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Traits de familles

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5. Le rôle parental et les parents

Cela semble être très difficile de mettre l'idéal en pratique, lorsqu'il s'agit de l'art d'être parent. Par exemple, nous avons vu plus haut que 99 % des Canadiens conviennent que les parents doivent se partager également la responsabilité d'élever leurs enfants. Mais en même temps, nous avons constaté que l'éducation des enfants est l'une des principales sources de tension au sein du couple. On observe des écarts similaires entre l'idéal et la réalité lorsqu'il s'agit de veiller aux soins des enfants et d'offrir de l'aide aux parents âgés, par exemple.

Dans le cadre du sondage, nous avons posé des questions directes touchant bon nombre de ces facettes de la vie familiale, afin de mieux comprendre la nature du fossé actuel entre l'idéal et la réalité lorsqu'il est question du rôle parental.

Quand j'étais jeune…

Comme nous l'avons déjà noté au début de ce rapport, l'ensemble des Canadiens ont connu diverses expériences familiales lorsqu'ils étaient enfants. Pourtant, la vaste majorité des répondants—au total, 84 % d'entre eux—affirment avoir été élevés par leur mère et leur père biologiques.

Tableau 5.1. Situation familiale en grandissant

  • Quelque 9 % ont été élevés par leur mère, et encore un autre 2 % par leur mère et leur beau-père.
  • Les derniers 7 % des participants ont connu toute une variété d'expériences de vie de famille en grandissant, dont l'adoption, être élevé par leur père seulement, et parfois par leur père et leur belle-mère. Dans d'autres cas, ils vivaient avec leur mère ou leur père biologique et un(e) conjoint(e) de fait. Certains d'entre eux ont aussi été élevés par leurs grands-parents, leurs tantes et leurs oncles, leurs parents adoptifs ou d'autres individus.

La plupart des adultes canadiens gardent d'assez bons souvenirs de leur vie familiale.

Figure 5.1. « Mes parents m'ont bien élevé »

  • Au total, 95 % affirment : « Tout compte fait, je pense que mes parents m'ont bien élevé. » Les variations selon le sexe et l'âge des répondants sont négligeables.
  • Le ton positif du bilan varie selon la situation familiale dans laquelle on a grandi : le bilan est le plus positif parmi les personnes élevées par leur mère et leur père. Toutefois, le bilan est très positif pour les personnes ayant grandi dans d'autres situations également.

Voici un survol rapide de quelques autres faits saillants sur les familles d'origine des adultes d'aujourd'hui.

  • Les adultes disent qu'en moyenne, ils avaient 2,7 frères et sœurs—avec une moyenne d'un peu moins de deux frères et sœurs pour les adultes de moins de 35 ans.
  • Le jour de leurs 16 ans, pour 93 % d'entre eux, leurs deux parents biologiques étaient encore vivants. Par contre, 5 % d'entre eux étaient orphelins de père, 2 % orphelins de mère, et un peu moins de 1 % orphelins de père et de mère.
  • Au total, 90 % des répondants disent que quand ils étaient jeunes, ils se sentaient « toujours en sécurité à la maison ». Mais ce résultat positif cache un côté négatif, car en réalité, un adulte sur dix n'était pas en sécurité à la maison lorsqu'il était jeune—12 % des femmes et 7 % des hommes. Les souvenirs de la maison familiale comme étant un refuge sûr sont assez identiques parmi les adultes ayant été élevés par leur mère et leur père, or par leur mère seulement. Par contre, il y a une chute radicale dans le nombre de personnes ayant de bons souvenirs de cette époque, chez ceux et celles qui ont été élevés dans d'autres circonstances. Dans les trois types de famille où les gens ont grandi, les femmes sont un peu moins portées à déclarer que leur maison était un lieu sûr.
  • Environ 73 % des Canadiens disent avoir reçu la fessée quand ils étaient enfants; les hommes sont plus nombreux à déclarer ce fait (77 %) que les femmes (69 %). Cependant, la fessée n'est pas associée à la sécurité à la maison : la fessée comme moyen de correction a eu lieu dans des situations familiales « sûres » tout autant que dans celles qui étaient « peu sûres ». Fait assez surprenant, le même pourcentage de membres de la génération X, de la génération du baby-boom et des gens nés avant le baby-boom déclarent avoir reçu la fessée lorsqu'ils étaient jeunes. Ceci pourrait refléter la réalité de façon objective, ou bien on pourrait exagérer les faits en raison d'une sensibilité exacerbée à ce sujet.

Lorsqu'ils réfléchissent à combien de plaisir et de peine ils éprouvent/ont éprouvé avec leur mère, leur père, et leurs frères et sœurs, environ sept Canadiens sur dix disent que tout bien calculé, ces individus leur ont apporté énormément de plaisir et très peu de peine.

Figure 5.2. « Je me sentais en sécurité à la maison » selon la personne qui m'a élevé

  • Deux autres sur dix affirment que ces mêmes membres de la famille ont tous contribué à leur plaisir, mais ils étaient aussi des sources de beaucoup de peine.
  • Les derniers 10 % disent que ces membres de la famille ne leur ont pas apporté beaucoup de plaisir, et ont été des sources de peine à différents degrés.

