![]() |
![]() |
Imprimé du site web de l'Institut Vanier de la famille www.ivfamille.ca. Droits d'auteur 2007. L'état actuel du budget de la famille canadienne Rapport 2004 TABLE DES MATIÈRES
INTRODUCTION ET NOTE TECHNIQUE Nous revoilà! Ce sixième rapport annuel fait le point sur l'état actuel du budget des familles et des ménages. Il examine le revenu, les dépenses, l'épargne et la valeur nette par catégorie de famille et de ménage. À en juger par la réaction positive suscitée par les rapports antérieurs, les particuliers, les familles, les gouvernements, le milieu des affaires, les syndicats, les médias et beaucoup d'autres organisations veulent et ont besoin d'en connaître davantage sur la situation financière des familles. Ils désirent aussi avoir une perspective générale de la situation. Ce rapport s'affirme peu à peu comme un document de base tant pour le grand public que pour les chercheurs. Certaines de ses conclusions se retrouvent maintenant dans des manuels. Le rapport porte essentiellement sur les familles, mais les indicateurs familiaux les plus récents ne vont pas au-delà de 2002. Nous disposons d'information beaucoup plus ponctuelle pour l'ensemble du secteur domestique et dont nous nous sommes servis pour fournir nombre des estimations concernant tous les ménages jusqu'en 2004. Les estimations de 2004 sont basées sur les neufs premiers mois de l'année. Les ménages comprennent les familles et les individus libres de liens familiaux. Les ménages familiaux représentent environ les deux tiers de tous les ménages. Les tendances récentes observées dans les ménages donnent une bonne idée de ce qui se passe dans les familles. Les estimations concernant les particuliers, pour ce que l'on appelle le revenu personnel disponible, ont été calculées après les transferts publics et l'impôt sur le revenu. Il en est de même pour les mesures du revenu familial. Pour mieux comprendre les résultats et leur pertinence, toutes les mesures ont été converties selon la notion « par ménage » et « par famille ». Toutes les estimations sont présentées en dollars de 2002, et reflètent par conséquent l'évolution réelle du pouvoir d'achat après inflation sur plusieurs années. L'expression « réel » réfère à ce qui serait arrivé sans inflation. Les mesures incorporent les mises à jour et toute révision récente effectuées par Statistique Canada. Cette année, l'analyse couvre principalement la période de 1980 à 2004, en particulier les trois dernières années se terminant en 2002, 2003 ou 2004, selon la série de données. L'année 1980 a été choisie comme le point de départ pour souligner les changements à long terme survenus pendant un quart de siècle et parce que la série de données sur le revenu des familles est disponible depuis 1980. La plupart des graphiques couvrent chaque année à partir de 1980 jusqu'à la plus récente année. Le Tableau 3 fait exception et porte sur les actifs et la dette, car les données comparables ne remontent qu'à 1990. Les tableaux à but particulier et les annexes indiquent l'ensemble des changements survenus pour toute la période et chacune des trois dernières années. Les cellules ombrées des tableaux mettent en exergue la détérioration ou les baisses survenues pour certains indicateurs. Les lecteurs sont encouragés à examiner les tableaux A et B en annexe pour un aperçu plus détaillé des changements vécus par différents genres de famille et de ménage. La quasi-totalité des données de base provient de Statistique Canada. Tous les calculs additionnels sont de l'auteur et la responsabilité de toute erreur ou omission lui incombe. Roger Sauvé, People Patterns Consulting, peut être joint par téléphone au (613) 931-2476, par courriel à peoplepatternsconsulting@sympatico.ca, ou sur son site Web à www.peoplepatternsconsulting.com. POINTS SAILLANTS DU RAPPORT 2004 - Bon, sans plus Février 2005
SUPPLÉMENT SPÉCIAL - Réalité générationnelle DEUX DÉCENNIES PERDUES!
