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Imprimé du site web de l'Institut Vanier de la famille www.ivfamille.ca. Droits d'auteur 2007. 5. Le rôle parental et les parents Cela semble être très difficile de mettre l'idéal en pratique, lorsqu'il s'agit de l'art d'être parent. Par exemple, nous avons vu plus haut que 99 % des Canadiens conviennent que les parents doivent se partager également la responsabilité d'élever leurs enfants. Mais en même temps, nous avons constaté que l'éducation des enfants est l'une des principales sources de tension au sein du couple. On observe des écarts similaires entre l'idéal et la réalité lorsqu'il s'agit de veiller aux soins des enfants et d'offrir de l'aide aux parents âgés, par exemple. Dans le cadre du sondage, nous avons posé des questions directes touchant bon nombre de ces facettes de la vie familiale, afin de mieux comprendre la nature du fossé actuel entre l'idéal et la réalité lorsqu'il est question du rôle parental. Comme nous l'avons déjà noté au début de ce rapport, l'ensemble des Canadiens ont connu diverses expériences familiales lorsqu'ils étaient enfants. Pourtant, la vaste majorité des répondants—au total, 84 % d'entre eux—affirment avoir été élevés par leur mère et leur père biologiques.
La plupart des adultes canadiens gardent d'assez bons souvenirs de leur vie familiale.
Voici un survol rapide de quelques autres faits saillants sur les familles d'origine des adultes d'aujourd'hui.
Lorsqu'ils réfléchissent à combien de plaisir et de peine ils éprouvent/ont éprouvé avec leur mère, leur père, et leurs frères et sœurs, environ sept Canadiens sur dix disent que tout bien calculé, ces individus leur ont apporté énormément de plaisir et très peu de peine.
Les personnes élevées par leur mère et leur père sont plus susceptibles de déclarer des niveaux de plaisir significatifs et moins de peine dans leurs relations avec leurs deux parents, et dans celles avec leurs frères et sœurs.
Pas moins de 99 % des parents canadiens pensent que dans l'ensemble, ils réussissent bien ou ont bien réussi à élever leurs enfants—un pourcentage légèrement plus élevé que les 95 % d'entre eux qui ont dit la même chose de leurs propres parents. Avec le nombre croissant de parents qui ont des enfants et qui travaillent tous les deux à l'extérieur du foyer, cela a de toute évidence soulevé d'importantes questions touchant l'éducation et les soins des enfants.24 Plus de huit parents sur dix qui travaillent et qui ont des enfants de moins de 20 ans disent avoir trouvé un assez bon équilibre entre leur travail et leurs enfants.
Il y a des différences marquées entre les parents qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas en ce qui a trait au temps, aux travaux ménagers et à l'aide pour élever les enfants.
Les préoccupations liées à la conciliation entre le travail et le bien-être des enfants soulèvent la question sempiternelle suivante. Dans les familles composées de deux parents, serait-il préférable que l'un d'eux reste à la maison et assume la responsabilité principale d'élever les enfants?
Si la personne répondait oui, il serait préférable qu'un parent reste à la maison, nous lui avons posé une question épineuse : « Qui pensez-vous devrait assumer cette responsabilité? »
Quelles raisons motivent de tels choix? Parmi ceux et celles qui disent « l'un ou l'autre », plusieurs mentionnent que c'est une bonne idée d'avoir un parent au foyer, mais n'ont pas de préférence : cela pourrait être la mère ou le père.
Ceux et celles qui croient que la mère devrait assumer le rôle du parent au foyer ont tendance à dire que ce rôle lui convient le mieux—en grande partie parce que cela représente l'idéal et devrait être ainsi. D'autres notent aussi qu'un tel choix aurait un impact financier moins négatif sur la famille, de toute évidence présumant que le père gagne un meilleur salaire—une situation que bon nombre de gens de plus de 55 ans ont connue pour une bonne partie de leur vie.