Les personnes élevées par leur mère et leur père sont plus susceptibles de déclarer des niveaux de plaisir significatifs et moins de peine dans leurs relations avec leurs deux parents, et dans celles avec leurs frères et sœurs.

  • Une forte majorité (80 %) des personnes élevées par leur mère expriment des sentiments positifs au sujet de leur relation avec leur mère—mais 40 % d'entre elles rapportent aussi éprouver/avoir éprouvé beaucoup de peine. Quelque 56 % des personnes élevées par leur mère disent avoir éprouvé du plaisir avec leur père, tandis que 50 % d'entre eux reconnaissent avoir éprouvé de la peine avec ce dernier.
  • Les personnes ayant grandi dans d'autres types de familles, soit avec d'autres membres de la famille élargie ou avec des tuteurs légaux—selon le cas—ont tendance à dire qu'ils éprouvent/ont éprouvé moins de plaisir et plus de peine, à divers degrés, avec leur mère et leur père, par rapport aux personnes élevées par leurs deux parents. L'équilibre entre le plaisir et la peine dans les relations avec les frères et les sœurs, bien que moins positif qu'au sein d'une famille où vivent les deux parents, est néanmoins meilleur en de telles circonstances que pour les relations avec la mère ou le père. Ici, les liens positifs unissant les enfants qui vivent dans des situations familiales similaires semblent être plus fréquents et durables que les liens avec l'un ou l'autre des parents.

Tableau 5.2. Le plaisir et la peine associés aux parents et aux frères et aux sœurs selon la situation familiale

L'éducation des enfants

Pas moins de 99 % des parents canadiens pensent que dans l'ensemble, ils réussissent bien ou ont bien réussi à élever leurs enfants—un pourcentage légèrement plus élevé que les 95 % d'entre eux qui ont dit la même chose de leurs propres parents.

Avec le nombre croissant de parents qui ont des enfants et qui travaillent tous les deux à l'extérieur du foyer, cela a de toute évidence soulevé d'importantes questions touchant l'éducation et les soins des enfants.24

Plus de huit parents sur dix qui travaillent et qui ont des enfants de moins de 20 ans disent avoir trouvé un assez bon équilibre entre leur travail et leurs enfants.

  • Ceci étant dit, environ 40 % des parents chefs de famille qui ont des emplois—surtout les pères mariés et les mères qui cohabitent ou sont divorcées/séparées—reconnaissent que leurs enfants pensent probablement qu'ils ne passent pas assez de temps avec eux. Seulement 31 % des mères mariées qui travaillent et 28 % des mères qui ne travaillent pas à l'extérieur du foyer expriment le même sentiment.
  • Malgré toutes les hypothèses sur l'importance des carrières, le présent sondage a révélé que 80 % des parents qui travaillent et qui ont des enfants déclarent : « Je resterais à la maison pour élever mes enfants si je pouvais me le permettre financièrement. » Et ceci de la part de 85 % des hommes qui sont pères de famille. Bien entendu, « rester à la maison » n'écarte pas la possibilité de travailler à partir de la maison. Mais le moins qu'on puisse dire, c'est que ces résultats en disent long sur le lieu physique où les parents aimeraient se retrouver. D'ailleurs, 95 % des mères de famille qui ne travaillent pas à l'extérieur du foyer appuient cette idée.
  • Qui plus est, 70 % de ces « mères au foyer » disent qu'elles travailleraient à temps partiel si elles pouvaient se le permettre financièrement; les occasions d'emploi et les détails entourant les services de garde d'enfants pourraient être des raisons principales, entre autres, qui expliquent pourquoi elles ne le font pas.25 Parmi les parents qui travaillent à temps plein, la préférence pour le travail à temps partiel est très répandue—un vœu exprimé par 90 % des mères mariées et par 84 % des pères mariés, sans mentionner toutes les mères de notre échantillon qui cohabitent ou qui sont divorcées ou séparées.

Tableau 5.3. Quelques réflexions des parents sur l'éducation des enfants et le travail

Il y a des différences marquées entre les parents qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas en ce qui a trait au temps, aux travaux ménagers et à l'aide pour élever les enfants.

  • Ceux qui travaillent à l'extérieur du foyer sont beaucoup plus portés à dire qu'ils ne semblent jamais avoir assez de temps, et ne passent pas assez de temps avec leurs enfants. En outre, plus de femmes mariées que d'hommes mariés se disent préoccupées par le temps insuffisant dont elles disposent.26
  • Les femmes qui travaillent—qu'elles soient mariées ou pas—se distinguent des hommes en ce qui a trait aux travaux ménagers. Elles se disent préoccupées par le fait qu'elles doivent effectuer la majeure partie des travaux ménagers elles-mêmes. Cette même préoccupation est aussi exprimée par une plus forte proportion de « mères au foyer » que de mères qui travaillent à l'extérieur. Rester à la maison, semble-t-il, mène souvent au sentiment ou à l'impression chez la femme que la répartition des tâches selon le sexe veut dire qu'elle doit effectuer la majeure partie—sinon la totalité—des travaux ménagers elle-même.
  • Environ 16 % des mères au foyer disent qu'elles sont préoccupées par le fait qu'elles ne reçoivent pas suffisamment d'aide pour élever leurs enfants; 9 % des pères qui travaillent expriment cette même préoccupation.
  • Les mères divorcées qui travaillent à l'extérieur du foyer sont beaucoup plus susceptibles que les autres parents de dire qu'elles sont préoccupées par le fait qu'elles ne reçoivent pas suffisamment d'aide pour élever leurs enfants ou pour effectuer les travaux ménagers.