Les revenus des ménages stagnent depuis les quatre dernières années Le Graphique 1 présente la mesure la plus globale des revenus moyens du ménage (familles et individus libres de liens familiaux). Cette mesure intervient après tous les transferts publics et l'impôt sur le revenu et s'exprime en termes de pouvoir d'achat réel. Le graphique est calculé à partir des Comptes nationaux publiés tous les trimestres. Selon les données préliminaires des trois premiers trimestres de l'année, il apparaît que le revenu moyen des ménages se situait à 54 300 $ en 2004, soit à peu près au même niveau qu'en 2001. Cette évaluation ponctuelle indique clairement que les revenus d'emploi moyens des ménages ont stagné ou, plus précisément ont marqué un coup d'arrêt au cours des dernières années. Cette conclusion conforte les tendances observées ces dernières années et les conclusions tirées dans les précédents rapports. La stagnation actuelle dans les revenus fait suite à une reprise substantielle par rapport aux planchers atteints en 1996 et, même dans ce cas, les revenus moyens des ménages demeurent tout juste à leur niveau de 1989. Ces revenus n'ont progressé que de 2 000 $ en 25 ans, soit d'un minuscule 3,8 %. Comme nous le constaterons, cela est bien inférieur aux accroissements des dépenses.
Un autre indicateur utile concernant le revenu est contenu dans la collection Le revenu au Canada, publiée par Statistique Canada. En se fondant sur cette mesure d'évaluation moins ponctuelle, il est aussi évident que les revenus ont progressé par rapport à leur creux de 1996.Cette estimation indique que le revenu des ménages (familles et individus libres de liens familiaux) s'est accru de 0,8 % seulement pour atteindre 49 400 $ en 2002 par rapport à un bond de 4,9 % en 2001. Nous avons peut-être atteint un nouveau plateau. Cette seconde mesure est compatible avec l'information détaillée contenue dans les tableaux A et B en annexe. Nous aimons utiliser cette collection moins ponctuelle, car elle est la seule qui nous permet de fournir de l'information au sujet de comment différents genres de famille se débrouillent sur le plan financier. La baisse de l'impôt sur le revenu a sauvé la mise pour les familles en 2001 et 2002 Le plafonnage des revenus, en particulier pour les familles, aurait été bien pire s'il n'y avait pas eu d'importantes réductions d'impôts en 2001 et 2002. Le Tableau 1, qui traite exclusivement des familles de deux personnes ou plus, révèle que les revenus marchands par famille se sont légèrement repliés (-0,2 %) en 2002. (Tel qu'indiqué dans nos précédents rapports, les gains horaires moyens font du surplace ou reculent depuis près de dix ans.) Les transferts publics aux familles ont aussi diminué (-1,4 %) en 2002. Ces transferts aux familles ont représenté exactement 10 % des revenus totaux en 2002. La combinaison de ces données a résulté en un léger repli (-0,3 %) des revenus totaux en argent par famille. Les revenus totaux en argent se contractaient en même temps que l'impôt moyen payé par famille. L'impôt sur le revenu a connu une baisse importante de 7 % en 2001, puis de 2,3 % en 2002. Cet impôt, en tant que part du revenu total, a diminué pour la seconde année consécutive et se situait à 17,4 % des revenus totaux en 2002. Le revenu familial net, après transferts publics et impôt, a progressé légèrement de 0,3 % en 2002. De 1980 à 2004, les transferts publics par famille ont progressé en moyenne de 46 %, tandis que l'impôt sur le revenu n'a augmenté « que » de 31 % en moyenne, abstraction faite de l'inflation.
En 2002, le revenu moyen chez les couples de personnes âgées mariées s'est amélioré de 1,2 % pour la deuxième année consécutive à l'instar des revenus des couples avec enfants (+0,9 %) et des pères seuls (+2,2 %). Les revenus des couples sans enfants ont reculé (-0,5 %) et ont plus fortement baissé chez les mères seules (-5,2 %). Il faut souligner que les revenus moyens des mères seules avaient connu une forte progression au cours des deux années précédentes. Le revenu moyen de tous les individus libres de liens familiaux a augmenté de 2,4 % en 2002, les gains les plus importants ayant été enregistrés parmi les femmes de ce groupe (+5,4 %) âgées de moins de 65 ans.
