les mères hétérosexuelles. En réalité, certaines féministes ont affirmé que lorsque les mères lesbiennes quittent une relation hétérosexuelle malheureuse dans laquelle il y a des enfants, ceux-ci pourraient être mieux pris en charge sur le plan de la nurturance dans un ménage de lesbiennes où deux ou plusieurs femmes se partagent le rôle parental. À l'instar des lesbiennes, beaucoup de gais qui élèvent des enfants ont tendance à faire preuve de plus de nurturance et à être plus rigides en termes de socialisation du rôle basé sur le sexe et de la division des tâches domestiques en fonction du sexe que les pères hétérosexuels. De plus, les pères gais sont susceptibles d'être plus stricts sur le plan de la discipline que les pères hétérosexuels (Andersen, 1993). Miller (1992) et Laird (1993) affirment qu'en général, les parents gais et lesbiennes ont tendance à faire face à moins de problèmes de comportement avec leurs enfants par rapport aux parents hétérosexuels. Les problèmes qui surviennent sont souvent dus non pas à l'orientation sexuelle des parents, mais plutôt à l'influence extérieure et à l'interférence ainsi qu'au niveau de tolérance de la société des stéréotypes négatifs à l'égard des parents lesbiennes et gais (Lindsey, 1994). Bien des gens croient que grandir dans un ménage de gais ou de lesbiennes est malsain sur le plan affectif pour les enfants et peut causer de la confusion pour leur propre sexualité. Cependant, la recherche démontre invariablement que les enfants de gais et de lesbiennes sont généralement compréhensifs, accommodants et réceptifs au style de vie de leurs parents. En outre, ils sont aussi bien équilibrés que les enfants élevés dans un ménage hétérosexuel. Ces enfants ne subissent pas non plus de dommage psychologique majeur, pas plus qu'ils ne manifestent de propension homosexuelle. En fait, ils ne sont guère plus susceptibles de devenir homosexuels que leurs pairs élevés dans une famille hétérosexuelle (Falks et al, 1995). Selon Charlotte Patterson (1992), être élevé par des parents gais ou lesbiennes peut avoir des impacts positifs. Par exemple, le fait d'avoir des modèles adultes non traditionnels à émuler permet aux enfants de mieux apprécier la diversité. De plus, avoir un parent différent peut faciliter la tâche à l'enfant qui veut être différent ou indépendant. L'enfant pourrait être plus tolérant, réceptif et moins porté à juger les autres parce qu'on lui a appris à accepter les différences sociales et individuelles. Les mères lesbiennes sentent souvent que leurs enfants jouissent d'une force, d'une compassion et d'une maturité qui dépassent leur âge. Un nombre significatif de gais et de lesbiennes ont vécu un mariage hétérosexuel et dans certains cas, des enfants sont issus de ces mariages (Lamanna et Riedman, 1997:355-356). Environ 56 % des couples de lesbiennes ont des enfants vivant avec eux (Harry, 1983) et souvent issus de mariages précédents. Les gais et les lesbiennes ont aussi cherché à devenir parents par le biais de l'adoption comme parents seuls et comme parents biologiques lorsqu'un des partenaires donne naissance à un bébé que le couple élève ensemble. Commentaires sur la recherche existante Certaines des qualités retenues pour la durabilité des familles sont indiquées au Tableau 2. Tableau 2Résultats de recherche : Soixante qualités qui garantissent la durabilité du mariage aux États-Unis et au Canada
Source : Schlesinger et Schlesinger (1987:30) Les limites des études comprennent les aspects suivants :
Par ailleurs, elles nous donnent une bonne idée de la vie dans les familles fortes. Dans son Rapport mondial sur le développement humain (1992), l'ONU a déclaré que le Canada jouissait de la meilleure qualité de vie au monde. Les Canadiens peuvent espérer vivre plus longtemps, avoir un revenu moyen plus élevé et plus de possibilités relatives à l'éducation et aux études supérieures en plus de vivre dans un pays moins peuplé que la plupart des autres pays du monde. Le comité des ONG des Nations Unies sur la famille (1994) a inclus deux points dans ses lignes directrices (p. 3) :