Tableau 5.4. Préoccupations des parents concernant le temps et la répartition des tâches

Les préoccupations liées à la conciliation entre le travail et le bien-être des enfants soulèvent la question sempiternelle suivante. Dans les familles composées de deux parents, serait-il préférable que l'un d'eux reste à la maison et assume la responsabilité principale d'élever les enfants?

Tableau 5.5. Il est préférable qu'un parent reste à la maison

  • Neuf Canadiens sur dix croient qu'un parent devrait rester à la maison quand le couple a des enfants d'âge préscolaire, et ce, généralement parlant, quel que soit l'âge ou le sexe du répondant.
  • Le pourcentage de gens qui souscrivent à cette idée baisse pour se situer à un peu plus de 60 % quand les enfants fréquentent l'école primaire, et à 30 % quand les enfants sont plus vieux. Dans ces deux derniers cas, l'appui est le plus faible parmi les adultes de moins de 35 ans, et devient plus prononcé selon l'âge du répondant. Les écarts entre les hommes et les femmes sont assez négligeables.

Si la personne répondait oui, il serait préférable qu'un parent reste à la maison, nous lui avons posé une question épineuse : « Qui pensez-vous devrait assumer cette responsabilité? »

Tableau 5.6. Le parent qui devrait rester à la maison selon le sexe et l'âge

  • La presque totalité des gens ont affirmé que l'un ou l'autre, ou la mère devrait assumer cette responsabilité, avec moins de 1 % indiquant le père comme seul choix.
  • Les adultes de plus de 55 ans préfèrent de loin la mère pour assumer un tel rôle. De plus, la mère est le premier choix de 25 % des adultes de 35 à 54 ans et d'un adulte sur sept parmi les répondants de moins de 35 ans—et également de 35 % des hommes par opposition à 26 % des femmes.

Quelles raisons motivent de tels choix? Parmi ceux et celles qui disent « l'un ou l'autre », plusieurs mentionnent que c'est une bonne idée d'avoir un parent au foyer, mais n'ont pas de préférence : cela pourrait être la mère ou le père.

Tableau 5.7. Raisons motivant le choix du parent au foyer

  • Certains disent que c'est une question d'égalité, tandis que d'autres disent que tous les deux sont capables d'assumer un tel rôle.
  • D'autres font allusion à des critères clés tels la carrière ou d'autres circonstances, tandis qu'encore d'autres disent que cela devrait dépendre de qui peut mieux assumer le rôle du parent au foyer et qui serait le plus heureux dans un tel rôle.

Ceux et celles qui croient que la mère devrait assumer le rôle du parent au foyer ont tendance à dire que ce rôle lui convient le mieux—en grande partie parce que cela représente l'idéal et devrait être ainsi. D'autres notent aussi qu'un tel choix aurait un impact financier moins négatif sur la famille, de toute évidence présumant que le père gagne un meilleur salaire—une situation que bon nombre de gens de plus de 55 ans ont connue pour une bonne partie de leur vie.

 

Les Canadiens qui croient qu'un parent devrait rester à la maison
Quelques exemples de réponses

L'un ou l'autre

…l'un ou l'autre, parce que personne peut remplacer un parent… ils ont besoin d'amour et de soutien 24 heures sur 24… la famille est un partenariat et les deux partenaires sont responsables à part égale… la meilleure solution pour la famille… l'un des deux pourrait mieux jouer ce rôle ou posséder de meilleures compétences et avoir plus de patience avec les enfants… ils doivent en discuter pour régler la question… ça dépend de la personne qui veut travailler… les deux sont responsables du bien-être de l'enfant… la personne qui gagne le plus d'argent devrait travailler… l'enfant a besoin d'avoir un sentiment d'intimité et d'appartenance avec ses deux parents… les deux devraient se partager également cette tâche… ce que chacun préfère… les circonstances devraient dicter quoi faire… l'important, c'est d'avoir quelqu'un à la maison qui soit disponible en tout temps… chaque couple doit décider ce qui leur convient le mieux… si tu n'es pas là, quelqu'un d'autre les élève à ta place…

La mère

…parce qu'elle est plus patiente et tolérante… elle sait comment encourager et réconforter, surtout en cas de maladie… l'homme devrait jouer le rôle de pourvoyeur… elle est plus qualifiée… une femme est plus attentionnée qu'un homme… la place d'une mère est à la maison… les femmes ont des instincts maternels naturels… parce qu'il est grand temps de revenir à l'essentiel… le lien étroit entre l'enfant et sa mère existe depuis la naissance et doit être renforcé… elle a plus de patience… il y a des exceptions, mais les hommes gagnent généralement plus d'argent… établir un lien étroit entre l'enfant et sa mère… elle apporte généralement une plus grande stabilité …la mère est un fournisseur de soins naturel… les enfants en bas âge semblent plus proches de leur mère… d'habitude elle sait mieux comment prendre soin d'un enfant… elle est douée pour ça…

En dépit de la croyance populaire qu'un parent devrait rester à la maison et s'occuper des enfants, surtout lorsque ceux-ci sont d'âge préscolaire, en réalité, les couples doivent avoir recours à des services de garde d'enfants.