L'Annexe A présente les mesures de revenu familial par province. En 2002, le revenu familial moyen s'est accru dans 8 provinces sur 10. La plus forte progression a été enregistrée au Manitoba (+3,6 %) tandis que l'Alberta a connu la plus forte baisse (-2 %). Le recul en Alberta fait suite à deux années de fortes hausses. Sur la plus longue période de 1980 à 2002, les plus importantes améliorations sont intervenues en Ontario (+19,8 %), en Nouvelle-Écosse (+16,5 %) et au Nouveau-Brunswick (+15,8 %) tandis que les plus faibles gains ont été enregistrés en Colombie-Britannique (+2 %) et en Saskatchewan (+2,7 %). La pauvreté chez les enfants à son plus bas en plus de vingt ans En 2002, environ 702 000 enfants de moins de 18 ans vivaient dans des familles à faible revenu (pauvreté). Ce chiffre est bien loin de la promesse d'éliminer la pauvreté chez les enfants. Cependant, ce nombre est le plus faible de la période 1980-2002 et il en est de même pour le taux de pauvreté chez les enfants (10,2 %). Les choses s'améliorent, mais il reste un long chemin à parcourir. Les pires années pour la pauvreté chez les enfants ont été 1995, 1996 et 1997. On dénombrait alors 1,1 million d'enfants pauvres à chacune de ces années et le chiffre a bondi à plus de 16 % pendant les trois années suivantes. En 2002, les statistiques et les taux de pauvreté ont augmenté légèrement chez les 18 à 64 ans (1,9 million ou 9,7 %) et chez les 65 ans et plus (260 000 ou 6,9 %). Le taux chez les deux groupes a atteint un plancher record (6,3 % parmi les 65 ans et plus) et près de leur creux historique (chez les 18-64 ans) en 2001. Voir l'Annexe B pour un aperçu plus complet de la pauvreté selon le genre de famille ou d'individu libre de liens familiaux. En 2002, plus du tiers (35 %) des mères seules vivaient dans la pauvreté et près du tiers (31 %) des femmes libres de liens familiaux et âgées de moins de 65 ans vivaient dans la pauvreté. Les moins susceptibles de vivre dans la pauvreté étaient les couples de personnes âgées mariées, car moins de 2 % d'entre eux étaient pauvres.
Peu de couples à deux revenus (2,3 %) sans enfants et de couples à deux revenus avec enfants (3 %) ont basculé sous le seuil de la pauvreté en 2002. Le taux pour les couples sans enfants est trois fois plus élevé (à 8,4 %) lorsqu'il n'y a qu'un soutien économique tandis que celui des couples mariés avec enfants a quintuplé (à 15 %) s'il ne compte qu'un salarié. Les lecteurs voudront bien consulter le rapport de l'année dernière (encore affiché sur le site Web de l'Institut Vanier de la famille) qui a conclu que les tendances salariales actuelles ont conduit un plus grand nombre de familles - en particulier celles avec enfants - au bord du Le régime fiscal réduit la pauvreté En 2002, on comptait 34 % moins d'enfants pauvres après impôt comparativement à avant impôt. L'impact bénéfique pour les enfants a été particulièrement important au cours des quelque cinq dernières années. L'amélioration est peut-être due à la bonification des crédits d'impôts pour enfants et à d'autres mesures fiscales. Le régime fiscal a une plus grande répercussion sur le taux de pauvreté parmi les personnes âgées de 65 ans et plus et cette tendance s'accentue avec le temps. En 2002, il y avait 54 % moins de personnes âgées vivant dans la pauvreté en fonction du revenu après impôt comparativement au revenu avant impôt. L'incidence fiscale (-25 %) est beaucoup moindre chez les 18 à 64 ans et ne s'est pas améliorée avec le temps.
Même avec ces améliorations, les familles du quintile supérieur composées de deux personnes ou plus ont 5,2 fois plus de revenus après impôt que les familles du quintile inférieur, ce qui est fondamentalement identique à la situation de 1980.
Le Graphique 1 montre clairement que les gains de revenus réels par ménage ont complètement cessé ces dernières années. À l'inverse, les dépenses des ménages continuent de grimper d'environ 2 % par an. La raison tient en partie au fait qu'un nombre croissant de ménages n'essaient plus d'épargner. De juillet à septembre 2004, le taux d'épargne personnel était de zéro. Il faut remonter à 1936 i ou durant la Crise de 1929 pour voir un niveau d'épargne aussi bas.