Quelques exemples de réponses L'un ou l'autre …l'un ou l'autre, parce que personne peut remplacer un parent… ils ont besoin d'amour et de soutien 24 heures sur 24… la famille est un partenariat et les deux partenaires sont responsables à part égale… la meilleure solution pour la famille… l'un des deux pourrait mieux jouer ce rôle ou posséder de meilleures compétences et avoir plus de patience avec les enfants… ils doivent en discuter pour régler la question… ça dépend de la personne qui veut travailler… les deux sont responsables du bien-être de l'enfant… la personne qui gagne le plus d'argent devrait travailler… l'enfant a besoin d'avoir un sentiment d'intimité et d'appartenance avec ses deux parents… les deux devraient se partager également cette tâche… ce que chacun préfère… les circonstances devraient dicter quoi faire… l'important, c'est d'avoir quelqu'un à la maison qui soit disponible en tout temps… chaque couple doit décider ce qui leur convient le mieux… si tu n'es pas là, quelqu'un d'autre les élève à ta place… La mère …parce qu'elle est plus patiente et tolérante… elle sait comment encourager et réconforter, surtout en cas de maladie… l'homme devrait jouer le rôle de pourvoyeur… elle est plus qualifiée… une femme est plus attentionnée qu'un homme… la place d'une mère est à la maison… les femmes ont des instincts maternels naturels… parce qu'il est grand temps de revenir à l'essentiel… le lien étroit entre l'enfant et sa mère existe depuis la naissance et doit être renforcé… elle a plus de patience… il y a des exceptions, mais les hommes gagnent généralement plus d'argent… établir un lien étroit entre l'enfant et sa mère… elle apporte généralement une plus grande stabilité …la mère est un fournisseur de soins naturel… les enfants en bas âge semblent plus proches de leur mère… d'habitude elle sait mieux comment prendre soin d'un enfant… elle est douée pour ça… En dépit de la croyance populaire qu'un parent devrait rester à la maison et s'occuper des enfants, surtout lorsque ceux-ci sont d'âge préscolaire, en réalité, les couples doivent avoir recours à des services de garde d'enfants. Bien entendu, ceci s'avère souvent nécessaire, car les deux parents travaillent ou font des études universitaires ou collégiales. Parfois c'est parce qu'ils sont des parents chefs de famille monoparentale. De toute façon, cela comporte ce que certains observateurs ont appelé des « compromis inévitables ».Dans la mesure où les parents requièrent des services de garde d'enfant, quelles sont leurs préférences? Et selon nos résultats, à quel point doivent-ils faire des « compromis inévitables » à ce sujet? Nous avons posé la question à l'ensemble des Canadiens : « Si vous et votre conjoint avez travaillé ou travaillez à l'extérieur du foyer et que vous aviez les choix suivants concernant la garde de vos enfants d'âge préscolaire, quels seraient vos 5 premiers choix? » Nous avons suggéré sept possibilités en matière de services de garde pour enfants et leur avons demandé de les classer « de 1 à 5 ». Puis, nous avons calculé les scores moyens pour chacune des sept options. Nous avons découvert que, idéalement, le choix numéro un est le conjoint, puis viennent un parent, et un autre membre de la famille (« autre parenté »). Et quel est le résultat lorsqu'on arrondit les scores pour les cinq premiers choix? La garde d'enfants à domicile est préférable, puis, en second lieu, un centre de garde d'enfant (« une garderie en installation »). Les amis et les gardiennes ne font pas partie des cinq premiers choix des parents.
De tels résultats suggèrent que proposer les garderies comme solution principale au besoin de services de garde d'enfants—comme cela semble souvent être le cas—ne correspond pas vraiment aux vœux des parents canadiens. Ceux-ci semblent préférer des solutions impliquant le conjoint, les parents et la parenté plutôt que les garderies. Un tout petit mot sur la discipline. Au cours des dernières années, la pertinence de la fessée à soulevé une vive controverse au Canada. Dans le cadre de notre sondage, nous avons vu que trois adultes sur quatre—surtout les hommes—disent avoir reçu la fessée lorsqu'ils étaient jeunes. Que pensent-ils de cette question?