Bien entendu, ceci s'avère souvent nécessaire, car les deux parents travaillent ou font des études universitaires ou collégiales. Parfois c'est parce qu'ils sont des parents chefs de famille monoparentale. De toute façon, cela comporte ce que certains observateurs ont appelé des « compromis inévitables ».

Dans la mesure où les parents requièrent des services de garde d'enfant, quelles sont leurs préférences? Et selon nos résultats, à quel point doivent-ils faire des « compromis inévitables » à ce sujet?

Nous avons posé la question à l'ensemble des Canadiens : « Si vous et votre conjoint avez travaillé ou travaillez à l'extérieur du foyer et que vous aviez les choix suivants concernant la garde de vos enfants d'âge préscolaire, quels seraient vos 5 premiers choix? » Nous avons suggéré sept possibilités en matière de services de garde pour enfants et leur avons demandé de les classer « de 1 à 5 ». Puis, nous avons calculé les scores moyens pour chacune des sept options.

Nous avons découvert que, idéalement, le choix numéro un est le conjoint, puis viennent un parent, et un autre membre de la famille (« autre parenté »). Et quel est le résultat lorsqu'on arrondit les scores pour les cinq premiers choix? La garde d'enfants à domicile est préférable, puis, en second lieu, un centre de garde d'enfant (« une garderie en installation »). Les amis et les gardiennes ne font pas partie des cinq premiers choix des parents.

Tableau 5.8. Choix de type de service de garde d'enfants

  • Ces classements demeurent sensiblement identiques pour les deux sexes et pour les gens de tout âge.
  • Les exceptions sont mineures—les jeunes adultes préfèrent les centres de garde d'enfants à la garde d'enfants à domicile; les adultes de 55 ans et plus préfèrent confier les enfants aux gardiennes plutôt qu'aux amis.

De tels résultats suggèrent que proposer les garderies comme solution principale au besoin de services de garde d'enfants—comme cela semble souvent être le cas—ne correspond pas vraiment aux vœux des parents canadiens. Ceux-ci semblent préférer des solutions impliquant le conjoint, les parents et la parenté plutôt que les garderies.

Un tout petit mot sur la discipline. Au cours des dernières années, la pertinence de la fessée à soulevé une vive controverse au Canada. Dans le cadre de notre sondage, nous avons vu que trois adultes sur quatre—surtout les hommes—disent avoir reçu la fessée lorsqu'ils étaient jeunes. Que pensent-ils de cette question?

Figure 5.3. Attitudes à l'égard de la fessée selon le sexe

  • Quelque 65 % des adultes disent que le droit de donner la fessée devrait être conservé, tandis que 60 % d'entre eux disent que donner la fessée ne devrait pas être encouragé.
  • Les hommes sont beaucoup plus susceptibles que les femmes de croire que le droit de donner la fessée devrait être conservé, et beaucoup moins susceptibles de croire que donner la fessée ne devrait pas être encouragé.
  • Ce qui pourrait en surprendre plusieurs, les attitudes à l'égard de la fessée varient peu selon l'âge.

Quelques autres attitudes à l'égard du rôle parental

Dans le cadre du présent sondage, nous avons voulu confronter directement les Canadiens avec quelques sujets controversés liés au rôle du parent.

LES PARENTS SEULS.

Plus de sept personnes sur dix affirment que, généralement parlant, les parents seuls réussissent bien à élever des enfants. Les femmes (78 %) ont plus tendance que les hommes (67 %) à appuyer cet énoncé, tout comme les membres de la génération X (81 %) par opposition aux membres de la génération du baby-boom et aux personnes nées avant le baby-boom (environ 68 %). En partie en fonction de leur âge, quelque 64 % des personnes qui assistent à des services religieux chaque semaine sont d'accord avec cet énoncé, tout comme 75 % de celles qui y assistent moins souvent ou pas du tout.

LES PARENTS GAIS ET LESBIENNES.

Environ six Canadiens sur dix disent que les couples de même sexe réussissent bien à élever des enfants. Il y a des écarts entre les femmes (69 %) et les hommes (52 %), et des écarts très marqués parmi les adultes de la génération X (76 %), les membres de la génération du baby-boom (61 %) et les personnes nées avant le baby-boom (42 %). Cependant, on note une résistance encore plus prononcée au droit des couples homosexuels d'adopter des enfants. Seulement cinq Canadiens sur dix approuvent l'idée.
27 Encore une fois, il y a des écarts importants entre les femmes (58 %) et les hommes (40 %), et parmi les jeunes adultes (69 %), les adultes d'âge mûr (49 %) et les adultes plus âgés (27 %). Sur ces deux questions, l'opposition est beaucoup plus prononcée chez les personnes qui assistent à des services religieux chaque semaine, par rapport aux autres.28

LES NOUVELLES TECHNOLOGIES ET LE RÔLE PARENTAL.