Les retraits à même le régime enregistré d'épargne retraite (REÉR) peuvent servir d'indicateur de difficultés financières. Chez les 20 à 59 ans, le taux de retrait du REÉR a presque doublé ii (+76 %) de 1993 à 2001 tandis que le nombre de cotisants s'est accru d'un maigre 18 %. Les causes et les conséquences de cette chute majeure dans les épargnes font l'objet d'un débat grandissant et pas encore concluant. Je pense pour ma part que la stagnation et le déclin dans les gains horaires constituent la principale source du problème. Un nombre accru de personnes travaillent et de plus en plus de familles travaillent de plus longues heures, mais sans pouvoir joindre les deux bouts. Pour certains analystes, la baisse des taux d'épargne prouve que les ménages sont confiants pour leur sécurité d'emploi et que le deuxième soutien économique apportera le revenu de remplacement en cas de chômage… alors ils continuent de dépenser. Pour d'autres, l'appréciation des prix dans l'immobilier et l'amélioration des marchés boursiers font que les familles se sentent riches, ce qui est vrai pour certaines d'entre elles… alors elles continuent de dépenser. D'autres estiment que les faibles taux d'intérêt font que le rendement de l'épargne ne vaut pas la peine tandis que les coûts d'emprunt sont très bas… alors ils continuent de dépenser. Un rapport publié en décembre 2004 par le Groupe financier Banque Royaleiii prévoit que le taux d'épargne personnel sera négatif en 2005 et 2006. Une autre prévision effectuée en décembre par le Groupe financier Banque TDiv estime que le taux d'épargne se situera à près de 1 % en 2005 et 2006. Alors, il semble que les ménages continueront de dépenser. Paul Farrellv donne une interprétation plus pessimiste voulant que 80 % des Américains soient « paralysés ». Selon lui, ils ont privilégié des solutions à court terme inefficaces. Ils ne se rendent même pas compte qu'ils ont besoin d'aide, ou plus probablement, selon l'étude du Guardian, ils ne savent pas quoi faire de l'aide qui leur est déjà disponible. Malheureusement, cette paralysie les a rendus incapables de changer. Les 20 % restants ne veulent pas ou n'ont pas besoin de beaucoup d'aide. Épargne négative plus évidente en Colombie-Britannique et en Saskatchewan La pression financière sur les ménages et les familles varie grandement selon la province. En 2003, les ménages de l'Alberta ont épargné en moyenne 4,2 % de leur revenu disponible, tandis que ceux de l'Ontario, du Québec et du Nouveau-Brunswick ont économisé entre 2 et 3 %. Les Manitobains ont eu une épargne presque nulle. Dans près de la moitié des provinces, les épargnes ont été négatives… en d'autres mots, ils ont dépensé plus qu'ils n'ont gagné après impôt. La situation de la Colombie-Britannique pourrait être préoccupante en raison de son taux d'épargne négatif record de 6,1 % en 2003. Cette donnée fait suite à un taux négatif de 3,9 % en 2002 et de 2,2 % en 2001. Le taux d'épargne personnel est négatif en Colombie-Britannique depuis sept ans et la situation empire. En Saskatchewan, le taux d'épargne a été négatif au cours des quatre dernières années.
Les deux tiers des familles manquent d'argent à la fin de l'année Les concepts sont quelque peu différents, mais d'après les calculsvi effectués pour Profil des familles canadiennes III, les ménages du quintile inférieur ont dépensé environ 2 300 $ de plus qu'ils n'ont gagné en 2002. Les ménages du quintile médian-inférieur ont eu un manque à gagner de 2 600 $ tandis que ceux du quintile médian étaient dans le rouge de 1 100 $. En clair, quelque 60 % des ménages ont emprunté ou puisé dans leurs épargnes en 2002 pour subvenir à leurs besoins. Les ménages du quintile médian-supérieur ont pu épargner 2 830 $, tandis que l'excédent des ménages du quintile supérieur frisait 16 000 $. Ces données prouvent que beaucoup de familles et de ménages du Canada font face à de très graves difficultés financières. Selon une enquêtevii récemment menée par Ipsos, 75 % des Canadiens ont moins de l'équivalent de trois mois d'épargne en banque tandis que 42 % de Canadiens admettent ne pas avoir d'argent de côté pour les temps difficiles. Dépenser plus pour presque tout Au cours des dernières années, les plus importantes hausses de dépenses sont survenues au niveau des biens et services (mobilier, articles d'ameublement, équipement et fonctionnement) et étaient en hausse de 5,6 % en 2004, après des progressions d'environ 3 % à chacune des deux années précédentes. On a aussi noté de fortes hausses de dépenses pour les soins médicaux et les services de santé qui ont grimpé d'environ 4 % en termes réels au cours des trois dernières année. Les augmentations les plus notables ont touché les médicaments et les produits pharmaceutiques qui ont bondi de 7 % dans chacune des trois dernières années. Sur une plus longue période, de 1980 à 2004, les dépenses totales ont progressé d'environ 29 % par ménage tandis que les revenus après impôt par ménage n'ont augmenté que d'un minuscule 4 % (voir Graphique 1). Les bonds les plus importants (+108 %) dans les dépenses de 1980 à 2004, se sont manifestés dans les secteurs des loisirs, du divertissement ainsi que des services éducationnels et culturels. Les dépenses pour les soins médicaux et les services de santé ont grimpé de 69 % au cours de la même période. Les dépenses relatives à la nourriture, aux boissons et produits du tabac ont fondu de 16 % de 1980 à 2004. Celles concernant les vêtements et les chaussures ont avancé d'un peu moins de 10 % au cours de la même période.