Quelques autres attitudes à l'égard du rôle parental Dans le cadre du présent sondage, nous avons voulu confronter directement les Canadiens avec quelques sujets controversés liés au rôle du parent. LES PARENTS SEULS. Plus de sept personnes sur dix affirment que, généralement parlant, les parents seuls réussissent bien à élever des enfants. Les femmes (78 %) ont plus tendance que les hommes (67 %) à appuyer cet énoncé, tout comme les membres de la génération X (81 %) par opposition aux membres de la génération du baby-boom et aux personnes nées avant le baby-boom (environ 68 %). En partie en fonction de leur âge, quelque 64 % des personnes qui assistent à des services religieux chaque semaine sont d'accord avec cet énoncé, tout comme 75 % de celles qui y assistent moins souvent ou pas du tout.LES PARENTS GAIS ET LESBIENNES. Environ six Canadiens sur dix disent que les couples de même sexe réussissent bien à élever des enfants. Il y a des écarts entre les femmes (69 %) et les hommes (52 %), et des écarts très marqués parmi les adultes de la génération X (76 %), les membres de la génération du baby-boom (61 %) et les personnes nées avant le baby-boom (42 %). Cependant, on note une résistance encore plus prononcée au droit des couples homosexuels d'adopter des enfants. Seulement cinq Canadiens sur dix approuvent l'idée.27 Encore une fois, il y a des écarts importants entre les femmes (58 %) et les hommes (40 %), et parmi les jeunes adultes (69 %), les adultes d'âge mûr (49 %) et les adultes plus âgés (27 %). Sur ces deux questions, l'opposition est beaucoup plus prononcée chez les personnes qui assistent à des services religieux chaque semaine, par rapport aux autres.28LES NOUVELLES TECHNOLOGIES ET LE RÔLE PARENTAL. Au cours des dernières années, des progrès scientifiques et technologiques ont permis à nombre de femmes de surmonter des difficultés et de devenir enceintes. Grâce à d'autres développements plus radicaux, le clonage humain est désormais possible. Dans le cadre du présent sondage, nous avons posé des questions supplémentaires aux Canadiens afin de mieux connaître leurs attitudes à l'égard de ces deux sujets.Au total, 80 % des Canadiens se disent en faveur des nouvelles technologies qui permettent aux femmes de devenir enceintes. Les variations sont négligeables, mais les femmes, les adultes de moins de 55 ans, et les personnes qui assistent à des services religieux chaque semaine ont plus tendance à être d'accord que les autres. En ce qui a trait au clonage, seulement 6 % des Canadiens partout au pays croient qu'on devrait permettre la naissance des enfants qui sont des clones humains. On observe une approbation légèrement plus marquée chez les hommes, les jeunes adultes et les gens qui ne sont pas actifs au sein de groupes religieux.29
À part les caractéristiques sociales individuelles, il existe des écarts régionaux dignes de mention.
Une résistance plus marquée aux parents gais et à l'homosexualité de façon plus générale dans les Prairies est associée à une plus faible proportion de gais et de lesbiennes dans les trois provinces de l'Ouest canadien. Ici, on ne peut distinguer la cause de l'effet.
Pour plusieurs Canadiens, la réalité que leurs parents vieillissent et exigent des soins est une source d'inquiétude. Afin de bien saisir l'ampleur du problème, nous vous suggérons de considérer ce qui suit.
Ensemble de données 1 : Les parents vivants
Ensemble de données 2 : Les parents exigeant des soins
Ensemble de données 3 : Où vivent les parents vieillissants
Fait significatif, 89 % des Canadiens affirment qu'ils seraient disposés à s'occuper de leurs parents « s'ils avaient besoin de moi. » Ce point de vue est très répandu et est exprimé par pratiquement tous les Canadiens, indépendamment du statut socio-économique et d'autres variables démographiques. Voici quelques-unes de ces variables :
Soulignons ici que la presque totalité des participants se sont dits disposés à s'occuper de leurs parents âgés, mais nous y reviendrons lorsque nous allons examiner les priorités en matière de soins des parents âgés, selon les gouvernements en place et selon nous, en tant que société. Certains adultes font plus que des promesses. Comme nous l'avons déjà noté dans la première section de ce rapport, 4 % des adultes disent qu'un parent ou un grand-parent vit avec eux depuis plus d'un an—plus précisément, 4 % des adultes de la génération X, 6 % des adultes de la génération du baby-boom, et 2 % des adultes nés avant le baby-boom. Lorsqu'on demande la raison, 55 % disent que c'était par choix; l'autre 45 %, par nécessité.
Les parents d'aujourd'hui sont-ils heureux? Lorsque les parents canadiens songent à leur relation avec leurs enfants, presque 80 % d'entre eux disent que, tout bien calculé, ils éprouvent ou ont éprouvé beaucoup de plaisir et très peu de peine. Quant aux autres 20 % des parents, ceux-ci disent qu'ils éprouvent aussi beaucoup de plaisir, mais reconnaissent que ce plaisir comporte son lot de peine.
Les parents qui ont des enfants d'âge préscolaire sont ceux qui de loin éprouvent le plus de plaisir et le moins de peine.
Comme il fallait s'y attendre, la santé est un facteur clé pour prédire le degré de plaisir par rapport au degré de peine et de stress que les Canadiens éprouvent dans leur relation avec leurs parents.