Au cours des dernières années, des progrès scientifiques et technologiques ont permis à nombre de femmes de surmonter des difficultés et de devenir enceintes. Grâce à d'autres développements plus radicaux, le clonage humain est désormais possible. Dans le cadre du présent sondage, nous avons posé des questions supplémentaires aux Canadiens afin de mieux connaître leurs attitudes à l'égard de ces deux sujets.

Au total, 80 % des Canadiens se disent en faveur des nouvelles technologies qui permettent aux femmes de devenir enceintes. Les variations sont négligeables, mais les femmes, les adultes de moins de 55 ans, et les personnes qui assistent à des services religieux chaque semaine ont plus tendance à être d'accord que les autres.

En ce qui a trait au clonage, seulement 6 % des Canadiens partout au pays croient qu'on devrait permettre la naissance des enfants qui sont des clones humains. On observe une approbation légèrement plus marquée chez les hommes, les jeunes adultes et les gens qui ne sont pas actifs au sein de groupes religieux.29

Tableau 5.9. Attitudes à l'égard de divers sujets liés au rôle parental selon le sexe, l'âge et l'assistance à des services religieux

À part les caractéristiques sociales individuelles, il existe des écarts régionaux dignes de mention.

  • Les résidants de la Colombie-Britannique sont les plus susceptibles de croire que les parents seuls réussissent bien à élever des enfants, et que les couples de même sexe y réussissent également et devraient avoir le droit d'adopter des enfants. Ils sont aussi un peu plus enclins que les Canadiens des autres régions du pays à approuver les nouvelles technologies qui augmentent les chances de grossesse.
  • Les répondants du Québec—qui, tout au cours du présent sondage, ont eu tendance à avoir des attitudes plus libérales que les Canadiens hors Québec concernant la plupart des sujets—sont un peu moins enclins que les autres à convenir que les parents seuls réussissent bien à élever des enfants. Toutefois, ils sont au deuxième rang, après les résidants de la Colombie-Britannique, dans leur approbation des parents gais et lesbiennes et dans leur appui à l'adoption des enfants par ces derniers.
  • Ailleurs au pays, seulement une minorité de gens ont des doutes à propos de la réussite des parents seuls, les gens dans les Prairies (28 %) étant les plus préoccupés, puis, au prochain rang, les résidants de l'Ontario (25 %).
  • L'appui aux parents gais est plus faible dans les Prairies (49 %) qu'ailleurs au Canada (63 %). L'adoption des enfants par les parents gais reçoit aussi le moins d'approbation dans les Prairies et dans la région de l'Atlantique (41 %). Sur ces deux questions liées aux gais, les résidants de l'Ontario ont tendance à avoir des opinions modérées.

Tableau 5.10. Attitudes à l'égard de divers sujets liés au rôle parental par région

Une résistance plus marquée aux parents gais et à l'homosexualité de façon plus générale dans les Prairies est associée à une plus faible proportion de gais et de lesbiennes dans les trois provinces de l'Ouest canadien. Ici, on ne peut distinguer la cause de l'effet.

Figure 5.4. Orientation sexuelle par région

Les parents vieillissants

Pour plusieurs Canadiens, la réalité que leurs parents vieillissent et exigent des soins est une source d'inquiétude. Afin de bien saisir l'ampleur du problème, nous vous suggérons de considérer ce qui suit.

Figure 5.5. Canadians' Parents

Ensemble de données 1 : Les parents vivants

  • Un peu moins de cinq adultes sur dix disent que leurs deux parents sont vivants.
  • Deux adultes sur dix disent que seulement leur mère est vivante, et moins d'un sur dix disent que leur père est vivant, mais pas leur mère.
  • Les deux parents des derniers 30 % sont décédés.

Ensemble de données 2 : Les parents exigeant des soins

Tableau 5.11. Statut des parents selon l'âge de leurs enfants adultes

  • Quelque 75 % des adultes de 55 ans et plus ont un ou deux parents toujours vivant(s), tout comme environ 80 % des adultes de la génération du baby-boom de 35 à 54 ans.
  • Si on ajoute, en moyenne, à peu près 25 ans à l'âge des enfants, cela veut dire qu'il s'agit de parents qui ont entre approximativement 60 et 80 ans et plus.
  • Ainsi, plus de 50 % des gens nés avant le baby-boom, âgés de 55 ans et plus, ayant un père ou une mère toujours vivant(e) répondent que leurs parents exigent « certains soins » ou « une quantité considérable de soins ». Environ 25 % des adultes de la génération du baby-boom disent la même chose au sujet de leur mère et environ 20 % d'entre eux disent la même chose au sujet de leur père.
  • De plus, environ 20 % des adultes de 55 ans et plus nous informent que leurs parents—surtout leur mère—exigent « une quantité considérable de leur temps et énergie », un aveu exprimé par plus de 10 % des adultes de la génération du baby-boom. En outre, 8 % des adultes d'âge mûr disent également que leurs parents exigent « un montant considérable » de leur argent, une réalité notée par environ 5 % des adultes entre 35 et 54 ans.