Nous vivons dans un pays où la plupart des familles gèrent leur vie quotidienne de manière satisfaisante. Stephanie Coontz (1992:278) a souligné que pour assumer les obligations sociales et l'interdépendance au 21e siècle, nous devons abandonner toute illusion que nous pouvons ou devrions raviver une certaine famille traditionnelle en grande partie mythique. Nous avons besoin d'inventer de nouvelles traditions familiales et trouver des moyens de faire renaître les vieilles traditions communautaires, et non pas nous complaire dans la nostalgie du passé ou dans le mépris systématique des personnes dont les valeurs familiales ne correspondent pas aux nôtres. Il y a de bonnes raisons d'espérer que nous pouvons développer de telles traditions, mais seulement si nous écartons les solutions simplistes basées sur une perception romantique du passé. Nous ne pouvons pas retourner à la « famille de la nostalgie ». Léon Tolstoï a écrit que toutes les familles heureuses se ressemblent, alors que chaque famille malheureuse l'est à sa manière. ? Nous ne pensons pas pouvoir faire nôtre cette citation. À notre avis, nous estimons que toutes les familles durables sont uniques dans le cycle de leur propre vie familiale. Chacune s'arrange pour poursuivre sa croissance dans son style de vie unique. Il est temps de renforcer les aspects positifs de la vie familiale, de donner crédit aux familles qui arrivent à surmonter le stress quotidien et à entrer dans le 21e siècle comme des familles fortes. Il importe aussi de savoir que toutes nos différentes structures familiales comportent des forces. Robert Glossop (1994:10) fait écho à cette opinion après avoir passé la vie en revue dans « La famille canadienne : entretien avec Robert Glossop » : Le fait qui m'a le plus agréablement surpris, c'est qu'en dépit de la diversité des comportements en matière de formation et de fonctionnement, il est possible de définir les aspirations, les obligations et les besoins communs des familles canadiennes. Quand vous rassemblez dans une pièce un groupe de personnes dont la situation est différente, il ne faut pas beaucoup de temps pour que ces dernières reconnaissent et comprennent que ce qui pose un problème pour certaines d'entre elles posent un problème pour la plupart des autres. De plus en plus, il nous faudra reconnaître et mieux comprendre la diversité. Parallèlement, nous devons comprendre les éléments et les aspects communs aux différents comportements en matière de formation et de fonctionnement des familles... si nous voulons réellement apprendre à réagir de façon constructive à cette diversité et prêter notre appui aux familles du Canada. References Abbott, D.A. et Meredith, W.H. (1988). Characteristics of strong families: Perspectives of ethnic parents. Home Economics Research Journal, 17 (2), 140-147. Alberta, Premier's Council in Support of Families (1993). Perspectives on Family Well-being. Edmonton, mars. Altrocchi, J. (1988). Happy Traditional and Companionship Marriages. Social Casework, 69 (Sept.), 434-442. Ambert, A. (1986). Being a stepparent: Live-in and visiting stepchildren. Journal of Marriage and the Family, 48, 745-804. Ammons, P. et Stinnett, N. (1980). The Vital Marriage: A Closer Look. Family Relations, 29, 1, 37-42. Andersen, M. (1993). Thinking About Women: Sociological Perspectives on Sex and Gender. 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Dans cette perspective, les familles devraient être soutenues non seulement parce qu'elles créent la composante de la société, les êtres humains, mais parce que le partage, la flexibilité et la communalité de la vie familiale quand elles sont à leur meilleur procurent un modèle différent de ce que peut être la société. (Eastman, 1989, XI) La famille dure. Nous pouvons garantir la survie de la famille en offrant du soutien, de l'enrichissement et de l'encouragement, mais aussi en aidant les familles qui fonctionnent bien la plupart du temps à traverser certaines périodes difficiles. Dans un monde aussi trépidant qu'impersonnel, la famille peut et doit être un oasis de sécurité, de confiance et d'amour. (Cocivera, 1982:2). La famille se débrouille peut-être beaucoup mieux que d'autres institutions sociales lorsqu'on évalue sa performance, malgré les anomalies décourageantes et ennuyeuses dans lesquelles certaines familles se retrouvent et qui retiennent tant l'attention du public : mauvais