Approximativement 85 % des Canadiens ont été élevés par leurs parents biologiques. Presque tous affirment que leurs parents ont bien réussi à les élever, ce sentiment étant un peu plus prononcé parmi ceux et celles qui ont été élevés par leur père et leur mère, puis parmi ceux et celles qui ont été élevés par leur mère seulement. Neuf adultes canadiens sur dix se sentaient toujours en sécurité à la maison quand ils étaient jeunes, et sept sur dix disent éprouver ou avoir éprouvé beaucoup de plaisir et peu de peine avec leur père, leur mère et leurs frères et sœurs. Les Canadiens sont quasi unanimes à affirmer qu'ils réussissent bien à élever leurs enfants, y compris les parents qui travaillent à l'extérieur du foyer. Par contre, de fortes majorités d'hommes et de femmes qui ont un emploi à temps plein disent qu'ils resteraient à la maison pour élever leurs enfants s'ils pouvaient se le permettre financièrement. D'encore plus fortes majorités de parents déclarent que, s'ils pouvaient se le permettre financièrement, ils travailleraient à temps partiel et élèveraient leurs enfants. Et quelque 70 % des « mères au foyer » sont du même avis. Les personnes qui travaillent à l'extérieur du foyer—surtout les femmes—se disent préoccupées par le manque de temps dont elles disposent et souvent, par le manque d'aide qu'elles reçoivent pour effectuer les travaux ménagers, cette dernière plainte venant des mères dans la plupart des cas. Les femmes divorcées qui ont un emploi se disent très préoccupées par le manque de temps dont elles disposent et par le manque de soutien qu'elles reçoivent en tant que chefs de famille. Neuf Canadiens sur dix—surtout les adultes d'âge mûr—pensent qu'un parent devrait rester à la maison et s'occuper des enfants, particulièrement lorsqu'il s'agit d'enfants d'âge préscolaire. La plupart d'entre eux pensent que l'un ou l'autre des parents peut assumer ce rôle et être principalement responsable de l'éducation des enfants, mais plusieurs adultes d'âge mûr croient que la mère peut le mieux réussir ce rôle parental. Dans la mesure où les parents requièrent des services de garde d'enfant, ils préfèrent confier leurs enfants, par ordre d'importance, au conjoint, aux parents, à la parenté, à un service de garde en milieu familial, puis finalement, à une garderie en installation. En ce qui a trait à la fessée, des majorités modestes croient que le droit de donner la fessée devrait être conservé, et également, que donner la fessée ne devrait pas être encouragé. Par rapport à quelques autres questions liées au rôle parental, sept adultes canadiens sur dix croient qu'en général, les parents seuls réussissent bien à élever des enfants. Environ six adultes sur dix croient que les couples homosexuels réussissent bien à élever des enfants, et cinq adultes sur dix croient que les couples gais et lesbiennes devraient avoir le droit d'adopter des enfants. La plupart sont d'accord avec les nouvelles technologies qui permettent aux femmes de devenir enceintes. Ceci étant dit, seulement un adulte sur vingt croit qu'on devrait permettre la naissance des enfants qui sont des clones humains. De nombreux adultes d'âge mûr, dont les parents sont toujours vivants, sont confrontés à la réalité que leurs parents exigent des soins et qu'ils doivent consacrer de plus en plus de temps, et parfois d'argent, pour s'occuper d'eux. Une faible majorité de parents vieillissants vivent toujours chez eux, mais plusieurs vivent ailleurs. Fait significatif, 89 % des Canadiens disent qu'ils seraient disposés à s'occuper de leurs parents si ceux-ci avaient besoin d'eux—ce que font actuellement 5 % d'entre eux. Tout bien calculé, les Canadiens éprouvent beaucoup de plaisir avec leurs enfants, leurs parents et leurs petits-enfants. Pourtant, les résultats du présent sondage signalent que la qualité des relations interpersonnelles au sein de la famille laisse assez à désirer. Selon nos données, les enfants tout comme les parents sont des sources de plaisir surtout quand ils sont jeunes et en bonne santé, et exigent moins de notre temps et énergie. De telles facettes de la vie familiale représentent des sources de pression et de stress pour tous les enfants au fil du temps, pour les enfants nécessitant des soins particuliers et pour les parents qui commencent à prendre de l'âge. Face à ces réalités, il faut réagir et trouver de meilleures solutions, comme individus et comme société. Réflexions : Comment les Canadiens voient le rôle parental On est étonné de constater à quel point les Canadiens voient comme positive la manière qu'ont eu leurs parents de les élever. Malgré tous les hauts et les bas qu'ont vécu les gens avant de quitter le foyer, 95 % affirment que, à tout prendre, leurs parents les ont