Ensemble de données 3 : Où vivent les parents vieillissants

Figure 5.12. Lieu de résidence des parents vieillissants selon l'âge de leurs enfants adultes

Tableau 5.13. Disponibilité à s'occuper des parents

Fait significatif, 89 % des Canadiens affirment qu'ils seraient disposés à s'occuper de leurs parents « s'ils avaient besoin de moi. » Ce point de vue est très répandu et est exprimé par pratiquement tous les Canadiens, indépendamment du statut socio-économique et d'autres variables démographiques.

Voici quelques-unes de ces variables :

  • la région, avec des variations mineures
  • le sexe
  • l'âge
  • l'état civil
  • famille à un seul/double revenu
  • qui a élevé le répondant, et
  • la participation à un groupe religieux.

Soulignons ici que la presque totalité des participants se sont dits disposés à s'occuper de leurs parents âgés, mais nous y reviendrons lorsque nous allons examiner les priorités en matière de soins des parents âgés, selon les gouvernements en place et selon nous, en tant que société.

Certains adultes font plus que des promesses. Comme nous l'avons déjà noté dans la première section de ce rapport, 4 % des adultes disent qu'un parent ou un grand-parent vit avec eux depuis plus d'un an—plus précisément, 4 % des adultes de la génération X, 6 % des adultes de la génération du baby-boom, et 2 % des adultes nés avant le baby-boom. Lorsqu'on demande la raison, 55 % disent que c'était par choix; l'autre 45 %, par nécessité.

Aveux intergénérationnels, conséquences sur la qualité de l'interaction

Illustration - Aveux intergénérationnels, conséquences sur la qualité de l'interaction

Les parents d'aujourd'hui sont-ils heureux?

Lorsque les parents canadiens songent à leur relation avec leurs enfants, presque 80 % d'entre eux disent que, tout bien calculé, ils éprouvent ou ont éprouvé beaucoup de plaisir et très peu de peine. Quant aux autres 20 % des parents, ceux-ci disent qu'ils éprouvent aussi beaucoup de plaisir, mais reconnaissent que ce plaisir comporte son lot de peine.

Les parents qui ont des enfants d'âge préscolaire sont ceux qui de loin éprouvent le plus de plaisir et le moins de peine.

  • À partir du moment où les enfants commencent à fréquenter l'école, la peine éprouvée par les parents est trois fois plus grande que celle vécue auparavant. Cependant, contrairement aux stéréotypes entretenus par la plupart des gens, l'équilibre entre le plaisir et la peine demeure à peu près identique pendant l'adolescence.
  • Le plaisir a tendance à s'intensifier un peu à partir du moment où les enfants sont dans la vingtaine, et la peine s'atténue également. Pourtant, les niveaux de stress sont toujours deux fois plus élevés qu'ils ne l'étaient lorsque les enfants étaient tout petits et n'avaient pas commencé à fréquenter l'école.
  • Les parents avec des enfants qui nécessitent des soins particuliers ressentent une joie mitigée, qui comporte aussi son lot de peine.
  • Les mères qui ont un emploi à temps plein affirment éprouver un peu plus de plaisir et moins de peine que les mères au foyer.

Comme il fallait s'y attendre, la santé est un facteur clé pour prédire le degré de plaisir par rapport au degré de peine et de stress que les Canadiens éprouvent dans leur relation avec leurs parents.

  • Lorsque leurs parents n'exigent aucun soin particulier, plus de 70 % des Canadiens affirment éprouver beaucoup de plaisir et très peu de peine avec leur mère et leur père. Mais la réalité est loin d'être rose : pour les autres 30 %, le plaisir comporte aussi son lot de peine.
  • Lorsque leurs parents exigent des soins, le plaisir s'atténue et le stress monte en flèche. Dans de tels cas, les mères semblent exiger plus de soins que les pères : 24 % des adultes disent que la joie éprouvée dans la relation avec leur mère est accompagnée de beaucoup de peine et de stress, tandis que seulement 16 % des adultes disent la même chose au sujet de leur père.

Tableau 5.14. Le plaisir et la peine associés aux enfants, aux petits-enfants et aux grands-parents selon diverses variables

AU FIL DU TEMPS
Parents ayant des enfants d'âge scolaire
 
Pourcentage de la population canadienne   1975 2000
  Un seul des parents a un emploi temps plein   29% 14
  Deux parents avec emplois temps plein   7 14
  Mère seule avec emploi temps plein   2 3
 
Semblent n'avoir jamais assez de temps   1985 2000
  Un seul des parents a un emploi temps plein Femmes 56% 61
    [qu'il s'agisse du père ou de la mère] Hommes 46 51
  Deux parents avec emplois temps plein Femmes 53 61
    Hommes 57 48
 
  Mère seule avec emploi temps plein   65 78
 

Source : Reginald W. Bibby, série de sondages Projet Canada.