C'est officiel - Les données sur la richesse des ménages révisées à la hausse de 38 000 $ Statistique Canada est la source officielle de la plupart des données citées à l'appui de ce rapport. Pendant plusieurs années, notre rapport a produit un compte rendu détaillé des sources de la richesse des ménages. Nous le reprenons encore dans le Tableau 3, mais cette fois avec du nouveau. Il est maintenant basé sur la valeur marchande estimée pour les actions et les pensions. Dans le passé, le tableau présentait des données selon ce qu'on appelait valeur comptable. Si quelqu'un avait acheté une action en bourse à 10 $ il y a quelques année et qu'il la détenait encore, le prix inscrit au Tableau 3 aurait été 10 $ peu importe le cours de cette action aujourd'hui. Cette méthode, quoique inexacte, était la seule disponible. À l'instar de nombreux collecteurs de données dans le monde, Statistique Canadaviii a commencé à corriger cette lacune. « Cette méthode correspond directement à la pertinence des données en tant que comportement économique basé, entre autres, sur les perceptions de la richesse à sa valeur actuelle ".
Selon la collection valeur marchande et nos calculs, la valeur nette moyenne par ménage est maintenant de 322 900 $ ou d'environ 38 000 $ de plus que selon l'ancienne méthode. L'estimation de la valeur marchande n'est disponible que depuis 1990 et non pas 1980 comme c'est le cas dans tous les autres tableaux figurant dans le présent rapport. La majorité de cette croissance de la richesse résulte de la révision à la hausse de la valeur des titres. L'amélioration de la valeur marchande des actions ne représente pas une avancée pour tout le monde, étant donné qu'en 1999, seulement 10 % des ménages détenaient des actions à l'extérieur de leurs fonds de pension et des fonds communs de placementix . Le Graphique 8 révèle que l'estimation basée sur la valeur marchande est beaucoup plus volatile que celle effectuée en fonction de la valeur comptable. En fonction de cette nouvelle mesure basée sur la valeur marchande, la proportion de la dette totale par rapport à la valeur nette est plus faible en 2004 comparativement à 1990, mais l'inverse est vrai lorsqu'on utilise l'ancienne mesure de la valeur comptable. En d'autres mots, si l'on se fonde sur cette seule mesure, les ménages sont en moyenne moins lourdement accablés par la dette qu'on ne le croyait au départ. Naturellement, la dette demeure un problème grave lorsqu'on la mesure par rapport aux tendances stagnantes des revenus et à la probabilité d'une hausse des taux d'intérêt. En utilisant cette nouvelle mesure de calcul, la valeur nette par ménage s'est accrue d'environ 2,5 % en 2004, suivant une reprise encore plus forte en 2003. Ces fortes hausses ont été pour la plupart soutenues par l'appréciation des biens immobiliers et des titres boursiers. Il convient de rappeler que la valeur marchande des actions, pour ceux qui en détenaient, a plus que triplé entre 1990 et 2004. D'autre part, les dettes hypothécaires réelles se sont alourdies de plus de 2 % à chacune des trois dernières années.