bien élevés; c'est aussi le cas pour les 91 % du nombre croissant de personnes élevées par des mères seules. Une forte majorité s'étaient sentis en sécurité à la maison, quand ils étaient jeunes. L'importance reconnue que prend la présence d'au moins un des parents est soulignée par une autre donnée de l'enquête : cette sensation d'être en sécurité était lacunaire chez une personne sur quatre qui n'avait pas été élevée par au moins un des ses parents. Les Canadiens, généreux dans leur évaluation des comportements de leurs parents, sont encore plus généreux dans l'évaluation de leurs propres comportements parentaux. Une proportion étonnante des répondants, soit 99 %, estiment qu'ils ont bien élevé, ou qu'ils élèvent bien, leurs propres enfants. Plus de huit parents sur dix travaillant à temps plein considèrent qu'ils ont trouvé un équilibre satisfaisant entre le travail et la vie familiale. Mais tout n'est pas si rose que semblent l'indiquer ces pourcentages: trois sur dix des mères travaillant à temps plein et quatre sur dix des pères travaillant à temps plein avouent que leurs enfants croient probablement que leurs parents ne passent pas suffisamment de temps avec eux. Dans le cas des mères travaillant hors du foyer et vivant avec leur mari ou leur conjoint, la raison en est simple : près de 80 % d'entre elles affirment être toujours en déficit de temps, dans bien des cas parce que-en dépit des bonnes intentions-les corvées du ménage et les tâches relatives au soin des enfants ne sont pas équitablement partagées avec le mari ou conjoint. Dans un monde idéal où l'argent ne posait pas problème, la plupart des parents canadiens, tant hommes que femmes, préféreraient travailler, au plus, à temps partiel plutôt qu'à temps plein. Les sceptiques avanceront que c'est le cas de la plupart des gens, qu'ils soient ou non parents. Il reste cependant à souligner que la plupart des pères et mères travaillant tous deux à l'extérieur du foyer le font par nécessité financière. Il est clair que 90 % des parents trouveraient préférable qu'un parent reste à la maison pour assumer la responsabilité principale des enfants jusqu'à ce que ceux-ci commencent l'école. Mais dans la plupart des cas, il s'agit là d'un vœu irréalisable. De nombreux Canadiens, aux prises avec les difficiles réalités financières de la vie familiale contemporaine, considèrent essentiel l'existence de garderies pour les enfants d'âge préscolaire. Le sondage signale cependant que de telles garderies, qu'elles soient en milieu familial ou non, ne représentent pas le premier choix pour la plupart des parents canadiens. Si les parents occupant un emploi avaient le choix, ils préféreraient confier leur enfant, en premier lieu à leur conjoint ou conjointe, en deuxième lieu à l'un des grands-parents de l'enfant, et en troisième lieu à un autre membre de la famille. Le sondage a fourni des résultats variés concernant la perception des compétences parentales des gais et des lesbiennes. Bien qu'un peu moins de un Canadien sur deux approuve les mariages entre conjoints du même sexe et l'adoption par des couples homosexuels, une majorité (61 %) croient que ces couples sont en mesure de bien élever des enfants ; parmi les répondants adultes âgés de moins de 35 ans, ces chiffres grimpent jusqu'à 74 %. La question qui se pose est donc la suivante : Étant donné qu'une majorité de Canadiens croit que les gais et les lesbiennes peuvent être de bons parents, pourquoi ces derniers se verraient-ils refuser la possibilité d'adopter des enfants? D'abord les parents se chargent du soin de leurs enfants, et bien souvent un jour vient où ces enfants doivent prodiguer des soins à leurs parents. Ce que nous indique le sondage, concernant les parents âgés, confirme ce que nous disent les démographes depuis nombre d'années. Les besoins des Canadiens âgés sont considérables, et globalement iront croissant au fur et à mesure que la génération du baby-boom atteindra le troisième âge. Près de neuf personnes sur dix répondent qu'ils seraient prêts à s'occuper de leurs parents « s'ils avaient besoin de moi. » Cette donnée a des répercussions fort importantes; elle semble signaler que des solutions au problème du vieillissement de la populations pourraient, pour une part du moins, se trouver en faisant appel à cette bonne volonté des enfants en ce qui touche le soin de leurs parents. Mais pour que cette bienveillance puisse servir de ressource pour aider à résoudre la crise de services à prodiguer aux aînés, les enfants de ces parents devront pouvoir compter sur un soutien tangible de la part des autres membres et institutions qui forment notre société. Questions soulevées par les résultats d'enquête
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