Resumé

Approximativement 85 % des Canadiens ont été élevés par leurs parents biologiques. Presque tous affirment que leurs parents ont bien réussi à les élever, ce sentiment étant un peu plus prononcé parmi ceux et celles qui ont été élevés par leur père et leur mère, puis parmi ceux et celles qui ont été élevés par leur mère seulement. Neuf adultes canadiens sur dix se sentaient toujours en sécurité à la maison quand ils étaient jeunes, et sept sur dix disent éprouver ou avoir éprouvé beaucoup de plaisir et peu de peine avec leur père, leur mère et leurs frères et sœurs.

Les Canadiens sont quasi unanimes à affirmer qu'ils réussissent bien à élever leurs enfants, y compris les parents qui travaillent à l'extérieur du foyer. Par contre, de fortes majorités d'hommes et de femmes qui ont un emploi à temps plein disent qu'ils resteraient à la maison pour élever leurs enfants s'ils pouvaient se le permettre financièrement. D'encore plus fortes majorités de parents déclarent que, s'ils pouvaient se le permettre financièrement, ils travailleraient à temps partiel et élèveraient leurs enfants. Et quelque 70 % des « mères au foyer » sont du même avis. Les personnes qui travaillent à l'extérieur du foyer—surtout les femmes—se disent préoccupées par le manque de temps dont elles disposent et souvent, par le manque d'aide qu'elles reçoivent pour effectuer les travaux ménagers, cette dernière plainte venant des mères dans la plupart des cas. Les femmes divorcées qui ont un emploi se disent très préoccupées par le manque de temps dont elles disposent et par le manque de soutien qu'elles reçoivent en tant que chefs de famille.

Neuf Canadiens sur dix—surtout les adultes d'âge mûr—pensent qu'un parent devrait rester à la maison et s'occuper des enfants, particulièrement lorsqu'il s'agit d'enfants d'âge préscolaire. La plupart d'entre eux pensent que l'un ou l'autre des parents peut assumer ce rôle et être principalement responsable de l'éducation des enfants, mais plusieurs adultes d'âge mûr croient que la mère peut le mieux réussir ce rôle parental. Dans la mesure où les parents requièrent des services de garde d'enfant, ils préfèrent confier leurs enfants, par ordre d'importance, au conjoint, aux parents, à la parenté, à un service de garde en milieu familial, puis finalement, à une garderie en installation. En ce qui a trait à la fessée, des majorités modestes croient que le droit de donner la fessée devrait être conservé, et également, que donner la fessée ne devrait pas être encouragé.

Par rapport à quelques autres questions liées au rôle parental, sept adultes canadiens sur dix croient qu'en général, les parents seuls réussissent bien à élever des enfants. Environ six adultes sur dix croient que les couples homosexuels réussissent bien à élever des enfants, et cinq adultes sur dix croient que les couples gais et lesbiennes devraient avoir le droit d'adopter des enfants. La plupart sont d'accord avec les nouvelles technologies qui permettent aux femmes de devenir enceintes. Ceci étant dit, seulement un adulte sur vingt croit qu'on devrait permettre la naissance des enfants qui sont des clones humains.

De nombreux adultes d'âge mûr, dont les parents sont toujours vivants, sont confrontés à la réalité que leurs parents exigent des soins et qu'ils doivent consacrer de plus en plus de temps, et parfois d'argent, pour s'occuper d'eux. Une faible majorité de parents vieillissants vivent toujours chez eux, mais plusieurs vivent ailleurs. Fait significatif, 89 % des Canadiens disent qu'ils seraient disposés à s'occuper de leurs parents si ceux-ci avaient besoin d'eux—ce que font actuellement 5 % d'entre eux.

Tout bien calculé, les Canadiens éprouvent beaucoup de plaisir avec leurs enfants, leurs parents et leurs petits-enfants. Pourtant, les résultats du présent sondage signalent que la qualité des relations interpersonnelles au sein de la famille laisse assez à désirer. Selon nos données, les enfants tout comme les parents sont des sources de plaisir surtout quand ils sont jeunes et en bonne santé, et exigent moins de notre temps et énergie. De telles facettes de la vie familiale représentent des sources de pression et de stress pour tous les enfants au fil du temps, pour les enfants nécessitant des soins particuliers et pour les parents qui commencent à prendre de l'âge. Face à ces réalités, il faut réagir et trouver de meilleures solutions, comme individus et comme société.

Réflexions : Comment les Canadiens voient le rôle parental

On est étonné de constater à quel point les Canadiens voient comme positive la manière qu'ont eu leurs parents de les élever. Malgré tous les hauts et les bas qu'ont vécu les gens avant de quitter le foyer, 95 % affirment que, à tout prendre, leurs parents les ont bien élevés; c'est aussi le cas pour les 91 % du nombre croissant de personnes élevées par des mères seules. Une forte majorité s'étaient sentis en sécurité à la maison, quand ils étaient jeunes. L'importance reconnue que prend la présence d'au moins un des parents est soulignée par une autre donnée de l'enquête : cette sensation d'être en sécurité était lacunaire chez une personne sur quatre qui n'avait pas été élevée par au moins un des ses parents.