traitements infligés aux enfants, aux femmes, toxicomanie, suicide, homicide, etc. Cependant, en pensant à ces anomalies, il importe de se rappeler qu'elles ne sont pas le lot de la majorité des familles. En outre, la plupart des familles - malgré les structures changeantes et un environnement souvent hostile (ou en raison de tout cela) - exécutent leurs fonctions et répondent aux besoins de leurs membres de la société, apparemment mieux que la société répond aux besoins des familles. (Zimmerman, 1980:204) Malheureusement, dans ce monde de plus en plus axé sur les moyens, un monde pratique dominé par la rigueur économique, la réaction politique et le malaise social, seule une minorité de citoyens plutôt aisés profitent des ressources nécessaires pour atteindre une grande partie du potentiel terriblement alléchant des options familiales postmodernes. Il est donc peu étonnant que tant de gens succombent à la nostalgie de l'ordre familial moderne. Cependant, nous n'avons pas le choix de retourner à cet ordre, même si nous le voulions vraiment. Au lieu de cela, notre tâche urgente est d'avancer (et non de reculer) vers le régime familial postmoderne. Nous ferions bien de commencer à favoriser l'accès à ses opportunités, ses responsabilités et ses dangers de façon beaucoup plus équitable parce que, pour le meilleur et pour le pire, la révolution de la famille postmoderne est ici pour rester. (Stacey:37) Je suis venue à la 4e Conférence mondiale de Beijing au nom des familles de lesbiennes. Nous faisons partie des familles. Nous sommes des filles, des soeurs, des tantes, des nièces, des cousines. De plus, nombre d'entre nous sommes des mères et des grands-mères. Nous partageons les préoccupations de nos familles qui sont les mêmes que celles des femmes de partout au monde. (dans Stacey, 1996:105) Source : Simenson, C.M. (1995) La famille en santé : Ì Communique : parle, écoute et partage ses sentiments avec ses membres Ì S'entraide et se soutient sur une base fréquente et spontanée. Chaque membre de la famille est reconnu pour ses aptitudes propres, ses intérêts, ses contributions et ses talents particuliers. Ì Enseigne et pratique le respect mutuel. Ì Nourrit un sentiment de confiance mutuelle et leur amour, leur solidarité et leur loyauté sont indéfectibles et durables. Ì Démontre un sens du partage des responsabilités pour la prise de décision démocratique et la planification. Ì Enseigne et pratique la notion du bien et du mal. Ì Respecte leur intimité réciproque. Ì Possède un sens élevé de la famille où les traditions et les rituels sont célébrés et appréciés. Ì Partage la même foi religieuse. Ì Aime s'occuper des autres, les aider et leur rendre service Ì Reconnaît la présence de problèmes, recherche de l'aide le cas échéant, utilise des stratégies d'adaptation positives pour surmonter les situations difficiles. Ì Aime manger, travailler, jouer et apprendre ensemble. Ì Fait preuve de créativité, de souplesse et d'ouverture à l'égard du changement. Ì Possède un degré élevé d'unité et de cohésion centrées sur des valeurs et des objectifs communs qui sont significatifs et orientent la vie familiale quotidienne. Ì Entretient des relations avec la famille élargie. Ì Encourage la santé physique et mentale. Ì Autre (précisez) Source: Source : Simenson, C.M. (1995) Les principaux ingrédients communs à toutes ces caractéristiques sont l'appréciation, la communication, l'engagement et les soins mutuels. Ces caractéristiques sont mieux perçues comme des points que votre famille aimerait peut-être examiner; comme outils pour favoriser la discussion et l'interaction familiales; comme de l'information sur les actions que les membres de votre famille pourraient entreprendre en son nom propre; comme perspectives pour soutenir la sensibilisation intuitive et les compétences; et, elles offrent en outre de nouvelles possibilités. NE LES INTERPRÉTEZ PAS comme une autre série de règles à suivre pour réussir ou un aide-mémoire pour évaluer votre propre famille et les autres. La force de consolidation consiste à reconnaître et à célébrer l'individualité et le caractère unique de votre famille. LES FORCES DE LA FAMILLE
Source : Simenson C.M. (1995)
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