L'endettement encore en hausse par rapport au revenu après impôt La dette des ménages (endettés et non endettés confondus) était de 66 800 $ en moyenne en 2004, En 1999, environ les deux tiers des ménages avaient contracté une dette quelconquexF et les autres n'en avaient pas, ce qui semble indiquer que les ménages endettés avaient une dette d'environ 100 000 $ chacun.
La dette totale représente maintenant 121 % des revenus du ménage par rapport à 86 % en 1980. Si on inclut seulement la dette à la consommation et la dette hypothécaire dans ce total, le ratio de l'endettement par rapport au revenu se situe alors à 105 % comparativement à 74 % en 1980.
La plupart des ménages peuvent encore supporter cet endettement élevé parce que les taux d'intérêt ont atteint ou frôlé un plancher historique. La majorité des prévisionnistes entrevoient un relèvement progressif, et non brusque, des taux d'intérêt au cours des douze prochains mois environ. Selon la Banque du Canadaxi , « le scénario - plus probable - d'une montée cyclique des taux d'intérêt laisserait aux ménages le temps d'ajuster leurs habitudes de dépenses. » Les ménages devraient peut-être commencer à « corriger le tir » dès maintenant. Une enquête menée avant Noël par le Conference Board of Canadaxii a révélé que l'optimisme concernant l'état des finances familiales dans six mois s'était tempéré. La perspective d'une hausse imminente des taux d'intérêt, conjuguée aux niveaux élevés des dettes du ménage, pourrait rendre les consommateurs plus frileux au sujet de leur budget. Les faillites frisent toujours des niveaux records Tout ne baigne pas dans l'huile. Le nombre de faillites de consommateurs s'est chiffré à 84 000 en 2004, pas loin du niveau record de 1997. Les faillites ont plus que quadruplé en 25 ans. Les récessions du début des années 1980 et 1990 ont provoqué une accélération des faillites, tout comme la hausse des taux d'intérêt dans la deuxième moitié des années 1990. La tendance des dernières années pourrait s'infléchir si les taux d'intérêt s'envolent trop vite ou si l'économie bascule dans une récession. Les prévisionnistes professionnels n'anticipent aucun de ces scénarios, mais cette possibilité ne doit pas être complètement écartée. Si l'histoire se répète, nous entrerons probablement en récession dans les années à venir. Nous avons été plongés dans une récession dans les années 1980 et les années 1990. Une autre pourrait bien surgir dans les années 2000. La hausse du dollar canadien, la flambée des cours du pétrole, une déprime économique ailleurs dans le monde ou des problèmes financiers mondiaux pourraient alimenter une récession et provoquer une hausse fulgurante des faillites. La question est probablement de savoir quand et non si nous connaîtrons une autre récession.
Les faillites sont en hausse dans toutes les provinces À long terme, de 1980 à 2004, le nombre de faillites de consommateurs a explosé au Nouveau-Brunswick (+1472 %), à Terre-Neuve (+1189 %) et en Nouvelle-Écosse (+1123 %). Le Manitoba (+179 %) et l'Ontario (+195 %) ont connu les plus faibles hausses. En 2004, les faillites ont augmenté dans sept des dix provinces.
SUPPLÉMENT SPÉCIAL - Réalité générationnelleDEUX DÉCENNIES PERDUES! Les familles jeunes et d'âge moyen ont-elles raison de se plaindre d'avoir plus de difficulté à joindre les deux bouts que les générations précédentes? Oui. Au cours des deux dernières décennies, les ménages jeunes et un peu moins jeunes ne s'en sont pas aussi bien tirés, ou ont même perdu du terrain, par rapport aux ménages composés de personnes âgées. Les impacts à long terme sont mesurables et réels.
Réalité générationnelle #1 - Deux décennies perdues pour les moins de 45 ans Le Graphique 12 présente les revenus d'emploi moyen de familles de trois groupes d'âge.