Les Canadiens, généreux dans leur évaluation des comportements de leurs parents, sont encore plus généreux dans l'évaluation de leurs propres comportements parentaux. Une proportion étonnante des répondants, soit 99 %, estiment qu'ils ont bien élevé, ou qu'ils élèvent bien, leurs propres enfants. Plus de huit parents sur dix travaillant à temps plein considèrent qu'ils ont trouvé un équilibre satisfaisant entre le travail et la vie familiale. Mais tout n'est pas si rose que semblent l'indiquer ces pourcentages: trois sur dix des mères travaillant à temps plein et quatre sur dix des pères travaillant à temps plein avouent que leurs enfants croient probablement que leurs parents ne passent pas suffisamment de temps avec eux. Dans le cas des mères travaillant hors du foyer et vivant avec leur mari ou leur conjoint, la raison en est simple : près de 80 % d'entre elles affirment être toujours en déficit de temps, dans bien des cas parce que-en dépit des bonnes intentions-les corvées du ménage et les tâches relatives au soin des enfants ne sont pas équitablement partagées avec le mari ou conjoint.

Dans un monde idéal où l'argent ne posait pas problème, la plupart des parents canadiens, tant hommes que femmes, préféreraient travailler, au plus, à temps partiel plutôt qu'à temps plein. Les sceptiques avanceront que c'est le cas de la plupart des gens, qu'ils soient ou non parents. Il reste cependant à souligner que la plupart des pères et mères travaillant tous deux à l'extérieur du foyer le font par nécessité financière. Il est clair que 90 % des parents trouveraient préférable qu'un parent reste à la maison pour assumer la responsabilité principale des enfants jusqu'à ce que ceux-ci commencent l'école. Mais dans la plupart des cas, il s'agit là d'un vœu irréalisable.

De nombreux Canadiens, aux prises avec les difficiles réalités financières de la vie familiale contemporaine, considèrent essentiel l'existence de garderies pour les enfants d'âge préscolaire. Le sondage signale cependant que de telles garderies, qu'elles soient en milieu familial ou non, ne représentent pas le premier choix pour la plupart des parents canadiens. Si les parents occupant un emploi avaient le choix, ils préféreraient confier leur enfant, en premier lieu à leur conjoint ou conjointe, en deuxième lieu à l'un des grands-parents de l'enfant, et en troisième lieu à un autre membre de la famille.

Le sondage a fourni des résultats variés concernant la perception des compétences parentales des gais et des lesbiennes. Bien qu'un peu moins de un Canadien sur deux approuve les mariages entre conjoints du même sexe et l'adoption par des couples homosexuels, une majorité (61 %) croient que ces couples sont en mesure de bien élever des enfants ; parmi les répondants adultes âgés de moins de 35 ans, ces chiffres grimpent jusqu'à 74 %. La question qui se pose est donc la suivante : Étant donné qu'une majorité de Canadiens croit que les gais et les lesbiennes peuvent être de bons parents, pourquoi ces derniers se verraient-ils refuser la possibilité d'adopter des enfants?

D'abord les parents se chargent du soin de leurs enfants, et bien souvent un jour vient où ces enfants doivent prodiguer des soins à leurs parents. Ce que nous indique le sondage, concernant les parents âgés, confirme ce que nous disent les démographes depuis nombre d'années. Les besoins des Canadiens âgés sont considérables, et globalement iront croissant au fur et à mesure que la génération du baby-boom atteindra le troisième âge. Près de neuf personnes sur dix répondent qu'ils seraient prêts à s'occuper de leurs parents « s'ils avaient besoin de moi. » Cette donnée a des répercussions fort importantes; elle semble signaler que des solutions au problème du vieillissement de la populations pourraient, pour une part du moins, se trouver en faisant appel à cette bonne volonté des enfants en ce qui touche le soin de leurs parents. Mais pour que cette bienveillance puisse servir de ressource pour aider à résoudre la crise de services à prodiguer aux aînés, les enfants de ces parents devront pouvoir compter sur un soutien tangible de la part des autres membres et institutions qui forment notre société.

Questions soulevées par les résultats d'enquête

  1. De nombreux pères manquent à leur idéal proclamé d'être des partenaires égaux au chapitre du soin des enfants et des tâches ménagères, ce qui ajoute considérablement aux difficultés de vie de leurs conjointes. Comment pouvons-nous résoudre cette carence ?
  2. Dans un contexte où des garderies sont nécessaires tant aux familles où les deux parents travaillent qu'aux parents seuls, ne conviendrait-il pas d'assurer un meilleur soutien financier et moral aux parents de jeunes enfants, de manière à élargir leur champ d'options, et d'offrir également un soutien aux familles qui s'adressent à un grand-parent ou à un autre proche pour une part des soins qu'exigent les jeunes enfants ?
  3. Quelles seraient les façons tangibles de tirer parti de la bonne volonté exprimée des enfants adultes prêts à prendre soin de leurs parents âgés ? Et comment pourrions-nous appuyer matériellement cette bonne volonté ?

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