Les conséquences des récessions début (1980 et début 1990) sont palpables chez les trois groupes d'âge. Les revenus en ont pris pour leur rhume pendant les deux récessions qui ont pris plusieurs années à planchonner et à se résorber avant de remonter à de nouveaux sommets. La dernière récession a particulièrement suivi cette tendance et les revenus d'emploi n'ont retrouvé leurs niveaux prérécession qu'à la fin des années 1990. Ces décennies perdues ont eu un impact cumulatif. Les personnes de 25 à 34 ans ont eu la vie dure pendant les années 1980, et il en a été de même pour celles âgées de 35 à 44 ans dans les années 1990, car les revenus ont encore une fois stagné. Les personnes nées dix ans plus tard ont ressenti les mêmes effets cumulatifs en vieillissant. Au total, les gains de certains individus sont demeurés pratiquement inchangés pendant la plus grande partie de leur vie active. À long terme, ces répercussions ont nui à leurs chances d'accéder à la propriété et d'accumuler de la richesse. Nous y reviendrons. Réalité générationnelle #2 - Revenus plus faibles pour les hommes… plus élevés pour les femmes Pourquoi les revenus d'emploi des couples plus jeunes ont-ils stagné pendant de si longues périodes? Cela est dû en partie au fait que les revenus hebdomadaires moyens des hommes vivant en couple ont diminué, tout niveau de scolarité confondu, sauf pour les très scolarisés. Parallèlement, les salaires moyens des femmes de ces couples ont augmenté, mais ce ne fut pas le cas pour toutes les femmes. Ainsi, beaucoup de couples ont tout juste réussi à joindre les deux bouts. Statistique Canada a effectué une très intéressante étudexiii pour quantifier les tendances relatives aux revenus des couples, selon le groupe d'âge et le niveau de scolarité. L'étude a examiné des couples de trois groupes d'âge présentant 10 niveaux de scolarité chacun. Les tableaux 5 et 6 présentent les résultats de quatre des dix groupes de couples composés de personnes nées au Canada selon leur scolarité et dans lesquels les deux partenaires travaillent généralement à temps plein. L'étude n'a pas examiné les couples de 55 ans et plus en particulier car tel n'était pas son but.
Le tableau nous révèle ce qui suit pour le groupe d'âge de 25 à 34 ans.
Les deux autres groupes d'âge font face à des réalités similaires. Les revenus des hommes ont en général reculé, sauf chez les couples les plus scolarisés, tandis que ceux des femmes ont augmenté et davantage encore parmi les plus scolarisées d'entre elles. Comme le révèle les cellules ombrées (indiquant une diminution) dans le Tableau 5, la plupart des hommes des trois groupes d'âge ont vu fondre leurs revenus hebdomadaires moyens au cours des deux décennies, sauf ceux possédant un diplôme universitaire. Chez les hommes, les trois quarts des cellules sont ombrées. Chez les femmes de ces couples, les seules à avoir subi une baisse de leurs revenus hebdomadaires moyens faisaient partie d'un couple de 25 à 34 ans où les deux partenaires détenaient un diplôme d'études secondaires ou moins. Les femmes de 45 à 54 ans vivant dans un couple où les deux partenaires avaient un diplôme universitaire ont connu la plus forte amélioration, soit une hausse de 30 % de leurs revenus hebdomadaires. Il y a « seulement » deux cellules ombrées (16 %) parmi les 12 cellules que contient le tableau concernant les femmes et elles signalent une baisse des revenus tandis que les dix autres font état d'augmentations. Dans l'ensemble, certains couples ont pu accroître leurs revenus par l'acquisition de niveaux de scolarité plus élevés. L'éducation joue un rôle important dans le bien-être économique. Réalité générationnelle #3 - Moins d'heures pour les hommes, plus pour les femmes… plus d'heures pour les couples Le Tableau 6 indique le nombre d'heures moyen que travaillent ces mêmes couples composés de personnes nées au Canada.
Les familles travaillent sans relâche pour subvenir à leurs besoins et joindre les deux bouts. L'accroissement du nombre d'heures travaillées empiète sur le temps consacré à la famille et augmente le stress.
Réalité générationnelle #4 - Les ménages plus jeunes sont maintenant moins susceptibles d'accéder à la propriété Les taux d'accession à la propriété ont atteint un sommet sans précédent… cela est vrai sans doute, mais pas pour tout le monde. Une réalité importante, car l'accession à la propriété demeure la principale source d'accumulation de la richesse. Certains groupes sont à la traîne. En 2001, 66 % - un niveau record - de tous les ménages étaient propriétaires par rapport à 62 % en 1981. C'est bien en soi. Mais l'histoire ne s'arrête pas là.
À première vue, la proportion grandissante de Canadiens propriétaires (ayant une dette hypothécaire ou pas) semble une bonne nouvelle qui montre que l'accession à la propriété est un objectif réaliste pour tous. Les Canadiens plus âgés ont pu atteindre ce but, mais reste à savoir si, avec le temps, la même proportion de Canadiens plus jeunes pourront réaliser ce rêve.
Réalité générationnelle #5 - Les ménages plus âgés sont les seuls à accumuler la richesse au fil du temps Outre le logement, les ménages peuvent aussi accumuler une valeur nette (richesse) grâce à des actifs financiers comme les pensions, les actions, les obligations, les dépôts bancaires, l'argent comptant, les actifs commerciaux, etc. Le Graphique 14 brosse un tableau très inquiétant quand on l'examine selon une perspective générationnelle.
La répartition est toujours importante, quoique généralement inégale. Dans les rapports précédents, nous avons examiné comment les différents genres de famille et les divers groupes de soutien économique acquièrent une partie plus ou moins considérable de la richesse du pays. Il est en outre évident que les différentes générations ont fait face à différents niveaux de sécurité financière à court et à long terme et que la situation ne semble pas prête de changer. Réalité générationnelle #6 - Plus de pauvreté chez les plus jeunes que chez les personnes âgées Le dernier indicateur relié à l'âge que nous examinons dans cette section est le faible revenu (pauvreté).
Le phénomène de la pauvreté doit aussi être examiné selon une perspective intergénérationnelle.
Les réalités générationnelles Ce court examen révèle que les différents groupes d'âge n'ont pas tous profité également de la bonification des revenus et du bien-être. La génération âgée a de toute évidence le mieux tiré son épingle du jeu, la génération des groupes d'âge moyen a dû lutter pour se maintenir à flot (certains membres n'y sont pas arrivés), et la jeune génération a tiré le diable par la queue. Cet examen ne vise pas à encourager les conflits entre les groupes d'âge, mais plutôt à les aider à améliorer la compréhension entre eux. En outre, l'élaboration de politiques familiales doit tenir compte de ces réalités. Il ne faut pas rêver en couleurs et s'imaginer que l'avenir de nos enfants et petits-enfants se construira par enchantement. Merci d'avoir lu ce rapport. Circulez-le.Vous trouverez les rapports précédents au www.ivfamille.ca
Notes en fin de texte et autres sources de renseignements concernant les graphiques iJacqueline Thorpe, Financial Post, 6 décembre 2004 ii Philip Giles et Karen Moder, Utilisation du REÉR avant la retraite, L'emploi et le revenu en perspective, Statistique Canada, catalogue 75-001-IXF iii RBC Groupe Financier, Perspectives économiques et financières, décembre 2004, page 12.http://www.rbc.com/economics/market/pdf/fcst.pdf iv TD Economics - TD Quarterly Economic Forecast, page 15, en anglais seulementhttp://www.td.com/economics/qef/qefdec04.pdf v Paul Farrell, CBS.MarketWatch.com, 30 novembre 2004 vi Institut Vanier de la famille, Profil des familles canadiennes III, page 116, publié en novembre 2004 vii http://www.ipsos-na.com/news/pressrelease.cfm?id=2422 viii http://www.statcan.ca/français/freepub/13-605-XIF/2003001/conceptual/2004marketvalue_f.htm ix Roger Sauvé, Rêve et réalité : Avoirs, dettes et valeur nette des ménages canadiens, publié par l'Institut Vanier de la famille, 2002 x Ibid xi Banque du Canada, Revue du système financier, décembre 2004 xii http://www.mytelus.com/news/article.do?viewType=print&articleID+1763240 xiii René Morissette et Anick Johnson, Gains des couples très scolarisés et peu scolarisés, 1980 à 2000, Statistique Canada, 11F0019MIF2004230, octobre 2004. xiv Roger Sauvé, Rêve et réalité : Avoirs, dettes et valeur nette des ménages canadiens publié par l'Institut Vanier de la famille, 2002 Sources clés de Statistique Canada utilisées dans ce rapport
Note : Le nombre de ménages pour les années 1980 à 2002 est tiré de Le revenu au Canada, 2002. On présume que le nombre de ménages pour 2003 et 2004 connaît le même taux de croissance en pourcentage qu'en 2002.
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||